Articles

Affichage des articles associés au libellé João Gilberto

La Quête corse

Image
  Exils # 111 (03/06/2025) « Aucun sanglier n’a été blessé durant le tournage » : à notre connaissance, la mention ne figure ni au final générique ni sur IMDb sous la rubrique crazy credits . Après le prélude programmatique, crescendo sonore de cigales infernales tu(é)es net, la première séquence associe Dardenne et dépeçage, puisque l’héroïne, de dos filmée, sa chevelure dévoilée, s’attaque à un cadavre illico , reçoit sur le visage quelques gouttes de sang et l’accolade baptismale d’un parent. Elle annonce aussi et ainsi la conclusion d’exécution, avec perruque et teinture, eau minérale locale et mansuétude létale. Déjà séparée à l’insu de son plein gré du petit ami, Lesia, pas Rosetta, une pensée pour Émilie partie, demi-orpheline docile, perd donc en plus le papa, qui mit une vingtaine d’années à venger le trépas tout sauf naturel de son propre paternel, tandis que l’un des tueurs à moto apprécie sa paternité presto, avant de se faire dessouder, peluche premi...

Brazil

Image
  Une chanson et deux déclinaisons… Ce qui rend irrésistible Aquarela do Brasil  ? Sa « mélancolie » pas si en sourdine, peu propice à la déprime, son « exaltation » d’unisson, d’assumée transformation. En 1939, année damnée, voici du neuf, ensuite illustré/adoubé par Disney ( Saludos Amigos , 1942), disons à la moitié d’une guerre mondialisée. D’une Amérique à l’autre, latine et nordiste, la belle aquarelle, nationale et non nationaliste, connaît le succès, devient vite un classique instantané, voire controversé, sans cesse relooké, mention spéciale à la version radicale, plutôt martiale que tropicale, quoique, de l’éphémère et royale Elis Regina. Ary s’inspire de la pluie, célèbre un pays, « troubadour d’amour » en train d’immortaliser une terre religieuse, « malicieuse » et « délicieuse », de signer une samba superbe, modèle, peut-être immortelle, dont l’impressionnisme épique se métamorphose en romantisme nostalgique, mer...

Do outro lado do azul : Aquarela do Brasil

Image
« Motus et bouche cousue » ? Mots tissés pour Andrea Motis… À Stéphane Barthélémy À la mémoire de João Gilberto Ni Astrud Gilberto ni Norah Jones, moins encore Billie Holiday, références fastidieuses, sinon hasardeuses, de presse classée spécialisée, revoici Miss Motis, jadis découverte par votre serviteur à l’occasion du sympathique mais anecdotique single He’s Funny That Way (2016). La jeune trompettiste, parfois saxophoniste, délivre ici un second CD à son image, à son ramage, à savoir droit et délicat. « De l’autre côté du bleu », au-delà du blues , peut-être du ciel, de ses merveilles oziennes, derrière la pluie de Dorothy, l’auditeur séduit déambule en compagnie d’une productrice espagnole qui écrit, compose, arrange et chante, en majorité en portugais. Bien entourée par une dizaine de musiciens masculins, dont l’incontournable Joan Chamorro , mentor et double bass , précisons la participation de sa sœur Carla, guitariste/vocaliste sur un ...

Un moment d’éternité

Image
Voici vingt ans disparaissait Tom Jobim, l’un des grands compositeurs de « musique populaire » (aucune condescendance sous notre plume) du vingtième siècle – retour au Brésil le temps d’un album  vraiment  mythique… 34 minutes, pas une de plus, et huit morceaux, pas un de moins, suffirent à  Getz/Gilberto  pour entrer dans la légende (dorée), pas uniquement celle du jazz . On peut parler, osons le mot, d’une conjonction  miraculeuse  de talents, sous l’égide du grand producteur Creed Taylor, œuvrant alors au sein de Verve Records et par ailleurs fondateur du label  Impulse!  Sans lui, la  bossa nova  se cantonnerait, peut-être, à l’état de musique « régionale », voire « ethnique », sceau d’infamie pour un courant à la fois très brésilien et tourné vers tous les ailleurs, notamment classiques, Chopin ou Ravel, par exemple, idoles du pianiste. On mesure mal, cinquante ans après, l’impact de l’album, ...