La Chasse : Les Prédateurs
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Carlos Saura. On peut penser bien sûr à une scène célèbre de La Règle du jeu (Renoir, 1939), néanmoins La Chasse (1966) remémore et annonce le cinéma de Sam Peckinpah, surtout celui de La Horde sauvage (1969) et des Chiens de paille (1971). Quatre types pas très catholiques se retrouvent vite au milieu d’un territoire martien, inclément et malsain, un « endroit parfait pour tuer », en effet, in extremis et en accéléré s’entretuer. Ouvrage sur le « naufrage » de la vieillesse, la virile détresse, l’amitié à ne pas « souiller », la vie décevante impossible à recommencer, La Chasse possède une violence évidente et latente avérée, à faire passer celle, tout autant réelle, non simulée, du classé scandaleux Cannibal Holocaust (Deodato, 1980), pour un divertissement innocent. Saura n’épargne personne et donne à dessein mal au cœur au spectateur. Sa leçon de réalisation, a fortiori ...