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Affichage des articles associés au libellé Statut du terrorisme

Ensemble, c’est tout : Solitudes, assassinats, cinémas

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             7 x 11 = trois ou quatre raisons de ne pas renoncer ni succomber au grégarisme.   Même en salles, en période de festival, hors de la sphère des affaires, contrairement à une légende rassurante, le cinéma ne crée pas de « lien social » : il associe seulement des solitudes et réunit d’éphémères étrangers. En ligne, à l’instar des « réseaux sociaux » propices à l’autarcie, à la passivité réactive, porteurs d’une propension à la déliaison, il se situe sous le triple signe de l’immédiat, de la consommation, du commentaire. Il convient par conséquent d’élargir le champ d’application du e-cinema , de ne plus le réduire à la VOD, elle-même avatar du DTV. Nous désignerons donc de ce nom tout contenu filmique numérique mondialisé, qu’il s'agisse de streaming ou de téléchargement, lui-même produit différé, délocalisé, du serveur vers le PC, la clé USB. Ni gratuit, puisqu’il nécessite un abonnement à un fournisseur d...

Secret des hommes, secret des dieux : Les Hommes de bonne volonté

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Bréviaire bien-pensant ? Plutôt reliquaire vivifiant. Il y eut un homme envoyé de Dieu : son nom était Jean. Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Il n’était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière. Jean, 1, 6-8 Le lecteur croyant verra un signe et non un hasard, jamais simple, du reste (« peut-être la logique de Dieu » ose le Bernanos cité du Dialogue des carmélites ), dans la rédaction de ce texte un lundi de Pentecôte, lendemain du dimanche chrétien d’inspiration, de polyglottisme, d’évangélisation – libre à lui, cela nous va, comme une BA ou une Bonne Nouvelle à taille humaine, à l’image du métrage de Xavier Beauvois, dont le tournage se voit ici verbalement (retour par l’écriture à la Parole supposée originelle) documenté avec clarté, humilité, générosité. Henry Quinson, marseillais « moine des cités », ancien trader que décora Frédéric Mitterran...

L’Homme de Rio

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Lima Baretto ? Marcel Camus ? Glauber Rocha ? Héctor Babenco ? Walter Salles ? Fernando Meirelles ? José Padilha ? Fellipe Barbosa ? Antônio Carlos Jobim ? Oscar Niemeyer ? Pelé ? Oui et non, alors arrêtons l’énumération… En France, nul ne l’ignore depuis une phrase fameuse de François Truffaut, chacun exerce deux métiers : le sien et celui de critique de films. La cinéphilie, cette passion française à l’instar de l’égyptologie (identiques origines nécrophiles), constitue à la fois l’un des honneurs et l’une des lubies de la nation. « Il y a plus important que le cinéma » dit autrefois, à Cannes, la belle, talentueuse et trop rare Greta Scacchi. Évidemment et heureusement, même si le truisme mérite d’être ponctuellement réaffirmé. L’argent, l’amour, la santé, l’amitié, le travail, la famille, la société, l’art, les voyages, l’actualité, la politique, la foi, le sexe – tout ceci et plus encore suffit largemen...

La Cité de la peur : Mécanique de Cannes

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Pastichons l’hommage d’André Malraux à Jean Moulin : par ici la sortie (du lundi), Gilles Jacob… Cinéphiles ou non, nous vivons tous « à l’insu de notre plein gré » dans un monde pop et pornographique, les deux domaines soudés dans la parole politique. Renversant la perspective (Nevski) de la philosophie antique ou de la religion monothéiste – les Idées, le Paradis en délicieuses vérités supérieures après les tourments et les mensonges terrestres –, l’existence contemporaine, consumériste et connectée, mélange les régimes (d’image, de gouvernance), traverse en une seconde les frontières (étatiques, identitaires), abolit les anciens dualismes (économiques, métaphysiques) pour en métamorphoser d’autres (nouvelles formes du féminisme, du moralisme, du terrorisme). La « réalité », en 2016, en France et partout ailleurs, s’apparente à une fiction planétaire, à un récit généralisé, véhiculé autant que conceptualisé par le langage numérique, à un vaste réser...

Le Temps du massacre

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Dans le camion et dans l’esprit . Je déteste ma vie et je vomis ce pays. Il faut que je fasse quelque chose, que tout cela change radicalement. Pas de retour en arrière, pas de regrets ni de remords. Mon père vit encore mais on ne se parle plus depuis des années. La femme qui partageait mon lit, qui me donna trois descendants, me les reprit. La justice de cette nation de chiens me dit quand et comment les voir. Mon entreprise vient de faire faillite. Je ne cherche pas à susciter votre pitié, je ne me fournis pas d’alibis. Je voudrais seulement comprendre le vide qui me fonde, cette altérité qui me grise et me déguise. Dans la rue, personne ne me voit. Humain parmi les inhumains, je marche invisible vers mon destin. Qu’ils continuent à vivre dans l’ignorance. Ils découvriront vite l’étendue de ma rage. Au comptoir du magasin de location de véhicules, je montre un permis en règle. Au rayon jouets d’un hypermarché, je fais provision d’armes factices. Chez moi, ce studio des quar...