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Affichage des articles associés au libellé Céline Tran

Hartley, cœurs à vif : Notes sur Nina

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  Californienne fraternelle, fornication à fond… Pensée peinée pour Caroline Cellier (1945-2020) The more I think about sex the better it gets Here we have a purpose in life Good for the blood circulation Good for releasing the tension The root of our reincarnations Kate Bush, Symphony in Blue Une réplique de l’unique Nina, il n’en existe pas. La longévité de Mademoiselle Hartley ainsi raison donnerait à la prophylaxie sexy : baiser à volonté s’avère vraiment sain pour la santé, des organes, mentale… Depuis presque une quarantaine d’années à présent, l’ alias de Marie Louise Hartman tout entend, tout défend, tout entreprend et tout t’apprend. Bien moins éphémère ou suicidaire que la majorité de ses confrères et consœurs de cul et de cœur, cette actrice/réalisatrice classée X finit fissa par devenir figure légendaire, sinon ancêtre tutélaire. La native de Berkeley nonobstant oblitéra sa célèbre université, préféra celle de San Francisco, illico presto s’y di...

Temple : Promenons-nous dans les bois

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Soixante-dix-huit minutes en forme d’insulte à l’intelligence et à l’existence. « Ce temple vous rendra malade » et ce film aussi, d’une anémie interminable à transformer Apichatpong Weerasethakul en émule vitaminé de Michael Bay. Une forêt, des égarés, un caméscope, des phénomènes paranormaux comme il faut : le scénar nullard délocalise la sorcière de Blair du côté de Tokyo puis se fend d’un retournement final censé jouer sur l’ambiguïté de l’histoire et du récit, sur la duplicité du point de vue et le brouillage du témoignage. Une momie sous cloche médicale évoque sa virée triangulaire, dépressif platonique flanqué d’un queutard pathétique et d’une étudiante en croyances, mon Dieu. Cela finira par une pendaison/lapidation de saison, un ensevelissement en compagnie d’une kitsune – préférons celle de Katsuni – et un stylo planté dans le cou du traducteur. Les plus indulgents apprécieront la direction de la photographie, la chute de reins de Natalia Warner. On do...

Visitor Q : Happiness Therapy

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Visitation laïque et lubrique par un «  sauvageon  » pas con et finalement fraternel. Imaginons Théorème au Japon. Miike filme fissa en DV modique une histoire d’amour et d’humour pour une collection thématique. À partir d’un scénario du fidèle Itaru Era, il délocalise et corrige les Atrides du côté de Tokyo. Radical, sentimental, il achève sa cartographie d’une famille foutrement « dysfonctionnelle » sur une madone nippone, mère nourricière littérale à l’unisson de la sucrerie musicale à propos de mer immense et de persistantes bubbles of water . L’ancien élève de Shōhei Imamura dialogue avec le synchrone De l’eau tiède sous un pont rouge et ose le squirting calorique, prière de se munir d’un parapluie même transparent. Sa femme fontaine aux tétons si durcis jouit des jets immaculés, tapisse le sol de la cuisine du lait de sa « tendresse humaine » shakespearienne. Son fiston adepte et victime de la baston se couchera dedans, remerciera l’étra...

Loups-garous : Le Loup des steppes

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Voilà qui plaira (ou pas) à Hélène Grimaud, aux ados davantage qu’aux fans de piano. Tout, vous saurez presque tout sur le loup-garou, en dévorant cet agréable ouvrage à la fois sérieux et léger, textuel et illustré, assez British à défaut d’être exhaustif. L’auteur divisa son essai synthétique en cinq parties, rythmées par une série de courts encadrés. Sociologie de la bestialité, importance du motif dans la culture classée populaire, féminité de la monstruosité, interrogation à propos de sa véracité ( via un recours à la vérité des contes) plus quelques conseils pour s’en prémunir, si l’on rencontrait le pire… Ainsi se structure une étude folklorique autant qu’esthétique et psychologique. Le lecteur cinéphile restera certes un peu sur sa faim (de loup, of course ), même si des séries TV se voient évoquées. Rassurons-le : les classiques de George Waggener, Terence Fisher, John Landis, Joe Dante, Neil Jordan et leurs avatars modernes signés John Fawcett, Neil Marshall,...

Bienvenue à Pornoland : Candide

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Entrer, sortir, pour le meilleur et pour le pire.  Écrit par et comme un journaliste, voici un ouvrage de deux cent dix-sept pages vite lu et vite limité. Après une « note de l’éditeur » (les petits gars de Respublica, pas de jeu de mots priapique, merci) se signalant par sa modestie, son refus de l’hyperbole – « Il s’agit, y compris dans l’histoire de la pornographie, d’un témoignage saisissant, aussi inédit qu’exceptionnel » – et une lucide préface de Céline Tran, encore (en 2009) désignée Katsuni – « On désire aussi ce qui nous manque, et l’on finit par insulter ce qu’on ne peut avoir. C’est là toute la fatalité du monde du porno qu’on regarde avec envie et rage » –, avant des remerciements adressés à l’épouse, aux amis, à la maison d’édition, à la famille, au rédacteur en chef et aux collègues d’une célèbre revue spécialisée, à ceux qui ne le recrutèrent pas et à « l’industrie du X », surtout ses actrices, l’auteur se fend d’un ...

Quoi de neuf, Pussycat ? : Sur les traces de Céline Tran

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Petit portrait d’une héroïne de notre temps (qu’en penserait Lermontov ?), d’une enfant du siècle sans confession (ni concession), d’une « icône » finalement inconnue… Elle naquit à la fin d’une décennie dans une capitale médiévale de la sorcellerie, au sein d’un couple « mixte » (les présentations américaines parlent « d’ethnicité asiatique »). Sa majorité l’amène à « Sciences Po Grenoble », avant une bifurcation vers Lettres Modernes (formation universitaire, pour le pire et le meilleur, de votre serviteur). Mens sana in corpore sano  : gogo-dancing – quelle ridicule dénomination – en boîte de nuit et en parallèle. « De fil ( string ) en (talon) aiguille » (ou bas résille) et du mouvement vers l’immobilité : un photographe « de charme » la remarque – variation de la légende dorée hollywoodienne du hasard qui fait les stars – et la voici aussitôt sous contrat, un pied (menu) dans la pornographie et le...