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Affichage des articles associés au libellé Wong Kar-wai

Une inconnue et Delluc

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  Exils # 116 (08/07/2025) Le « cinéaste » cinéphile filme donc (fissa) les « fantômes de l’écran », le « pèlerinage » d’une « épave », à défaut de la Duse souffrante, revoici Ève Francis, muse complice et de Marcel L’Herbier aussi la collaboratrice ( El Dorado , 1921). Ils s’aimaient ces deux-là, cela se sent et se voit, même si leur divorce point précoce survient ensuite, a contrario de la coda conservatrice. Dans Eyes Wide Shut (Kubrick, 1999), un autre couple en crise se retrouve et se regarde in extremis , en tout cas devant la caméra, puisque Cruise & Kidman se dirent « adieu » loin de nos yeux. Ici, Roger Karl ( L’Homme du large , L’Herbier, 1920), lequel ressemble un brin à Michael Lonsdale, se casse à Gênes, empli de gêne, file y faire affaire, intermède documentaire, ne succombe à la tentation à la con d’une danseuse, d’une entraîneuse, de confetti riquiqui. Le scénariste réalisateur débuta au théâtre et l’histoir...

L’Espoir

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  « La vie est autre que ce qu’on écrit » et l’avenir au Vieux-Port se retire…     Ampoulé dès l’orée, « avant-dire » de « dépêche retardée », de « Noël 1962 » datée, où décocher une flèche au révisionniste Valéry, expliquer une « édition entièrement revue par l’auteur », « adéquation » et « fluidité », allez, « patine » de « trente-cinq ans », tu m’en diras tant, Nadja ne ressemble à Aurélia , même si le bon Breton, sillage de Gérard, théorisa aussi au sujet du « Rêve » et de la « Vie ». Ce petit récit vite écrit, assez illustré, désormais très documenté, notre modernité en ligne, à domicile, permet en outre de retracer l’écourté CV de Léona Delcourt, assortit ses dessins, découpages, collages, de la grâce mylènefarmerienne d’un visage, associe ainsi « subjectivité », « objectivité », littéraire/pictural name-dropping et « neurop...

Flight Plan

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  Modèle de modernité, moralité de monstruosité… L’antidote à In t he Mood for Love (Wong, 2000) ? Davantage un ouvrage sur les images et les mirages. Dans l’avant-dernier segment émouvant puis éprouvant des Nouveaux Monstres (1977), coréalisé en compagnie de Scola & Monicelli, Risi leur laisse presque toute la place, petit précis de ciné muet très expressif, tout le temps éloquent, où à peine une poignée de répliques, unilatérales, répondent aux paroles ad hoc du double programme musical, aux informations à la télévision finales et fatales. Face aux interrogations du romantisme, le terrorisme conserve ainsi mystère et mutisme. D’une décennie à la suivante, les moyens de locomotion diffèrent mais demeurent mortifères, la virée en voiture ou le vol en avion se terminent idem au cimetière, Senza parole prolonge subito presto Il sorpasso (1962). S’il ne fanfaronne comme Gassman, présent ici aussi, qu’il évoque en vrai-faux sosie, Latin lover au charme de cheveux sombre...

2046

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  Un métrage, une image : In the Mood for Love (2000) À ma mère À chacun sa chambre : dans la 237 de Shining (Kubrick, 1980), l’attraction d’interdiction aboutissait à la strangulation puis à la décomposition ; dans la 2046 du film homonyme (2004), d’abord de In the Mood for Love , un second écrivain esseulé, hanté, presque autant impuissant, disparaît, se met en retrait, se passionne de « wuxia », ensuite de SF, donc du passé, du projeté, tandis qu’il ne s’amuse avec sa muse complice, pratique plutôt le roleplay en replay . « Elle est bien apprêtée pour aller acheter des nouilles », en effet, en reflet, salut au Noodles de Leone ( Il était une fois en Amérique , 1984), dont le thème de Morricone resurgira selon The Grandmaster (2013), écho révélateur. À la sortie de celui-ci, on put penser à Antonioni, à L’avventura (1960) et à La Nuit (1961), davantage qu’au duo sado-maso de Vertigo (Hitchcock, 1958), idem modèle d’adultère doux-amer, n’e...

