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Affichage des articles associés au libellé Catherine Breillat

Naissance des pieuvres

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  Un métrage, une image : Une vraie jeune fille (1975) « Je n’aime pas les gens, ils m’oppressent », « Je me déshabillai, hideusement », « Je ne peux pas admettre la proximité de mon visage et de mon vagin », « Mon sexe laissait sur la pierre une boue gluante », « Je m’enculai avec la bouteille contenant la vinaigrette pour bronzer », « Je regardai son vit, agonisant comme un poisson mort » : la comédie noire de Catherine Breillat ferait presque passer À nos amours (1983) de Maurice Pialat pour une sitcom à la gomme et les douceurs polissonnes de David Hamilton, à présent pourries, merci Flavie, pour d’insupportables tromperies. La co-scénariste de Bilitis (Hamilton, 1977), de Police (Pialat, 1985), de Zanzibar (Pascal, 1988), signe ainsi un premier essai remarquable et quasi remarqué, puisque invisible de longues années, en raison d’une faillite, des situations explicites. Certes, voici déjà le dispensable d...

Le Parfum de l’invisible

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  L’avenir du passé, le présent des instants…   Au séducteur désabusé, il faut des femmes à fantasmer ; au cinéphile fébrile, des films en fuite. Verrai-je un jour Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ? (Scola, 1968), Une saison en enfer (Risi, 1971), La Peau (Cavani, 1981) ? Cela importe peu, après tout, puisque leurs bandes-annonces valent le coup (d’œil), puisque le reste, on s’en fout, au moins pour le moment, ici et maintenant. Comédie dramatique, film biographique, reconstitution historique, les imageries s’accumulent, dialoguent à distance, affichent l’Afrique, ressuscitent un mythe (poétique), font machine arrière, en direction de la dernière guerre (mondiale). Durant ces quelques minutes, remplies de tumultes, on revoit les visages valeureux, depuis longtemps évanouis, de Bernard Blier, Nino Manfredi, Alberto Sordi, Florinda Bolkan, Jean-Claude Brialy, Terence Stamp, Claudia Cardinale, Burt Lancaster, Ma...

Docteur T et les Femmes

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  Un métrage, une image : Le Cas du docteur Laurent (1957) Quarante-deux ans avant Romance (Breillat, 1999), voici donc un véritable accouchement ; trente-et-un an avant Faux-semblants (Cronenberg, 1988), Gabin joue déjà au gynéco (d’occasion). Ni Pagnol ( La Fille du puisatier , 1940) ni Duvivier ( Le Petit Monde de don Camillo , 1952), même en tandem avec Barjavel, Le Chanois ( Les Misérables , 1958) s’avère vite un artisan transparent se reposant sur son casting choral excellent et sur l’éclairé talent d’Alekan, DP illustre rebaptisé « directeur des prises de vues ». Au creux accentué d’une vallée évidemment vaginale, on assiste, séduit en sourdine, à une petite leçon d’obstétrique « psychoprophylactique », de soft féminisme sudiste, de déontologie jolie. Du cas de Catherine, Miss Monfort serre son gilet très fort, à celui de Francine, l’élève Nicole Courcel (ne) se rebelle, le médecin parisien, pourtant jamais « malsain », co...

Sic Transit Gloria Mundi : Marseille

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Une vi(ll)e, une mort, se (dé)battre encore, au bord d’un port pétrifié, désespéré… Pour Henri, projectionniste perspicace J’aime depuis longtemps le cinéma de Robert Guédiguian, pas seulement en raison de mes origines marseillaises, mais j’imagine que Monsieur Emmanuel Macron, apparemment ému par Les Misérables (Ladj Ly, 2019), n’appréciera pas Sic Transit Gloria Mundi ( idem ), au titre explicite, prophétique. Peu m’importe, puisque je n’écris pas pour lui, ni pour ses amis, puisque je me remémore pour des morts, je poursuis pour des survivants. Un Robert à proximité, Daniel n’écrit que pour lui-même, déclare n’avoir rien à cacher : son carnet noir accumule les haïkus, moments parfaits à voix haute rédigés, immortalisés. La poésie, aujourd’hui, qui s’en soucie ? Bruno peut s’en chaut, queutard carburant à la coco, comme autrefois Tony Montana selon Brian De Palma ( Scarface , 1983), encore un petit capitaliste improvisé, in fine liquidé, il croyait que le m...