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Affichage des articles associés au libellé Rolf Thiele

L’Âge de glace de la guerre froide

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  Exils # 119 (17/07/2025) Si Richard Harris refusa L’ Œ uf du serpent (Bergman, 1977) au profit d’ Orca (Anderson, 1977), la production imposa donc Richard Burton, mais L’Espion qui venait du froid (Ritt, 1965) lui permet de déployer l’une de ses meilleures interprétations. Escorté par un casting choral impeccable, Monsieur Liz Taylor, ancien amour de Claire Bloom, vous suivez, acteur au carré, à raison récompensé, incarne un Alec très tourmenté, d’abord déguisé en dépressif alcoolique, amer et déclassé, ensuite en prisonnier express puis vrai-faux transfuge de retraite montagnarde et de tribunal bancal. Les mauvaises langues soulignent qu’il s’agit à peine d’un rôle de composition, les cinéphiles applaudissent devant le talent, capable d’exprimer la peur de ce temps-là et le dégoût de tout cela, sinon de soi. Pourri par l’opportunisme – expediency en VO, « pragmatisme » en sous-titres – et le machiavélisme, voire le pharisaïsme et l’homophobie, queer guère un...

La Fille Rosemarie : Pretty Woman

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Rolf Thiele. « La vie est périlleuse au pays du miracle économique » : conte comico-cruel à la Brecht & Weill, La Fille Rosemarie (1958) affiche/affirme les liaisons évidentes, incestueuses, dangereuses, du capitalisme, du proxénétisme. Un « cartel » d’industriels spécialisés dans d’explicites « panneaux isolants », un « Lorrain » malsain, suave espion, une prostituée « pragmatique », in extremis pathétique, entrent en scène, se mettent en scène, baisent ensemble, se font baiser, disparaissent tous au sein de l’obscurité, derrière un rideau, dommage pour les phares à fond de la fraîche auto, appartement éteint de trucidée putain, alors qu’une seconde prend déjà sa place dégueulasse, disons de guerre lasse, épilogue dépressif de boucle bouclée. Conclu via une coda au désespoir partagé en public – « Si tu veux me sauver, il faut danser !...