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Affichage des articles associés au libellé Alex Kurtzman

Star Trek : Sans limites : Le Fou de guerre

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Blockbuster abrutissant ? Quinquagénaire à contre-courant.   Si vis pacem para bellum Le changement, c’est maintenant. François Hollande Ma petite entreprise Connaît pas la crise Alain Bashung Dans l’espace, personne ne vous entend pleurer votre père parti, perte partagée par Kirk, Spock et Jaylah, à part le docteur McCoy, confident du capitaine et du Vulcain, à l’exception de Scotty, mécanicien à l’écoute de l’amazone albinos. Film endeuillé, dédié à Leonard Nimoy & Anton Yelchin, film énergique, réalisé par le Justin Lin de Fast and Furious , quatre titres au compteur, film mal reçu par la critique et le public, Star Trek : Sans limites (2016) mérite sa réévaluation, sa restitution au sein du contexte américain, européen. On le sait, Gene Roddenberry conçut sa progressiste série des sixties en allégorie sociale épisodique de l’Amérique, l’USS Enterprise transparente transposition altruiste de la tumultueuse entreprise USA. Le co-sc...

The Guilty : Phone Game

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Thriller très téléphonique ? Communication assez téléphonée… Résumons : Conversation secrète (Francis Ford Coppola, 1974) se met en relation avec Hamlet , car oreille liminaire, car asile à Elseneur, car folie non plus simulée mais avérée, actée, conscientisée, car production danoise en sus. Le standardiste esseulé en dépit de son alliance s’empoisonne tout seul, il ne repousse plus un spectre paternel, il esquive une journaliste intrusive, pléonasme, il essaie de conjurer le procès du jour suivant, à coup d’aspirine magnanime, hypnotisante, en autarcie. Asger se rêve en sauveur prometteur de l’épouse a priori enlevée par son mari déjà condamné, violent, en voiture ; en père par procuration de la petite Mathilde, est revenue, rajoute Jacques Brel, solitaire, à domicile, ensanglantée ; en fonctionnaire adepte nocturne des heures supplémentaires, à quoi bon rentrer chez lui, puisque personne ne l’attend, pardi ? Hélas ou tant mieux, les « demoise...

Dr. Jekyll and Mr. Hyde : Caché

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L’identité comme maladie, la drogue répit, le film expérience réflexive.     Instant troublant, insolite, au bord du risible, annonciateur de The Thing (John Carpenter, 1982) : durant son sommeil très troublé, le docteur meurtrier matérialise sa hantise sous la forme en surimpression d’une araignée démesurée, à tête humaine, la sienne, la malsaine, qui contourne le lit, monte dessus, recouvre son corps ; on pense au Cauchemar de Johann Heinrich Füssli (1781), voire à Ça de Stephen King (1986). Davantage que Robert Louis Stevenson, la transposition de Clara S. Beranger, scénariste stakhanoviste pour Cecil B. DeMille, évoque Oscar Wilde, moralité muette de tentation cédée, assumée, in fine suicidée, bague létale de Renaissance empoisonnée incluse. Elle permet de découvrir John Barrymore, frère de Lionel, grand-père de Drew, acteur-comédien au profil aquilin, surnom de profession. Saluée à l’époque, sa prestation persiste à impressionner presque cent après, va...

Steel Trap : Réveillon chez Bob

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Des invités à décimer, une bande d’enfoirés dans une bande emballée à l’allemande. Toujours produit par Oliver Simon, cette fois-ci associé au vétéran Pierre David, pour Abnormal Pictures, quel sympathique intitulé, tant l’insaisissable normalité, au cinéma, au-delà, effraie, à part les présidents transparents, évidemment, Steel Trap évoque davantage, hélas, The Choke que Bloody Trails . Pareillement slasher en huis clos sur fond de vengeance féminine, co-écrit par une scénariste par ailleurs compagne du réalisateur et chanteuse de comptine accompagnée à l’accordéon teuton, le métrage accumule les étages, les couloirs, les coups de Trafalgar, sans sucrer l’ascenseur et sa cage abyssale, lieu anxiogène au moins depuis De Palma & Dick Maas. Les mecs de Spokane envahirent  une ancienne usine de pain de mie, ceux de Cologne investissent un immeuble désaffecté, glacé. Même modicité de budget, même vitesse de rédaction, d’exécution, même tarissement d’inspiration et même...

Au pays du sang et du miel : Permanence du mélodrame

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Cry Me a River défiait l’indémodable Julie London – invitons à « pleurer de joie », va. Mettons quatre films aimables mais mineurs visionnés en DVD ou vus à la TV durant les familiales festivités de fin d’année : Le Plus Grand Cirque du monde ( Circus World , Hathaway, 1964), Anna et le Roi ( Anna and the King , Tennant, 1999), Annabelle ( idem , Leonetti, 2014) et Annabelle 2 : La Création du mal ( Annabelle: Creation , Sandberg, 2017). Que nous disent-ils qui vaille la peine qu’on l’écrive ? Que le charmant mélodrame se porte « comme un charme », qu’il ne cesse de traverser les « genres » – au ciné n’existent que des imageries, n’en déplaise aux adeptes de la perspective « genrée », esthétique ou politique – de la comédie dramatique, du film historique, du film d’horreur et les décennies de leur distribution, qu’il constitue non pas un sous-genre en soi, double acception dépréciative comprise, mais bel et bien une s...

La Momie : Code Mercury

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Fête du Cinéma 2017, premier jour, séance de vingt-et-une heures. Même récit introductif, même recours à la mythologie, même détour par l’Angleterre, même présence d’un musée, même féminisation du protagoniste, même nudité masculine, même sens du sacrifice, même transparence de la réalisation et même enrobage musical made in Hollywood : à première vue, on pourrait rapprocher La Momie de Wonder Woman . Mais, telle la fille infortunée privée du trône royal, signataire d’un pacte faustien anachronique avec un dieu à tête de chien, voire de chacal, d’où sa double pupille dédoublée, puits d’ambre revanchard au fond desquels contempler une éternité tatouée, assoiffée de survie et de résurrection, il convient de mieux voir, de regarder en stéréo, pour ainsi dire. Sous la relecture des aventures d’une chère créature lucrative depuis bientôt un siècle, sous le remix des improbables rencontres humoristiques entre les monstres du bestiaire littéraire annexé par Universal, se dissimu...