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Affichage des articles associés au libellé Michael Anderson

Le Carrosse d’argent

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  Exils # 136 (21/10/2025) « It’s a long way to Vera Cruz » déclare Denise, « comtesse » d’opérette, complice et médiatrice, Française en Amérique, mais le film va vite, linéaire et mortifère, aussi solaire qu’un cimetière. Davantage que faire (re)surgir le souvenir de Ford ( La Chevauchée fantastique , 1939), Vera Cruz (Aldrich, 1954) préfigure Il était une fois dans l’Ouest (Leone, 1968) et La Horde sauvage (Peckinpah, 1969), pas seulement parce que Bronson, alors au générique sous son patronyme d’état civil, idem mutique, y joue déjà de l’harmonica, que Borgnine l’accompagne. Le réalisateur tout sauf mineur d’ En quatrième vitesse (1955), Le Grand Couteau (1955), Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? (1962), Les Douze Salopards (1967), L’Empereur du Nord (1973) ou Bande de flics (1977), liste subjective, s’y affirme en effet en styliste assumé, capable d’accumuler les figures homonymes, avec une pertinence et une précision qui participent de sa séd...

L’Âge de glace de la guerre froide

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  Exils # 119 (17/07/2025) Si Richard Harris refusa L’ Œ uf du serpent (Bergman, 1977) au profit d’ Orca (Anderson, 1977), la production imposa donc Richard Burton, mais L’Espion qui venait du froid (Ritt, 1965) lui permet de déployer l’une de ses meilleures interprétations. Escorté par un casting choral impeccable, Monsieur Liz Taylor, ancien amour de Claire Bloom, vous suivez, acteur au carré, à raison récompensé, incarne un Alec très tourmenté, d’abord déguisé en dépressif alcoolique, amer et déclassé, ensuite en prisonnier express puis vrai-faux transfuge de retraite montagnarde et de tribunal bancal. Les mauvaises langues soulignent qu’il s’agit à peine d’un rôle de composition, les cinéphiles applaudissent devant le talent, capable d’exprimer la peur de ce temps-là et le dégoût de tout cela, sinon de soi. Pourri par l’opportunisme – expediency en VO, « pragmatisme » en sous-titres – et le machiavélisme, voire le pharisaïsme et l’homophobie, queer guère un...

Virez Willy

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  Exils # 118 (15/07/2025) Achab du Canada, Nolan, au patronyme explicite, alon ( e ) loin de Babylone, possède aussi son idée fixe, qui le possède et finit par le perdre, substitue au Queequeg d’ébène l’Indien lucide, pas du tout fou, de Vol au-dessus d’un nid de coucou (Forman, 1975). Lectrice de Melville, scientifique héroïque et enseignante « réchauffante », surtout du côté de la banquise, Charlotte Rampling formule et tamise l’anthropomorphisme, le mâtine d’une amère ironie : la mémoire sentimentale du mammifère « monogame » – dixit une bientôt unijambiste Bo Derek aux joues rondouillettes – et intelligent excède celle fameuse de l’éléphant, mais cette « quasi » humanité attribuée, remarquez les mimis mimines du fœtus foutu, participerait hélas du « réflexe le plus primitif » de l’espèce bipède, vive la vengeance et la violence, revoilà Peckinpah, éthologue du viol ( Les Chiens de paille , 1971). La femme fréquentable, deux fois rescapée, en coda...

Femme(s) des années quatre-vingt

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  Exils # 67 (07/01/2025) À sa sortie, en écho à Carrie, mais pas au « bal du diable », tout le monde se moqua sans états d’âme de la « cousine de Superman ». Il fallut donc attendre Patty Jenkins pour lui adresser un clin d’œil logique et chronologique avec Wonder Woman 1984 (2020). Une quarantaine d’années après, Supergirl (1984) ne s’avère vite ni un produit cynique, ni une déclinaison à la con. À l’instar de l’intéressant et idem mésestimé Superman 3 (Lester, 1983), où l’immaculé Clark Kent découvrait puis combattait son propre et sale Mister Hyde, au creux d’une casse auto ensuite réoccupée par Jim Muro ( Street Trash , 1987), aucun meilleur ennemi que soi-même, amen , l’analogique métrage en automatique pilotage du sieur Swarc, téléaste responsable et coupable itou des dispensables Les Dents de la mer 2 (1978) ou La Vengeance d’une blonde (1994), ne mérite l’amnésie, le mépris. Il s’agit en effet, en réalité, d’un film dont le féminisme profond et définit...

