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Affichage des articles associés au libellé Brian Trenchard-Smith

Chasseur blanc, cœur noir

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  Un métrage, une image : Bacurau (2019) Comédie macabre scandée de cercueils, salut subito à Django (Corbucci, 1966), Bacurau ne vole haut, en dépit de son titre métaphorique et programmatique de local et nocturne volatile. Quant aux clins d’œil adressés à Carpenter, Terre stellaire, morceau en stéréo, nom de l’école, ils ne font jamais sens en soi, loin de là. Pas davantage élève d’Anthony Mann, Mendonça Filho ne dispose hélas ni du sens de l’espace ni de celui de la menace de ses célèbres prédécesseurs. Il ne suffit en résumé d’un objectif anamorphique afin de faire (l’) américain, d’utiliser des volets pour ressusciter le ciné des seventies , d’adopter une dioptrie pour adouber le split screen optique typique d’un De Palma, oui-da. Tourné in situ sans steadicam mais avec un budget à moitié français, créateur de « huit cents emplois », tant tu m’en diras, car la culture comme « identité et industrie », eh oui, dixit le générique ; copro...

De sang-froid

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  Un métrage, une image : Les Ailes de la nuit (1997) Toi, jeune homme, ne désespère point ; car, tu as un ami dans le vampire, malgré ton opinion contraire. Lautréamont, Les Chants de Maldoror S’il souffre d’une facture très TV, The Night Flier possède pourtant plusieurs qualités. Produit   par Richard Rubinstein, trésorier de Romero ( Martin , 1977, Zombie , 1978, Creepshow , 1982), fidèle financier de films ou téléfilms adaptés d’après Stephen King ( Simetierre , Lambert, 1989, Darkside : Les Contes de la nuit noire , Harrison, 1990, le longuet Les Langoliers ), tourné en un mois recta , diffusé sur le petit avant le grand écran, voilà le premier titre et presque l’unique du peu prolifique Pavia, ensuite signataire d’un obscur Fender Bender (2016), puis disparu des radars, routiers, clin d’œil à l’ item précité, en compagnie de son épouse Julie Entwisle, actrice tout aussi éphémère, ici castée en Katherine Blair, bientôt patronyme homonyme de sorcière forestière ( ...

Gone with the Wind

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  Un métrage, une image : The Wind (1986) Encore une femme américaine, encore une île grecque, pourtant, cette fois-ci, ni enfant, ni messie : deux années après The Time Traveller (1984), Mastorakis oublie Adrienne Barbeau, enrôle Meg Foster, la transforme en romancière (de thrillers ) douce-amère, cf. sa blague liminaire, Jésus & Geppetto, Dio mio, sa discussion entre copines, au bord de la piscine, elle se sent masculine, elle veut « de l’action », elle écrit sous le pseudonyme de Sian Anderson. Sur place, ça souffle aussi fort que chez Sjöström   ( The Wind , 1928) & Tammi ( The Wind , 2018) réunis, le village vide ressemble à un cimetière en pleine mer, le propriétaire paraît presque patibulaire, surtout sous les traits de Robert Morley ( Topkapi , Dassin, 1964), « vieux radoteur » marié, à faire le MLF fulminer. La résidente de Chicago rencontre « l’homme de ménage » illico , compatriote au CV interlope, qu’incarne Wi...

Les Traqués de l’an 2000 : Les Révoltés de l’an 2000

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  Les prédateurs et les proies puis toi et moi… Souvent on sourit, à ces exactions en série, à ce sadisme en effet « excessif », situé in situ , d’Australie issu, mais je jubilai déjà, rictus tendu, à Salò selon Paso, alors… Ici, les amis, les ennemis, du camp de concentration-rééducation, le directeur se dénomme Thatcher, « haut les cœurs », l’un de ses comparses, de littérale « lutte des classes », s’appelle Tito, en écho de Yougo. Ceci ne vous suffit, afin de deviner la   dimension satirique ? Rajoutons donc de foire un freak , loup-garou relou, aux antipodes délocalisé, sur le cannibalisme des orteils porté, des matons émasculés, « fouette, cocher », un rouquin malsain, victime rapide de catch qui tache, une peut-être prostituée, peut-être à tort dénoncée, des buggies bizarroïdes, évidemment rouge sang et, last but not least , d’explicites répliques, comme celle du colosse chauve, néanmoins moustachu, constatant, pas encore...

Le Secret du lac : La Prophétie des grenouilles

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Nostalgie rassie ? Découverte guillerette… « Les Noirs sont tellement bizarres » (« Blacks got a lot of funny ways » en VO) : la réplique ne ravira les manifestants de maintenant, mais Le Secret du lac (Brian Trenchard-Smith, 1986) présente avec respect, sinon fraternité, ses « indigènes » d’Aborigènes, n’en déplaise à la critique inique, politiquement correcte, par conséquent abjecte, du bien-pensant The Guardian , osant gloser sur son « casual racism », mince, qu’elle diligente un dictionnaire, qu’elle ôte ses œillères. Écrit et co-produit par le valeureux Everett De Roche, scénariste inspiré de Long Weekend (Colin Eggleston, 1978 + Jamie Blanks, 2008), Harlequin (Simon Wincer, 1980), Razorback (Russell Mulcahy, 1984), Link (Richard Franklin, 1986) ou Visitors (Richard Franklin, 2003), voici un récit d’adolescence, de croyance, de masculinité, de maturité. Film faussement zoologique et film effrontément euphorique, Le ...