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Affichage des articles associés au libellé Bryan Forbes

Pollack paranoïaque ?

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  Exils # 126 (09/09/2025) Redford au téléphone et face à Dunaway presque adepte du syndrome de Stockholm : « Je ne suis pas un espion ». Cependant Les Trois Jours du Condor (1975) commence comme Mission impossible (De Palma, 1996), par l’élimination de l’équipe, histoire de faire table rase pour sa star . Avant d’aller suer à Langley, suspendu et non plus perché, Cruise transpire et conspire dans La Firme (1993). Il utilise aussi le mot « conspiracy », que la VF transforme illico en « complot », que les sous-titres de juriste traduisent d’un « entente délictueuse ». Parmi d’autres diptyques apocryphes, disons Les Chasseurs de scalps (1968)/ Jeremiah Johnson (1972), Yakuza (1974)/ Out of Africa (1985), les productions dialoguent à distance, dessinent des individus tendus, témoignent de leur temps. Les choses changent et demeurent les mêmes, la mafia remplace la CIA, Memphis New York (horizon Washington), le blanchiment d’argen...

Fachos falots

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  Exils # 96 (24/03/2025) Parmi ses « mémoires » au titre auto-réflexif ( Tambour battant ), Schlöndorff revient vite sur La Servante écarlate (1990), en résumé sur un roman « très souvent naïf », son adaptation par le lapidaire Pinter, cf. sa synthèse impressionniste de la Recherche proustienne, autre marotte de l’ancien assistant de Malle & Melville, lire à ce sujet les pages dédiées au dispensable Un amour de Swann (1984) et au hold-up de Delon, sa validation par une distante Atwood, un casting discutable, déboires avec Duvall & Dunaway, seule la discrète McGovern, déjà violée par De Niro chez Leone ( Il était une fois en Amérique , 1984), mérite une épithète amène, auquel il fallait préférer Madonna & Sting, Scacchi aussi. Ceci ne suffit, l’échec économique de l’entreprise indépendante, plus méconnue que l’homonyme série à succès, que devait produire en sourdine une certaine Sigourney Weaver, démissionnaire puisqu’occupée par le rôle tant...

L’Homme parfait : Mustang

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  Possibilité de (se) tromper, impossibilité d’être (dé)trompé…   Variation de saison et ad hoc des Femmes de Stepford (Forbes, 1975) ? Davantage version locale du peut-être plus sentimental I’m Your Man (Schrader, 2022), synchronicité à la Carl des sorties, eh oui. Sous sa forme amorphe de téléfilm inoffensif, rien d’étrange, mon ange, car Orange (télé)commande, L’Homme parfait (2022) met en images trop sages la masculinité très tourmentée de notre médiocre modernité. Une avocate patraque, un acteur chômeur, un robot (h)UMAN(o) : voici le vaudeville revisité, le trio vieillot réinventé. Mais l’amant manie l’amie, Pierre-François fornique avec Frédérique, pourtant remplace le placard une cabine de batterie colorée où filer, affaibli, se recharger. Durringer et ses scénaristes ne se soucient de sociologie, de misogynie, des épouses dépourvues de blues , d’androïdes sexuels et sexués designés par un séide de Disney, afin d’assister puis assouvir le désir du peti...

The Story of Joanna

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  Terri Hall par Damiano ? Cassidy par Mattei… La beauté, le talent, tu m’en diras tant, séduisent puis s’épuisent, n’expliquent, plutôt limitent, l’abstraction de l’affection, l’émotion d’une élection. On se dispense donc, avec votre permission, d’énumérer les raisons, bonnes ou non, de la joie que je dois à Joanna. On souligne le plaisir pris à la suivre, de loin, néanmoins, fi de moult items de sa (télé)filmographie fournie, peu nécessaires, peut-être alimentaires. Une actrice qui turbine, working actress , en termes US, ne stresse ni professe, ne raille ni déraille, elle travaille, vaille que vaille. Elle peut pourtant conserver, sans vaine vanité, sans absence de lucidité, sa singularité, sa personnalité, ce familier mystère la rendant, à chaque instant, si chère, si étrangère. En sus signalons la satisfaction à la savoir vivante, vaillante, soixante-seize ans, à présent, important, pas autant : la cinéphilie, assez tissée à la nécrophilie, au risque de l’asphyxie, de...

Invasion Los Angeles : Studio 54

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  Ils vivent et vous crevez, leurs semblables (se) divertissent et les vôtres périssent…   Un individualiste nihiliste, John Nada ? Plutôt un type qui ne possède rien, à part des outils et des valeurs, pas seulement de travailleur. Un artiste anticapitaliste, John Carpenter ? Davantage un citoyen américain, écœuré par le caractère «  unrestrained  » du libéralisme reaganien. Invasion Los Angeles (1988) (entre)croise ainsi les colères et les cartographies de Ken Loach & Marco Ferreri, dialogue à distance avec Conte de la folie ordinaire (1981) et Bread and Roses (2000), pareils portraits, associés, dissociés, entre luttes et tumultes, d’une ville à la dérive, en partie paupérisée, exploitée, par conséquent dépourvue de sa patine pasteurisée, ripolinée, au ciné, à la TV. Placé sous le double signe du dessillement, de l’épuisement, l’ opus comporte en plus un prêcheur aveugle, comme si la lucidité, en définitive, appartenait aux non-voyants très cla...