Le Sourire

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  Um métrage, une image : Jackie Chan à Hong Kong (1999) Ce qui rend émouvant ce film inoffensif ? Que la mélancolie du si souple Jackie s’y affirme de fait en sujet assumé. Comédie romantique, à baiser aquatique, ultime image du générique, bien sûr adoubé en bêtisier, non comédie d’action, en dépit d’un joli doublé, exécuté au côté du déjà décédé, dommage, Bradley James Allan, d’une baston en bateau, d’une seconde à moto, celle-ci mise en scène au carré, car simulacre sentimental, héroïque, sinon narcissique, Jackie Chan à Hong Kong raconte donc l’histoire, en rose et noir, d’un recycleur coureur, dont ni l’argent, ni l’affrontement, à répétition, par procuration, un peu concon, avec un meilleur ennemi, un vieil ami, un rival cordial, qui, dépité, désirait s’incendier, à l’essence se suicider, qui se confiera illico , arrosé au jet d’eau, ne font le bonheur, ne consolent le cœur. Comme Superman puis Spider-Man, le plus redoutable et réel adversaire soi-même s’avère....

Jennifer 8

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  Un métrage, une image : Hors d’atteinte (1998) L’éclectique et anecdotique Steven Soderbergh se refit ainsi une santé critique, grâce à ce sentimental polar transposé d’Elmore Leonard. Disons-le d’emblée : son Miami entre amis à lui lasse assez vite, ne possède pas une seule seconde la maestria d’opéra d’un De Palma ( Scarface , 1983). Quant à l’étreinte enneigée, alternée, amusée, à Detroit délocalisée, de Sisco & Foley, singeant une scène célèbre du Ne vous retournez pas (1973) de Nic Roeg, autre monteur promu réalisateur, elle montre idem ses limites, a fortiori fantasmatiques. Comme le ridicule ne tue pas, pas même au cinéma, notre palmé cannois ne renoncera à remaker de manière médiocre un certain Tarkovski ( Solaris , 2002), à commettre l’interminable et pseudo-didactique Traffic (2000), à côtoyer, via un risible Équilibre , l’envoûtement manuel de Wong Kar-wai et l’ennui poli selon Antonioni ( Eros , 2004). Si l’on risque, qui sait, de visionner un jo...

Ip Man 4 : Le Dernier Combat : Chinatown

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Symbolisme sportif versus « Crabe » increvable… Vu en VO dans une salle estivale, provinciale, hélas déserte, voici l’ultime item d’une tétralogie à succès, érigée-étirée sur une dizaine d’années. Tourné en Angleterre, en Chine, toujours signé Wilson Yip, qui dirigea entre deux chapitres le supérieur Paradox (2017), (re)lisez-moi ou pas, Ip Man 4 : Le Dernier Combat (2019) permet idem de retrouver le chorégraphe Yuen Woo-ping, le compositeur Kenji Kawai , le décorateur Kenneth Mak, le directeur de la photographie Cheng Siu Keung, le monteur Cheung Ka-fai, le producteur Raymond Wong, les scénaristes Chan Tai-li, Jill Leung, Edmond Wong, ici associés à Hiroshi Fukazawa. Devant la caméra, on revoit Scott Adkins, Danny Chan, Kent Cheng, Chris Collins, Yue Wu, Donnie Yen, on découvre Vanda Margraf, Simon Shiyamba, Vanness Wu. Dès le départ, on se croit fissa face à un mélodrame médical, familial, mais l’ouvrage vintage vire vite vers la démonstration didactique, la ...

