L’Adieu : Menteur, menteur
Leurs épousailles pour repousser ses funérailles… Mélodrame drolatique au happy ending vidéographique, L’Adieu (Lulu Wang, 2019) se caractérise par son sens de la composition, sa maîtrise des émotions. A priori lacrymal, l’argument familial s’illustre heureusement par un traitement stimulant, dépourvu du pénible pathos. Mieux, cette chronique d’une mort annoncée, programmée, en tout cas par la médecine, se voit vaccinée contre l’angélisme, le révisionnisme. Naguère belle-mère autoritaire, désormais grand-mère atteinte d’un cancer pulmonaire, Nai Nai livre sans le savoir (?) une belle bataille, la seule qui vaille, qui déraille, ou, surprise, connaît un sursis, un répit, merci à « l’évacuation des toxines », à la gymnastique acoustique en pleine ville, au cri de sa petite-fille, faisant s’envoler à distance des oiseaux en CGI. Dans L’Adieu , tout le monde (se) ment, omet la vérité, essaie de protéger l’aînée, elle-même capable/coupable de pieux mensonge envers son...