Rosemary’s Baby : Le Démon de midi

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  Prophétie de folie ? Bénédiction de saison… « Mes chers frères, n’oubliez jamais, quand vous entendrez vanter le progrès des lumières, que la plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu’il n’existe pas ! » Baudelaire, Le Joueur généreux , Le Spleen de Paris Satan get besides me Satan fortify me Lingua Ignota, Do You Doubt Me Traitor , Caligula   Huit avant l’ange exterminateur de Taxi Driver (Scorsese, 1976), voici l’ange déchu de Rosemary’s Baby (Polanski, 1968). Fi de la nuit, du pandémonium parcouru en bagnole, de la solitude en effet infernale, en sus insomniaque, du vétéran du Vietnam : cette fois, le « gothique new-yorkais » en plein jour puis en société se déploie, perché sur les toits. Tout de suite, le générique iconique et mélancolique de Wayne Fitzgerald & Stephen Frankfurt donne de la hauteur et de l’ampleur à ce qui demeure un drame de chambre (à coucher), un huis clos pas si psycho(logique, pathe), quoique. Rose...

Une valse dans les allées : Regarde la mer

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Thomas Stuber. Filmé sous l’influence géométrique, sinon statique, d’un certain Stanley Kubrick, de préférence en caméra fixe, remarquez le surprenant circulaire panoramique, lors du hom(m)e invasion , nonobstant à bonnes intentions, de l’immaculée, suspecte, maison de Marion, sa rime in extremis , en plongée surveillée, Une valse dans les allées (2018), en dépit de sa reprise du Danube bleuté, ne se soucie de « spatiale odyssée », davantage des ravages de notre modernité marchandisée. Dans Zombie (1978), dystopie US itou située au sein malsain d’un symbolique supermarché, les survivants, cependant, s’épuisaient à s’entendre, à se défendre. Ici, assaut accompli, « réunification » faite, quarante années après, les manutentionnaires nocturnes, descendants délocalisés des anti-héros de Romero, ressemblent à des vampires dépressifs, des morts-vivants émouvants. Ce que j’écrivais jadis au suje...

Magic : The Dreamers

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Jamais si bien desservi que par soi-même, dommage pour Goldman… We live, as we dream – alone. Conrad, Heart of Darkness Dans Magic (Richard Attenborough, 1978), on passe de Lenny (Bob Fosse, 1974) à La Maison du lac (Mark Rydell, 1981). Dans Magic , presque rien ne se passe, ni dépasse, on aperçoit, toutefois, le sein droit d’Ann-Margret ( Le Kid de Cincinnati , Norman Jewison, 1965 ou Tommy , Ken Russell, 1975), Burgess Meredith ( Rocky , John G. Avildsen, 1976 ou La Sentinelle des maudits , Michael Winner, 1977) se fait casser la tête par une marionnette et Ed Lauter ( King Kong , John Guillermin ou Complot de famille , Alfred Hitchcock, 1976) poignarder par un pantin, donc double assassin. Dans Magic , Anthony Hopkins pique une crise mutique, devant un pénible public, se réinvente en ventriloque à succès, ensuite exilé du côté des Catskills, monologue molto en mode schizo, une année après l’endeuillé Audrey Rose (Robert Wise, 1977), idem éclairé par Victor J...

Génération Proteus : The Golden Child

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  « Graine démoniaque » ? Connerie de Koontz… Saisissez Seule dans la nuit (Young, 1967), mélangez-le à Inseminoid (Warren, 1981), saupoudrez de 2001, l’Odyssée de l’espace (Kubrick, 1968), ajoutez un soupçon de Sliver (Noyce, 1993), une larme de Rosemary’s Baby (Polanski, 1968) et assaisonnez d’une pincée de Ne vous retournez pas (Roeg, 1973) : vous obtiendrez Génération Proteus (Cammell, 1977), mets réchauffé, comestible insipide, téléfilm financé par la MGM. Pour subir ceci, il convient de beaucoup apprécier Julie Christie, il faut être fanatique de Fielding. Huis clos de mélo maternel, Demon Seed donne à voir et entendre un ordinateur mateur, aux éléments « organiques », aux préoccupations écologiques, à la moralité malléable, à la mortalité inacceptable. Proteus, Protée de vidéo-surveillance, rêve de sortir de sa « boîte », diable impitoyable entiché de fœtus . Fissa fécondée, la psy pour enfants, accessoirement mère or...