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Affichage des articles associés au libellé Maxime Kermagoret

Enquête sur un monde solitaire : Les Galettes de Pont-Aven

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  Conrad & Cohen, Garbo & Bécaud ? Toi, moi, elle, île… Bien trop long, plus de six heures, Seigneur, desservi par une illustration musicale très dispensable, ponctué de plans topographiques anecdotiques, assorti de stroboscopie assez hors sujet, à la Noé ( Irréversible , 2002), encore en noir et blanc mais aussi en couleurs, haut les cœurs, ce montage de témoignages rend hommage au « tissu associatif » tendu contre le « naufrage » social, métaphore à bon port, car cadre(s) de Bretagne. Un mois avant l’effarement du (premier) confinement, lui-même modèle d’isolement dément et mondialisé, aux effets collatéraux que l’on connaît, notamment en matière de « violences conjugales », topic du titre, manifestant(e)s à Lorient et flics à trique, pendant une période d’environ deux ans, l’auteur local de L’eau douce qui coule dans mes veines (2013) filme de façon frontale, à la suite d’une citation explicite des increvables Misérables , les «...

Vesper : Elle

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Promesses tenues, pari remporté… On dénombre quatre réveils (le troisième suggéré par un cri) dans Vesper  : Marge, femme en marge, recluse dans sa maison bourgeoise, dans son esprit répétitif, n’en finit pas de s’éveiller, avant de plonger, souriante, dans le grand sommeil sans rêves, dont nul ne revient, sinon dans le huis clos solitaire de la mémoire, mensongère et méta. L’étymologie, on le sait, confère une même origine grecque à fantôme et fantasme , associe lexicalement les images spectrales et mentales. Le cinéma, art funéraire et spectaculaire, nous tend par conséquent un miroir à la fois fantomatique et fantasmatique, une danse macabre démiurgique offerte à des participants vivants, pour l’instant (le temps de la projection, du visionnage), cependant promis à passer de l’autre côté, gisants immobiles et complices (voire masochistes) assistant à chaque séance à la répétition de leur dernière. Walter, menaçant Christian (prénom explicitement chrétien) d’un pistole...

L’eau douce qui coule dans mes veines : La Lectrice

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Des miroirs au dédoublement létal, une âme entre déréliction et ascension, un franc-tireur qui vise au cœur ; plongeons dans une rivière avec retour (vers le jour), contrairement au torrent de Marilyn…    Céline, moins spirituelle que celle de Brisseau, quoique, ne va pas bien (mais qui va aujourd’hui, surtout dans la France dépressive de 2016 ; laissons donc à certains leur bien-être malsain, préférons de loin la « mauvaise » vitalité nietzschéenne). Elle souffre d’ Ultra moderne solitude , pour parler comme Souchon, supposé chanteur ami du petit Nicolas (Sarkozy). Dans sa vie en monochromie, peu de choses, à vrai dire, encore moins d’êtres dignes de ce nom, sinon une encombrante meilleure amie (la maquilleuse du film, au passage !) dotée d’un langage châtié, pas si amicale que cela, au fond (du désespoir) et un petit ami (risible et infantile expression, l’anglais ne fait pas mieux, voire pire, avec boyfriend ) usant d’elle à la façon...