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Affichage des articles associés au libellé Andrew Blake

La Belle et la Bête obsolètes

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  Exils # 86 (24/02/2025) Faut-il se méfier d’un film qui se termine sur une porte fermée ? Après les applaudissements du public aux cheveux blancs, riant souvent durant l’ensemble de la séance, on pouvait entendre « pas de violence » en remerciement, sinon en soulagement. Au siècle dernier, à une époque pas encore cadenassée par le moralisme de la nôtre, quoique, un critique, en l’occurrence Serge Kaganski des Inrockuptibles , qualifiait de « pétainiste » Les Enfants du marais (Becker, 1999), au grand dam du cinéaste le menaçant d’un procès. Tandis que le dernier éditorial de Positif , signé Yann Tobin, se félicite des auditions d’une commission présidée par Sandrine Rousseau, avec Rima Hassan la meilleure ennemie de Boualem Sansal, consacrée aux « violences et harcèlements sexistes et sexuels (VHSS) commis dans les milieux artistiques et médiatiques, notamment dans le cinéma et l’audiovisuel », se préoccupe de « représentation »,...

House of Dreams + Desire : Esther

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  Homme-orchestre du X US, pour partition de saison… D’une galeriste à la suivante, puisque après Annie Girardot dans La Proie pour l’ombre (Astruc, 1961), voici Zara Whites dans Desire (Blake, 1991). Un an auparavant, elle apparaissait au sein de House of Dreams (Blake, 1990), rêverie domestique au titre explicite, programmatique. Il me semble inutile d’ici revenir sur le style du cinéaste, sur son imagerie, son parcours, sa personnalité, je renvoie vite le lecteur et la lectrice, que j’espère complices, fi de puritanisme, vers ma prose enthousiasmée à propos de Obsessions cachées (Blake, 1993). Je vais ainsi me limiter à en souligner disons deux ou trois nouveautés, à l’occasion de ce diptyque dominical, point rectal, délesté d’analité, doté d’idées, ça change, ça ne dérange. Comme Pialat, Blake commença par la peinture, qu’il étudia, à laquelle il renonça. Cela se voit, pendant la première séquence de House of Dreams , tournée en « lumière noire » très colorée, r...

Hidden Obsessions : Créatures célestes

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Personnage biblique stérile ? Cariatide reconnaissable et recommandable. « Everything turns me on », « Ideas are everywhere » : dans Hidden Obsessions , les idées abondent et l’excitation se sublime. Lecteur admiratif des Liaisons dangereuses du stratège Laclos, Baudelaire conseillait d’écrire les passages chauds la tête froide, mais Rachel finit vite par verser dans l’autofiction, la fantaisie, voire le souvenir, par participer en pensée, en solitaire, à plusieurs (reprises), à ses récits commandés par l’ami d’un(e) agent(e). La journaliste de mode se réinvente en Anaïs Nin de Los Angeles, en protagoniste d’un récit heuristique, au risque de l’autarcie, remarquez le tableau représentant Narcisse durant la scène avec la femme mariée. Rassurons-nous, la rédactrice sculpturale, munie de sa machine à traitement de texte dorénavant délicieusement vintage , prendra congé de son David adoré, mystérieux marié membre d’un ménage à trois, affirme-t-il au bout...