Articles

Affichage des articles associés au libellé Georges Perec

Vingt ans avant

Image
  Exils # 35 (05/06/2024) Donc en deux mille quatre, ce passé se rattrape, l’auteur Le Meur, dissimulé derrière un double pseudonyme dépourvu de frime, revoici Tarkovski et même Margaret Mitchell, revoilà pourquoi pas Asia (la Scarlett O’Hara de Autant en emporte le vent , justement, versus la Scarlet Diva de la fifille fébrile du caro Dario), ne se posait en avocat du dernier Coppola, imagier mégalo du bien nommé Megalopolis , ne critiquait par opposition, par-delà sa culturelle (sur)production, notre époque médiocre et sa mondialisée camelote, royaume à la gomme de singes sans méninges, pas seulement sur les écrans, mon enfant, salon à la con de « coiffeuses et coiffés » pour conférencier spécialisé, presque désespéré par les errances de la trance (de l’enfance, de la jouissance) et les solos du « réseau » (stimulation de la simulation baguenaude Baudrillard). Fi de musique supposée « sociologique », de colères lapidaires (de quinquagénaire), ...

Jason X

Image
  Un métrage, une image : La mort sera si douce (1990)   Thompson au ciné, ancienne histoire, on le sait, depuis les scripts coécrits de L'Ultime Razzia (1956)/ Les Sentiers de la gloire (1957), d’après deux romans précédents, point les siens, jusqu’aux incontournables Guet-apens (Peckinpah, 1972), Série noire (Corneau + Perec, 1979), Coup de torchon (Tavernier, 1981), modèles de fidélité infidèle, voire l’inverse, en passant par les plus davantage dispensables Guet-apens (Donaldson, 1994), Liens secrets (Oblowitz, 1997), The Killer Inside Me (Winterbottom, 2010), n’omettons de mentionner une curiosité intitulée Hit Me (Shainberg, 1996), avec Elias Koteas & Laure Marsac. En 1990 sortit aussi le remarquable et remarqué Les Arnaqueurs de Frears, scénarisé selon le spécialiste Westlake, produit aux bons soins d’un certain Scorsese, au terme duquel le trop sentimental et un peu incestueux Cusack succombait à son implacable maman, donc Anjelica Huston, dé...

La Tête d’un homme

Image
  Un métrage, une image : L’Homme au crâne rasé (1966) Tourné pour la TV, distribué en salles, voici un ouvrage séminal, de la filmo de Delvaux, de celle du pays aussi, rayon fiction. Qui commence sur un mec ensommeillé, un diminutif féminin murmuré, prière peu patibulaire, d’un professeur point profanateur, souvent en sueur, lesté d’une sensibilité trop lourde à supporter. L’odyssée au tiers temps en POV se termine à l’asile, il convient de s’occuper de son jardin, dirait l’autre voltairien, d’accepter une altérité d’identité, en clin d’œil bien rimbaldien. Le cinéaste mélomane adapte donc un romancier cinéphile, signe le texte d’une chansonnette à la Weill & Brecht, la maison de fous projette itou L’Opéra de quat’sous (Pabst, 1931), en sus d’actualités d’actualité, adieu à la culpabilité, au féminicide intempestif, fictif, bienvenue à une forme de salut, d’humilité à cultiver, au propre, au figuré, à fabriquer un familial et immaculé tabouret, dessein divin, soi-même...

Mademoiselle Julie

Image
  Un métrage, une image : La Comtesse (2009) En surface, vous voici vite face à un téléfilm féministe, au révisionnisme assumé, au doute adoubé, car l’histoire, avec ou sans la grande « hache » du père Perec, appartient bel et bien aux « vainqueurs », aux menteurs, aux rédacteurs, aux imposteurs, le psychodrame pseudo-pandémique en (é)preuve pathétique, dissipé comme par magie, supplanté par le réel énorme du conflit Ukraine/Russie, à partir du 14 mars, plus de « passe », « suspension », pas suppression, calmons les moutons, conduisons-les aux élections, ce simulacre de démocratie, légitimé au moyen du repoussoir de la très autoritaire autorité de Russie, bis . La scénariste lacunaire, la réalisatrice scolaire, la compositrice pépère, peut cependant s’appuyer sur des hommes estimables, au talent évident, citons donc les noms des tandems amènes Daniel Brühl ( Good Bye, Lenin! ou Moi et Kaminski , 2003 + 2015 = Becker au carré) & ...

