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Affichage des articles associés au libellé Brieuc Le Meur

Vingt ans avant

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  Exils # 35 (05/06/2024) Donc en deux mille quatre, ce passé se rattrape, l’auteur Le Meur, dissimulé derrière un double pseudonyme dépourvu de frime, revoici Tarkovski et même Margaret Mitchell, revoilà pourquoi pas Asia (la Scarlett O’Hara de Autant en emporte le vent , justement, versus la Scarlet Diva de la fifille fébrile du caro Dario), ne se posait en avocat du dernier Coppola, imagier mégalo du bien nommé Megalopolis , ne critiquait par opposition, par-delà sa culturelle (sur)production, notre époque médiocre et sa mondialisée camelote, royaume à la gomme de singes sans méninges, pas seulement sur les écrans, mon enfant, salon à la con de « coiffeuses et coiffés » pour conférencier spécialisé, presque désespéré par les errances de la trance (de l’enfance, de la jouissance) et les solos du « réseau » (stimulation de la simulation baguenaude Baudrillard). Fi de musique supposée « sociologique », de colères lapidaires (de quinquagénaire), ...

Message personnel

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  CD de Circé ? Chiens loin des Deschiens… Écoute ceci, peuple insensé, et qui n’as point de cœur ! Ils ont des yeux et ne voient point. Ils ont des oreilles et n’entendent point. Jérémie 5 : 21 « Disponible dès le 22 septembre sur toutes les plateformes de streaming », avis aux aventuriers, Tu t’appelles comment comporte donc « 14 titres façon livre audio, collages, ambiance, philosophie de la vie et monologues », se décrit en « dialogue entre poésie et matières », ma chère. La petite Lili, pas celle de Miller, le bienveillant Brieuc, se répartissent les tâches sans outrages : à la muse insoumise la « voix » et le « texte », à l’artiste multiple la « production » et les « arrangements ». Fruit d’une décennie de « nuits de poésie », de voyages virtuels et réels de la Germanie vers l’Occitanie, le projet s’apparente à du pudique « strip tease », la pythie sudiste « ...

Le Voyeur absolu

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  Maintenant des images-mots, une demoiselle de « machine de compagnie » bientôt…   Des visages. Des paysages. Des preuves. Des produits. Tout ceci se visite sur un seul site : Brieuc Le Meur Photography . Tout ceci séduit, élargit l’horizon et l’esprit, permet de se déplacer immobile, de déplacer les lignes, celles de la perspective, celles de la prospective. Les images du photographe ne ressemblent dès lors à des natures mortes, même s’il exerce, fi de frontières, un art de toute façon funéraire. Elles incitent au récit, elles racontent quelque chose de sa vie à lui, aussi. En couleurs, en noir et blanc, de face, de profil, les portraits immanents défilent, ceux des femmes dotés d’un érotisme subtil, ceux des hommes d’une convivialité bonhomme. Les modèles, tout sauf modèles, non formatés, non faisandés, nous regardent sans prendre garde, sans être déifiés, se défier, photographies de confiance, de connivence, de sourires, de désirs. Dans En marge , son auto...

Bosna!

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  Un métrage, une image : What You Get Right Now  (2020) « Tu n’as rien vu à Sarajevo », ou (où) un descendant décomplexé de l’atomique Alain Resnais de la sympathie éprouverait For the Daemon (Brieuc Le Meur, 2020), en effet, surtout serbe, n’en déplaise à Peter Handke. Ainsi surgissent, en décembre au goût de cendre, des images d’hiver, comme pour recouvrir, voire ensevelir, celles d’hier. À l’unisson d’une exhumation de saison, aussitôt les voici investies, au moyen d’une musique martiale ? Disons que les notes davantage évoquent une fantaisie militaire, sinon minimale, un brin, second Alain, à la Bashung. Sorte de solitaire Nemo, surcadré en surimpression par un vrai-faux hublot, doté de son gros appareil photo, l’artiste cosmopolite documente donc des jours en définitive pas si tranquilles en Bosnie, cédant à Miller Henry ceux, so sexy , sis à Clichy, ensuite réchauffés par Claude Chabrol en 1990. Délesté de clichés, démuni de chichis, il vadrouille en ville, visiteur ...

Remorques : L’Honneur d’un capitaine

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La Bretagne vous gagne, la traversée vous sied… À Brieuc Le Meur, homonyme amical Est-ce que désormais tu me détestes D’avoir pu un jour quitter Brest La rade le port ce qu’il en reste Le vent dans l’avenue Jean Jaurès Je sais bien qu’on y était presque On avait fini notre jeunesse On aurait pu en dévorer les restes Même au beau milieu d’une averse Nolwenn Leroy & Christophe Miossec Évitons vite de revenir sur une genèse agitée, puisque les estimables spécialistes Jean-Pierre Berthomé & Raymond Chirat s’en chargent à notre place, de façon reflétée, sinon exhaustive. Préférons plutôt préciser pourquoi Remorques (Jean Grémillon, 1941) demeure aujourd’hui, presque quatre-vingts ans après sa sortie, si beau, si vivant, si bouleversant. Tel L’Atalante (Jean Vigo, 1934), autre mélodrame maritime, Jean Dasté partagé, il commence par une mariée immaculée, non plus sur mer mais à terre, noce nocturne flanquée d’un phare, repas programmatique de d...

