Articles

Affichage des articles associés au libellé Miklós Rózsa

Couronne ou Caroline

Image
  Exils # 181 (17/03/2026) Un p’tit truc en plus multiplie les « putain » ; Le Voyage fantastique de Sinbad (1973) accumule les « Allah ». Cet islam de nocturne conte oriental arbore des Arabes aux yeux bleus. Le féminisme s’y affiche, affranchissement confiant, traversée partagée du tumulte occulte, in extremis mariage à l’écart du pouvoir, puisqu’un « roi jamais libre » en définitive, a fortiori d’épouser celle qu’il « prend plaisir (réciproque) à regarder ». Il convient d’ajouter que le voyageur et « voleur » conquiert le cœur (et le corps, et quel corps) de Caroline, qui relativise (dévitalise) toutes les connes couronnes. « La magie purge l’âme » mais l’amour aussi, sorcellerie laïque à laquelle le souple couple Law & Munro confère sans forcer un romantisme pragmatique, physique, mâtiné de respect, humoristique « s’il te plaît ». L’œil peint sur la paume de Margiana, trois ans avant Sur le glo...

La Dernière Chevalerie

Image
  Un métrage, une image : Les Chevaliers de la Table ronde (1953) Le style statique et impersonnel de Thorpe subit ici une sorte de transfiguration, à l’unisson de la dimension mystique de la narration : on s’attendait à un sommet d’académisme hollywoodien, nous séduit une démonstration de classicisme serein. Certes certains cinéphiles, cyniques ou lucides, se gausseront de (re)découvrir l’aventurière Ava Gardner en nonne immaculée déguisée, cette balance maccarthyste de Robert Taylor en étalon de vraie-fausse trahison, donc adoubé modèle de fidélité. Cependant ceci ne saurait suffire à réduire à l’égard du film habile la fameuse suspension d’incrédulité, ni amoindrir ses trop peu remarquées qualités. Premier métrage de la MGM en Scope et stéréo, in situ tourné, par une grève – de mécontents figurants, fi des fournisseurs de carburant – à peine dérangé, retardé, Les Chevaliers de la Table ronde bénéficie ainsi d’une convergence de gens de talent(s), qu’il s’agisse ...

L’Accordéoniste

Image
  Marie de France ? Francis de Nice… Limiter Lai à Lelouch, rencontre cruciale, logique comptable, que d’autres fameux tandems, plus productif et pérenne? On ne le fera, peut-être une prochaine fois, à moins que Vladimir Poutine ne nous invite à nous revoir plus tard, époque d’atome, We’ll Meet Again , via Vera Lynn, en coda de Docteur Folamour (Kubrick, 1964). Il ne s’agit, ici, d’exposer de manière exhaustive le CV de Francis Lai, a contrario du boulot consacré à Miklós Rózsa, plutôt de présenter, après avoir volontiers (re)visité son univers, tout sauf de misère, malgré la complainte de Patricia Kaas pour Les Misérables (Lelouch, 1994), toujours sincère, cinq exemples exemplaires, disons décantation, quintessence de puissances. Il convient, dans ce cas-là, de préciser l’apport précieux de l’orchestrateur et directeur Christian Gaubert, auquel le compositeur, au cours d’un entretien rétrospectif et serein, paie un tribut bien vu, bienvenu. Créateur éclectique et c...

Un violon sur le toit : Redécouvrir Rózsa

Image
  L’amour sous l’armure, Feyder dut s’y faire… À la mémoire de Christopher Palmer Compositeur majeur, cosmopolite artiste, fifils de maman pianiste, violoniste juvénile, mais moins virtuose que Jascha Heifetz, formé en Allemagne, compère de Honegger, compatriote des Korda, ami d’un Herrmann peu magnanime, autre amateur notoire de thérémine, enseignant à USC, l’admiratif Jerry Goldsmith y assiste aussi, Miklós Rózsa voyagea, ne chôma, y compris victime d’un AVC survenu en Italie, reclus à la Dietrich fissa reparti en Californie. Il mena même, dit-il, une « double vie », clin d’œil du titre de son autobiographie au titre d’origine de Othello (Cukor, 1947), Oscar inclus, deuxième reçu, parmi ceux de Spellbound ( La Maison du docteur Edwardes , Hitchcock, 1945), Selznick s’en fiche, s’en félicite, du bienvenu Ben-Hur (Wyler, 1959), à moitié partagé entre musique classée classique et cinématographique, séparation poreuse, distinction oiseuse, cf. un concerto hitchcockie...

Barfly

Image
  Un métrage, une image : Le Poison (1945) Et je bois Dès que j’ai des loisirs Pour être saoul pour ne plus voir ma gueule Je bois Sans y prendre plaisir Pour pas me dire qu’il faudrait en finir Boris Vian Renommé, récompensé, The Lost Weekend dialogue à distance, dès le premier plan, d’un escalier dévalé le temps, avec un autre conte de dédoublement, au bestiaire mortifère – Psychose (Hitchcock, 1960), évidemment. En le redécouvrant en DVD, on peut aussi songer à La Maison du docteur Edwardes (Hitchcock, 1945), à L’Homme au bras d’or (Preminger, 1955), à Shock Corridor (Fuller, 1963), au Cercle rouge (Melville, 1970), à Shining (Kubrick, 1980), au Festin nu (Cronenberg, 1991). Au carrefour du « film noir », « fantastique », sinon « horrifique », chauve-souris à la Lugosi, pas encore d’Asie, incluse, de l’étude de mœurs, du portrait intérieur, Le Poison carbure donc à l’accoutumance, à la clémence, à l’impuissance,...

The Doom Generation : Poledouris en public

Image
  Fumer nuit à la santé, en effet, mais moins à la musique, chic… Peu importe le filmage médiocre des captations à l’unisson, peu importe qu’aucune autre composition du modeste et prolifique Basil Poledouris au beau et haut niveau de celle-ci ne se hisse : Conan the Barbarian , conçue à l’occasion de l’estimable et mésestimé métrage homonyme de l’ami John Milius ( Conan le Barbare , 1982), demeure une œuvre majeure, un sommet d’épopée, un zénith de lyrisme, dont la constante inspiration, la maestria thématique, l’absolue sincérité lui assurent une reconnaissante éternité, au moins parmi les cinéphiles atteints d’inoffensive mélomanie. Les hommes meurent, les femmes idem , ah, valeureuse Valeria, sur son bûcher enflammé davantage à la Jim   Morrison ( Light My Fire ) qu’à la Jeanne d’Arc, cependant leur survivent leurs rêves réalisés, leurs mirages matérialisés. Le chef-d’œuvre audacieux et généreux de Poledouris, lui-même admirateur des mouvements et des tourments du...