Le Vagabond de Tokyo : Tokyo décadence

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Seijun Suzuki. Film imparfait, film surfait, film de surface(s), pour la profondeur, on repasse, Le Vagabond de Tokyo (Seijun Suzuki, 1966) affiche un « phénix » fétichiste et des scies en duo de médiocre mélo. On se souvient qu’un certain Samouraï (Jean-Pierre Melville, 1967) autiste, solitaire, suicidaire, sortit dans son sillage, que Les Parapluies de Cherbourg (Jacques Demy, 1964), colorimétrie de guerre d’Algérie, le précéda de peu. Plus tard, Chieko Matsubara & Tetsuya Watari croiseront Takeshi Kitano, héritier putatif, tout autant et plus encore pictural, sarcastique, la première pour Dolls (2002), le second pour Aniki, mon frère (2000). Opus pop et pulp , Le Vagabond de Tokyo témoigne de son époque, de son système de production. Cette histoire de filiation, de   trahison, ne mise jamais sur l’émotion, ne se soucie de tragédie, contrairement à Melville & Demy, s’amuse à mettre à mal u...

Le Lac aux oies sauvages : Les Amants de la nuit

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Rien ne sert de courir, il faut mourir au moins… Deux couples bouclent la boucle, à l’introduction et à la conclusion, deux instants se répondent à distance, se renversent avec évidence : le jour succède à la nuit, l’arrosage à la pluie, le silence aux récits, le mouvement à l’immobilité, une féminité miroitée à un homme + une femme en reflet. Surtout, le sourire (de la complicité) remplace la tension (de l’altérité), sous-entend un horizon (délivré) ; instrumentalisées, maltraitées, par les flics, par les voyous, géographes du désastre, mise en parallèle explicite, on dit merci au Fritz Lang de M le maudit (1931), nos héroïnes, désormais richissimes, à présent émancipées, puisque dotées d’une récompense étatique, stratégique, médiatique, au masque comique, marchent dans la rue, presque bras dessous bras dessus, à peine suivies (ou absoutes) par un commissaire un peu amer. Auparavant, entre-temps, l’épileptique et la prostituée croisèrent la route d’un voleur de motos (humou...

Coming Home : Made in China

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Zhang Yimou. Un téléfilm de luxe, un « véhicule » d’actrice, une évocation de bon ton ? Oui et non, car Coming Home (2014) doit sa modeste séduction à son dédoublement. Comme le retour à la maison de dénomination, de saison, s’accomplit en couple, d’abord le père, puis la fille, ce très sage métrage, à base « d’amnésie psychogène », de déjà-vu malvenu, en français, s’il vous plaît, de soleil absent, bienvenue à la pluie, à la neige, se divise et vise autre chose que le « devoir de mémoire », voire la repentir intime. Au-delà du récit d’une Pénélope délocalisée, déboussolée, victime anonyme, une parmi des milliers, en rime à la propre épouse de son agresseur sexuel, maître-chanteur d’autrefois, elle-même démunie de son mari, en banlieue rééduqué, au milieu de l’acier, réversibilité des rôles, du pouvoir impitoyable, d’une époque pourrie, d’un passé qui ne passe pas, que retrace...

Ma femme est un gangster 2 : Bloody Mama

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La Gloria ressuscitée de Gena & John ? La Gloria Gaynor survit encore !   Certain(e)s, spécialement en Occident, reprochent au cinéma sud-coréen contemporain sa caractérisation des personnages féminins. Comme pour contrer ces accusations de misogynie généralisée, ce cortège de sous-héroïnes estimées souvent décoratives, très tabassées, Ma femme est un gangster 2 (Jeong Heung-sun, 2003) évoque un univers où règne le supposé « deuxième sexe », amitiés aux mânes de la Simone sartrienne. Cantonnée à l’introduction, à la conclusion, l’action laisse la place à une comédie de mœurs dans laquelle les hommes font de la figuration, autour du pôle d’attraction désigné par le titre drolatique, presque schizophrénique. Amnésique, la Patronne se recycle illico au creux d’un petit resto de quartier menacé par l’érection, terme connoté, adéquat, d’un futur centre commercial aux mains de vandales en costard bien sûr noir. À Séoul aussi, le capitalisme sévit, sa c...