Un homme marche dans la ville : Le Havre
Le contremaître, le mécontent, la maîtresse, les amarres de la mémoire. Le prologue portuaire, documentaire, à la cloche funéraire, trompe un peu : Un homme marche dans la ville (1950) s’avère vite un mélodrame sentimental (aux allures de thriller triangulaire) et non un tract syndical (camarade cinéphile, console-toi avec Le Rendez-vous des quais censuré de Carpita, 1950-1953). Il s’agit cependant d’une sorte de greffon pas si con, d’un métrage d’un autre âge, un peu trop sage, d’une œuvre brève et suffisamment méconnue pour la mettre en lumière. Bien sûr, on pense au « néo-réalisme », lui-même à la fois porté sur le mouchoir et le rasoir, cf. Allemagne année zéro (Rossellini, 1948), son marmot esseulé, suicidé, un brin délocalisé ici, au « réalisme poétique », évasion évanouie sur Le Quai des brumes (Carné, 1938) du Havre, voui, caméo mémoriel de Fréhel, davantage décatie que dans Pépé le Moko (Duvivier, 1937). Mais en 1949, dix ans après le d...