Le Coup du parapluie

Image
  Un métrage, une image : La police a les mains liées (1975) Cinq ans plus tôt, Britt Ekland descendait prendre le dernier métro, Eurydice d’une dystopie dont la surface affichait d’intouchables cadavres intacts ( I cannibali , Cavani, 1970). Cinq ans plus tard, Milan ressemble encore au royaume des morts, donc des vivants en sursis, qui le savent ou l’ignorent, tel cet assassin descendu/hissé sur un escalator , anticipant ainsi celui de L’Impasse (De Palma, 1993), ses pieds inanimés toujours agités, via le mouvement indifférent, face au commissaire vénère, debout, de lui venu à bout. Si la justice se doit d’être aveugle, voire aveuglée, le ciné devrait dessiller, donner à regarder doté de douloureuse clarté, quitte à scruter l’obscurité. Opus d’objets, presque à la Perec, énumérons un réveil, une valise, un briquet, une clé, un chamberlain malsain, une ardoise magique, de subterfuge phonique, La polizia ha le mani legate comporte un policier + un suspect tous deux lun...

Jésus de Montréal

Image
  Un métrage, une image : Le Chat dans le sac (1964) Merci à Jacqueline Waechter « Je vénère Jean Vigo » : et davantage Godard ou le Resnais de Hiroshima mon amour (1959), pour faire court. L’ opus pionnier, in situ récompensé, aujourd’hui disponible en ligne, cinéphilie à domicile, s’éternise durant une heure quinze, au cours de laquelle ça discourt à la truelle, ça se sépare en douce(ur). Barbara & Claude incarnent Claude & Barbara, regardent la caméra, s’unissent au lit, y fument et s’y bousculent aussi. Presque au mitan des années 60, on faisait ainsi du ciné francophone placé sous le signe de la sociologie, situé de l’autre côté enneigé, fatidique, de l’Atlantique. L’histoire du couple en déroute, scruté par Gilles Groux, reflète à sa façon de documentaire distancié, un brin brechtien, maître du dispositif formel et maître (Puntila) au sein du récit, via la division d’une identité, la scission d’une société. Le journaliste désargenté croyait tro...

Vers la lumière : Les Instants clairs de Jacqueline Waechter

Image
  Surprise du samedi, relais urbi et orbi … En os et en chair je ne connais Jacqueline Waechter, cependant ceci m’indiffère, sus aux séductions éphémères, priorité à la proximité épistolaire. Des « moments éclairants », « intelligents », l’internaute point sot ni sotte en passera, en trouvera autant qu’il conviendra, via son site intitulé joliment Bright Moments . De la lumière, de la lucidité, du désir, de la légèreté, il (nous) en faut à satiété, surtout à l’heure de stupeur du ciné masqué, du monde démoralisé, soumis à sa symbolique morbidité. Impressionnant, impressionniste, poétique, politique, le miroir tout sauf fantomatique de Jacqueline – à la Pascal parions qu’elle m’autorisera de son prénom le respectueux emploi, partagé par exemple par les dear Mesdames Audry, Bisset, Pagnol – reflète en effet, fi d’effets, une femme fréquentable. Certains (hommes, oui ou non aimables) offrent ou (s’)envoient des fleurs, j’écris, de manière majoritaire, afin de m...

