Ubik : De la Terre à la Lune
La connivence et l’existence, l’enfant et le néant… En 2021, l’unique Ubik ne ressemble presque plus à un roman émouvant et amusant, mais bel et bien à un réchauffant et refroidissant document, allusion incluse au fameux « confinement ». Au milieu d’un monde un brin à la Baudrillard, constitué de simulacres, de s(t)imulations, de paranoïa pandémique, d’emprise étatique, de cinés en effet fermés, puisqu’on projette déjà le « film-réalité » de Bill Burroughs bien malsain au quotidien, in situ , dans les rues, à domicile, au sein des esprits trop dociles, l’odyssée en écho à celle d’Orphée ou de Dante du pas si cheap Joe Chip nous happe et nous détraque, comme si sa lucide folie à lui, et ensuite celle de Dick, pouvait, devait, savait éclairer de ses questions toujours de saison, de ses inquiétudes ludiques et adultes, notre obscurité cadenassée, notre narration à foison, sans rémission ni horizon. L’auteur majeur du Maître du Haut Château , des Androïdes rêv...