Mondo cane

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  Un métrage, une image : Antarctica (1983) « Le Japon est un nid de crétins. Ils ne savent rien de l’Antarctique et encore moins des chiens. Ça ne les empêche pas de crier pauvres bêtes. C’est ridicule » résume illico l’érudit de Hokkaidō. Ce long et longuet métrage, presque réalisé sans trucage, les Américains s’en émurent, ne lui accordèrent leur imprimatur , célèbre formule « No animals were harmed », amen , carbure donc à la culpabilité partagée, aux expéditions en triplé, s’inspire du meilleur et du pire d’une histoire vraie, là-bas renommée, y connut un gros succès, en version disons rallongée, intégrité d’intégralité, se fit remaker ou plutôt pasteuriser selon Disney, plus d’une vingtaine d’années après. Confectionné par un quasi inconnu productif appelé Koreyoshi Kurahara, qui coécrit, coproduit, monte de manière autonome, quel homme, Antarctica ressemble à un conte cruel pas trop de (première) la jeunesse, dommage et dégage, Ōshima, au ...

La Lame nue : Présumé coupable

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  Alibi , librairie, hasard, rasoir… Le patronyme de l’impeccable Cooper, vite vaincu à cause du cancer , apparaît en premier, pourtant l’obscur opus appartient bel et bien à la douce-amère Deborah Kerr. Pour savoir vraiment ce que signifie frémissant, il convient de découvrir la fascinante performance de l’actrice assez sublime du Narcisse noir (Powell & Pressburger, 1947), Quo vadis (LeRoy, 1951) ou des Innocents (Clayton, 1961). Si l’on ne peut pas ne pas penser au compatriote Hitchcock, puisque poison du soupçon, falaise funeste, faux coupable, flash-back patraque, chantage attesté, salle à bain malsain, escalier cascadé, la vérité, qui fait ici défaut, qui « sonne toujours faux », affirme la mensongère némésis, à la maladresse ironique, magot cramé, marches manquées, réside ailleurs, à l’intérieur des intérieurs d’un mélodrame domestique, autarcique, de classe sociale, de casse maritale, encore écrit et traduit par Joseph Stefano, le scénariste et adaptateu...

Cruising

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  Un métrage, une image : I viaggiatori della sera (1979) À Jacqueline, exploratrice transalpine We're in a place where Heaven breathes Making some love and shooting the breeze Living out the memories we'll share Sur la mer Kylie Minogue, Loveboat Coda macabre d’une décennie dépressive, voici donc une inédite – en tout cas en salles hexagonales – dystopie, qui en évoque une autre, celle d’Anderson, bien sûr ( L’Âge de cristal , 1976), qui (r)appelle de Houellebecq le Lanzarote ad hoc . En sus co-scénariste au côté d’Alessandro Parenzo ( Cani arrabbiati , Mario Bava, 1974), avec pour second Ricky ( La scorta , 1993) son fiston, Tognazzi survit en DJ, se voit vite convié, radio ordonnée, donc lui-même remercié, à visiter, des grands enfants endoctrinés accord donné, un village en plein air, piège solaire de paradis totalitaire, où jouer (à) un jeu dangereux, où décrocher une croisière mortifère. De là-bas, on ne revient pas, on peut à peine tenter de s’évader, ...