Pickpocket : I Confess

Image
Jeanne plus pucelle et   Michel fantôme miroité… En redécouvrant en version restaurée Pickpocket (1959) « de Robert BRESSON », je repensais hier soir au Samouraï (Jean-Pierre Melville, 1967), à La Tête d’un homme (Julien Duvivier, 1933), à Un homme qui dort (Georges Perec & Bernard Queysanne, 1974), à American Gigolo (Paul Schrader, 1980) et à L’Étranger , celui d’Albert Camus, pas celui de Luchino Visconti, sorti en 1967. Dans le sillage de Simenon, Bresson donc en traducteur de Dostoïevski ? Oui et non, puisque pas d’assassinat ici, nul double « féminicide », comme on dit désormais, pas plus de pratique prostituée ni de déportation en Sibérie. Ermite cultivé d’un taudis à Paris, Michel, point un petit saint, ne terrasse pas l’Adversaire d’Emmanuel Carrère, Satan jadis symbolisé en Dragon, il préfère délester de son fric, baptême pragmatique, une spectatrice chic de course hippique. Allégé par la lourde liasse de billets, il se fait tout...

Je t’aime je t’aime : 60 secondes chrono

Image
On n’en sort pas, on ne s’en sort pas, on devrait toutefois se divertir du dédale létal… L’argument temporel et sentimental de Je t’aime je t’aime (Alain Resnais, 1968) évoque évidement ceux de Sueurs froides (Alfred Hitchcock, 1958) et La Jetée (Chris Marker, 1962), mais rime également avec ceux de Hiroshima mon amour (1959), L’Année dernière à Marienbad (1961), Providence (1977) ou Mon oncle d’Amérique (1980) ; on peut aussi, sinon surtout, penser à Enquête sur une passion (Nicolas Roeg, 1980), certes en moins muséal, trivial. Ce film méconnu, mal-aimé, financé avec difficulté, François Truffaut & Mag Bodard s’y collent, promis à la confidentialité, puisque, appréciez l’ironie, lui-même victime d’un bad timing , titre en VO de l’ item britannique précité, celui du récit en reflet d’un festival cannois annulé, merci au mois de mai, portraiture en effet, en montage démonté, un homme amoureux, peut-être meurtrier, plongé de façon littérale, estivale, dans son...

Un homme qui dort : Le Bel Indifférent

Image
Une traversée de la neutralité, une odyssée du détachement, un pari d’aujourd’hui…   Tu visionnes à domicile « un film de Georges Perec & Bernard Queysanne ». Tu réécoutes un texte remarquable, lu de manière admirable par Ludmila Mikaël. Tu épouses le parcours de Jacques Spiesser, étudiant démissionnaire, tout sauf suicidaire, en « socio géné », en licence, par ses soins licencié. Solitaire fantomatique, miroité à la Magritte, démultiplié par l’optique, le locataire que tout indiffère plonge en pleine déprime, s’imagine « maître du monde anonyme ». La « mise en scène » du réalisateur s’assimile à une caméra très mobile, ivre de travellings , par conséquent à contre-courant du voyage vers le vide, immobile. De l’espace, donc, des déambulations, mais aussi du son, tu apprécies la bande homonyme de Jean-Pierre Ruh, notamment partenaire d’Éric Rohmer & Roman Polanski, la « musique » de 010, in extremis mélodique. Tu ...

Love : L’Ennui

Image
Et le désamour se poursuit, dommage, tant pis… On voulait découvrir Love , sinon l’aimer, malgré le vide, astral et fœtal, de Enter the Void , en souvenir du virtuose, violent, drolatique et tendre Irréversible (ici permutation de Bellucci, Nikita au lieu de Monica). En se prenant pour Bertolucci (nocif Innocents ), en délivrant (en 3D), disons, sa dernière Gymnopédie à Paris ( exit Gato Barbieri, Satie à satiété, « classieuse » puis paresseuse), Noé accouche (à Cannes, dans l’indifférence ou l’hostilité générales) d’un long métrage interminable, autarcique, publicitaire, franchouillard, infantile. Bien loin du foin autour de son classement (Fleur Pellerin, éphémère et inculte salariée du Ministère de la Culture, s’émoustilla, s’offusqua), voici une bluette outrageusement simpliste et sentimentale à réserver aux moins de dix-huit ans, à ceux que passionne la dialectique manichéenne sexe et sentiments, digne d’un cours de philosophie en classe de terminale génér...