Où est la maison de mon ami ? : Adresse inconnue
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre d’Abbas Kiarostami. Conte de cahier, histoire de société, fable d’enfance, parabole de pédagogie : « sur tous les tableaux » Kiarostami réussit, car il ne sacrifie au pictural, ne s’avère jamais scolaire. Opus majeur, tramé en mineur, consacré, pas seulement, à des mineurs, doté d’un regard, d’un cœur, davantage documenté que documentaire, Où est la maison de mon ami ? (1987) déploie durant quatre-vingts minutes épurées son suspense modeste, sincère, aspectaculaire, ses personnages, sinon ses paysages, d’un autre âge, sa sensorialité rude, tendre, d’un Iran advenu au présent, redevenu présent. La beauté de chaque plan, de chaque enfant, caractérise ce métrage acclamé, à succès, dont le réalisme s’autorise, pendant sa dernière partie, déroulée de nuit, un filigrane fantastique, qui renvoie d’évidence vers les récits d’ici, d’autrefois, puisque toutes les cultures, surtout au ciné, se réfléchissent ...