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Affichage des articles associés au libellé Michael Spierig

Postmortem

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    « Double exposition », « surimpression » ? Impression de déjà-vu, de malvenu…    Je préfère le vin d’ici à l’eau de là. Pierre Dac 313 pages, c’est-à-dire, en réalité, 266, car notes pâlottes, puisque « anthologie spirite » anecdotique, en supplément remerciements à la maman, aux enfants, à Nikos Aliagas, Yves Coppens, Michel de Grèce, Vincent Delerm, Fazil Say, allez : Autopsie des fantômes : Une histoire du surnaturel  se finit fissa, se révèle vite superficiel. Conçu comme une « autopsie du spiritisme », une « anthropologie des fantômes », d’autres catégories à la gomme ?, il s’agit aussi d’une « enquête inédite », presque cosmopolite, conduite par un docteur triple, en médecine, ès-lettres, ès-sciences, tu penses, par un type qui en plus se préoccupe de lexique patronymique et pathologique, affiche et vice-préside ses sympathies féministes, chevalier au carré, encore co...

Sans un bruit : Family Man

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Une parabole acoustique ? Un sermon prosélyte.   ASL & ILM, puisque voilà une histoire en langue des signes américaine avec créatures informatiques à l’ouïe en effet très fine. Mené au milieu d’un supermarché de province mis à sac, abandonné, le prologue donne dans l’eschatologie jolie, le consumérisme passé de mode, et l’on se dit que, peut-être, Sans un bruit (2018) va suivre le sillage satirique de Zombie (1978). Hélas, tant pis, John Krasinski ne s’avère jamais un émule de George A. Romero et son métrage tellement sage choisit vite de magnifier la Famille, cette viande avariée dévorée par la gamine guère reconnaissante de La Nuit des morts-vivants (1968), s’en prenant à sa pauvre maman, mon Dieu. Le supposé Seigneur s’immisce ici aussi, à l’occasion du protagoniste masculin aux faux airs de prophète (ou de Nanni Moretti rendu mutique), du sentiment de culpabilité partagé, d’un bénédicité mains serrées, d’un sentimentalisme musical agraire (écoute en sourdi...

Les Guerriers du Bronx + Les Nouveaux Barbares : Street Trash

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            Quand « foutre le Bronx » ne signifie pas se foutre du spectateur. Tu souriras souvent en découvrant ce diptyque ante / post -apocalyptique, mais avec et non contre lui, car Enzo G. Castellari sait se servir d’une caméra, crois-moi, s’entourer de collaborateurs de valeur, citons le producteur Fabrizio De Angelis, le scénariste Dardano Sacchetti, d’ailleurs en compagnie de son épouse Elisa Livia Briganti, le décorateur-costumier Massimo Lentini, le directeur de la photographie Sergio Salvati ( Crawlspace , 1986 + Puppet Master , 1989 de David Schmoeller), le compositeur Walter Rizzati, les acteurs Christopher Connelly & Venantino Venantini, tous partenaires de Lucio Fulci, autre exilé aux USA pour ses remarquables L’Enfer des zombies (1979), L’Éventreur de New York (1982), Manhattan Baby ( idem ), Murder Rock (1984), n’oublions point le fidèle monteur Gianfranco Amicucci ( Bambola de Bigas Luna, 1996), le musicien Cl...

La Malédiction Winchester : Le Démon des armes

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À louer ? À vendre ? Plutôt une propriété de parvenus, voire de vendus. La bande-annonce présentait un ersatz de la franchise Conjuring (2013-) et ce Winchester -ci, a contrario de celui d’Anthony Mann, estampillé '73, sorti en 1950, ne laissera guère de trace mémorielle chez l’amateur d’horreur. Comme la connerie lucrative de Wan et consorts, il s’inspire de faits supposés réels, petite précaution à la con de greffier sans inspiration, de rédacteur de PV cherchant à faire peur avec la preuve du fait divers, mémère. Très propre sur lui, emballé dans un classicisme soigné mais désespérément anonyme, La Malédiction Winchester (2018) cristallise à sa manière une imagerie de frissons d’aujourd’hui, synthétique et pathétique, à base de hideux CGI et de médiocre mélodrame. Les larmes, on le sait, constituent le substrat de la forêt horrifique, et le deuil, ici multiplié par quatre, bigre, se situe souvent au cœur de la terreur. Les Spierig Brothers ne s’en contentent ...