Articles

Affichage des articles associés au libellé Georg Tressler

La Main de l’épouvante : Danger : Diabolik !

Image
L’amour en vitesse, avec Elvis ? La mort à la va-vite, avec le sourire. Voici un vrai-faux giallo généré en Germanie. Voici un Krimi avec Kinski au centre et cependant à la périphérie du récit, en double exemplaire de frères fratricides. Voilà du cinéma du samedi soir, comme disent ceux qui le méprisent, et aussi de gare, spécialité teutonne. Voilà du ciné pop comme la musique homonyme et les fameux fumetti d’Italie, je renvoie vers Mario Bava, Umberto Lenzi. Cela va vite, cela ne s’arrête pas, presque autant que dans Les Espions de Fritz Lang, esprit du serial oblige. Cela dure à peine 83 minutes, sans la moindre chute. Sous le pseudonyme montagnard d’Alex Berg, Herbert Reinecker, scénariste stakhanoviste de Derrick , adapte le britannique et prolifique Edgar Wallace, dont l’idée donna indeed King Kong , sorti en 1933, date hitlérienne. Seul, sans doute, un ancien SS pouvait conférer au docteur Mangrove des faux airs de son homologue Mengele, seringue de cobaye inclu...

Ça s’est passé en plein jour : Le Bon Gros Géant

Image
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Ladislao Vajda. Voici un petit polar allemand-helvétique-hispanique sis en Suisse et sorti en France en 1959 tout à fait fréquentable, un peu comme si M le maudit (1931) croisait Panique (1946) puis The Pledge  (2001). Certes, l’immense Michel Simon sidère absolument, surtout en VO, en marchand ambulant porté sur la pendaison de saison, mais Heinz Rühmann, découvert en vrai-faux Watson pour On a tué Sherlock Holmes (1937), arborant ici un faux air de Claude Rains, séduit par sa modestie, son sourire, sa sagacité, sa pugnacité, par sa mélancolie et sa propre culpabilité, aussi, tandis que le polymorphe et cosmopolite Gert Fröbe, déjà policier subalterne chez Orson Welles ( Dossier secret , 1955), pas encore commissaire chez Fritz Lang ( Le Diabolique Docteur Mabuse , 1960), criminel fétichiste chez Guy Hamilton ( Goldfinger , 1964), capitaine hollandais chez Alexander Mackendrick ( Cyclone à la Jamaïque ,...

Les Mutins du Yorik : Les Marins perdus

Image
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Georg Tressler. « Avoir faim, c’est humain. Être sans papiers, c’est inhumain » : trois ans après le surfait Les Demi-sel (1956), Tressler retrouve Horst Buchholz pour une croisière qui ne s’amuse pas, qui peut se résumer par la double réplique supra , dont l’actualité se vérifie aujourd’hui, y compris dans la langue, sous forme de substantif. Sous ses allures de série B soignée, à l’allemande, entre mecs, tant pis pour la juvénile et jolie Elke Sommer, mémorable chez Mario Bava, par deux fois, ici entrevue au début, pieds nus, prénommée Mylène, chef de gare de dernier regard, d’hospitalité, de soleil, se dissimule à peine, en subjective vérité, une fable kafkaïenne sur le fatum . Comme Joseph K., Philip Gale, délesté de son livret de navigateur, d’une poignée de billets, par une prostituée rusée, taciturne, cesse d’exister, de décider, subit un sort acharné, embarque à bord d’un « tombeau f...