L’Autrichienne : Un instantané de Senta Berger

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  Petit portrait d’une femme fréquentable… Senta par Peckinpah ( Major Dundee , 1965, Croix de fer , 1977), Berger chez Duvivier ( Diaboliquement vôtre , 1967) ; d’autres titres de sa filmographie, aussi, par chronologie classés, allez : C’est pas toujours du caviar (Radványi, 1961), L’Ombre d’un géant (Shavelson, 1966), Le Secret du rapport Quiller (Anderson, idem ), L’Homme sans mémoire (Tessari, 1974), sans oublier, à la TV, longtemps après, pendant plus d’une quinzaine d’années, danke ARTE, Double Jeu , mon Dieu. Actrice et comédienne, Senta Berger au théâtre débuta, s’y forma, y retourna. Elle tourna en Allemagne, en Angleterre, en France, en Italie, elle fit un tour, voire un détour, à Hollywood, là-bas ne s’attarda, là-bas refusa le casting canapé d’un Darryl Zanuck guère eunuque, les féministes s’en félicitent, elle se maria, mit au monde deux mâles bientôt du métier, créa de production sa propre société, reçut une pelletée de prix, de Bambi à Romy, écriv...

Croix de fer

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  Un métrage, une image : L’Aigle s’est envolé (1976) « Anything is possible », en tout cas au cinéma, en particulier cet occasionnel commando improbable, (trans)porté par un casting choral impeccable, mentions spéciales à Duvall, en stoïque colonel Radl (salut à l’ idem Redl, 1985, de Szabó), à Pleasence, en (super) Himmler. Un an avant le Steiner de Coburn du Peckinpah ( Croix de fer , 1977), toujours produit par ITC, pourtant plus « présenté » par Lew Grade, qu’il se console avec l’eugénisme nazi de Ces garçons qui venaient du Brésil (Schaffner, 1978), voici l’homonyme de Caine selon Sturges & Mankiewicz, fifils à son papa et scénariste (officiel ou officieux) pour Cosmatos, Dante, Donner, Hamilton ou Yates, transposant ici le succès littéraire de Mister Higgins. Bien escorté par deux locaux bien connus, à savoir le directeur de la photographie Anthony B. Richmond ( Ne vous retournez pas , Roeg, 1973), la monteuse Anne V. Coates ( Lawrence d’...

Xanadu : Kelly’s Heroes

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Exécrable, excrémentiel, à excommunier ? Pas exactement : expositions, explications. So let’s dance through all our fears War is over for a bit The whole world should be moving do your part Cure a lonely heart Kylie Minogue, Your Disco Needs You De Kane le caveau devient illico une boîte disco. Films mortifères, Citizen Kane (Orson Welles, 1941) et Xanadu (Robert Greenwald, 1980) partagent un toponyme, un esprit de déprime, un feu de final. Le magnat des médias rêvait de transformer sa maîtresse médiocre en diva, elle possédera d’ailleurs son propre établissement nocturne, nommé El Rancho, Dio mio. Sonny Malone, sinon Bugsy, comme au milieu des mômes d’Alan Parker (1976), peintre dépité, accomplit encore mieux, car il rencontre une muse (murale), au sens littéral du terme, en la personne d’une mystérieuse patineuse, belle et providentielle, appelée Kira, voilà, voilà. En vérité, il s’agit d’Olivia (Newton-John), vraie chanteuse/danseuse, issue du sai...

Burnt Offerings : L’Été meurtrier

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Arnaque de vacances, botanique d’existence…   Un Shining (Stanley Kubrick, 1980) estival ? Un La Maison du diable (Robert Wise, 1963) en mode familial ? Sans doute et davantage. Deux années après la réussite à la TV de Dracula et ses femmes vampires (1974), Dan Curtis se délocalise du côté d’Oakland, Californie friquée, s’installe à Dunsmuir House, imposante propriété sous peu investie pour le tournage de Phantasm (Don Coscarelli, 1979), encore un conte à croque-mort. Sur la base d’un scénario co-écrit en compagnie du romancier William F. Nolan, aussi scénariste de L’Âge de cristal (Michael Anderson, 1976), il adapte un bouquin de Robert Marasco et dirige un casting de haut niveau, composé par Karen Black & Bette Davis, Oliver Reed & Lee H. Montgomery, les caméos d’Eileen Heckart & Burgess Meredith, n’oublions pas Anthony James en « chauffeur » à faire peur, surtout les orphelins point sereins. Itou producteur, Curtis s’associe au diso...