Abgeschnitten : Autopsy

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Gêne la neige, virevolte le virus … À Brieuc Le Meur, Breton d’ailleurs En partie co-produit par la Warner Bros. de Berlin et la Syrreal Entertainment créée par le cinéaste himself , voici donc aujourd’hui un thriller teuton, adaptant un best-seller outre-rhénan, lui-même co-signé par un médecin légiste nommé Michael Tsokos, à base de didactiques autopsies en série et de distrayants rebondissements incessants, capable de caractériser Harlan Coben, spécialiste adoubé par Stephen King, (re)lisez-moi au sujet de The Outsider , de ce petit type d’exercice, course contre la montre plutôt captivante, en définitive anecdotique, comme émule placide de Marguerite Duras. Si la coda démonstrative, démagogique, droitiste – sectionnons donc les doigts du « monstrueux » criminel sexuel, enragé Lars Eidinger, violeur vidéaste increvable, doté d’un gros couteau à la Rambo, gare au bourreau exciseur de clitos, pour qu’il lâche l’hélicoptère, tombe dans les airs, salaud de Luci...

Berlin Falling : Berlin Undead

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Chute de dictateur ? Dernier battement de cœur…   À Brieuc Le Meur, d’ici, d’ailleurs Un vétéran d’Afghanistan croise la route, littéralement, d’un terroriste allemand : résumé ainsi, Berlin Falling (Ken Duken, 2017) ressemble à un road movie venu de Germanie, voire à un huis clos (motorisé) sado-maso ; il s’agit, en réalité, d’un thriller méta, qui divise et fait dialoguer deux personnalités, pour mieux dépeindre le contemporain européen, lui-même dépressif, sinon suicidaire. Au générique de Inglourious Basterds (Quentin Tarantino, 2009), l’acteur-auteur-réalisateur-producteur possède assez de générosité afin de mettre en valeur son auto-stoppeur/ravisseur, drolatique et pathétique Tom Wlaschiha, vu dans Walkyrie (Bryan Singer, 2008). Deux hommes, une voiture, une bombe + une ex -femme (Marisa Leonie Bach, épouse du cinéaste) et une fillette à bord d’un train, roulant tous vers Berlin – au carrefour de la folie, du désamour, on se délecte de l’ins...

For the Daemon : Cérémonie secrète

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  « Buvons un verre » à la santé de Salomé, décapiteuse presque capiteuse. In Berlin by the wall You were five foot ten inches tall Lou Reed 1 Au siècle passé, à la TV, en présence de l’une des intéressées, Bernadette Lafont, pour ne pas la citer, un Gilles Jacob froidement énervé affirmait, à propos de La Maman et la Putain (Eustache, 1973), qu’il s’agissait d’un non-film non réalisé par un non-cinéaste. On pourrait, aujourd’hui, reprendre et renverser la formule, en faire une indication/invitation et non plus une condamnation, car For the Daemon (2018) explore le pays de la poésie, autant qu’il prolonge les précédents travaux de Brieuc Le Meur, disons ceux disponibles en ligne. En réponse à un désir de « narration classique », l’artiste polyvalent propose l’argument suivant : Cordt Hammer is a journalist who finds himself amidst a feminine revolution as possibly the last man on Earth. Is it a dream? Is this reality? We follow him...

Dogma : Du code au diktat

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Achtung, achtung, BLM publie à propos de précieux ennemis. When I look at the world it fills me with sorrow Little children today are really gonna suffer tomorrow Oh what a shame, such a bad way to live All who is to blame, we can’t stop livin’ Marvin Gaye, Save the Children (1971) « Identifié » par l’intéressé sur FB, je ne commettrai pas un commentaire, même composé, de son article paru parmi une « revue de philosophie et de sciences humaines » numérique, dont le nom évoque au cinéphile, double homonyme, à la fois le film de Kevin Smith (1999) et le code de bonne conduite cinématographique de plaisantins danois (1995) : la prose de Brieuc Le Meur, claire et sincère, se suffit à elle-même, s’adresse à tout lecteur (et lectrice, histoire de respecter la perspective féministe) disposant d’un cerveau. On se limitera donc à en résumer la tonalité, à en reformuler la « note d’intention ». Le penseur polyvalent, résident allemand, ...