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Affichage des articles associés au libellé Takeshi Kitano

My name is Luka

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  Exils # 199 (19/05/2026) Après le speech de petit épicier du directeur du ciné (séance gratuite unique pour « raisons économiques », vive l’UE, « désolé » de n’avoir prévu en amont l’intervention avec l’interprète), le QCM de propagande européenne (« démocratie » de marquis), tu assistes en salle bondée (délocalisation de la programmation, passage de 300 à 120 sièges, dégagez recalés) à la projo adaptée (sous-titrage coloré) d’un premier film au titre programmatique. Succès multiprimé, Sorda (2025) « essentialise » façon LFI, aborde le thème de « l’identité » doté d’une finesse éléphantesque. Si le spectateur ne comprend, n’entend, ce que signifie être démuni de l’ouïe, la cinéaste scénariste et sœur de l’actrice manie la mise en scène « immersive », marotte de modernité dématérialisée, je ne reviens point sur le risible The Revenant . Donc plus de son, du bruit assourdi, réalité ouatée ou péniblement appareill...

Les Rôles d’Errol

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  Exils # 62 (28/11/2024) Homme libre, toujours tu chériras la mer ! Baudelaire, L’Homme et la Mer Puisque Flynn se fiche de ses films, on évacuera Les Aventures de Robin des Bois (Curtiz & Keighley, 1938), au demeurant divertissant, mais l’on ne fera fi de l’autobiographie, au titre d’insistance, à lire à double sens. Ses mauvaises manières, ou bien mauvais chemins, les voici sous l’aspect d’un pavé, que résume une plume démasquée [1] . Longtemps avant de se costumer, de prendre l’épée, ce citoyen australien vit diverses vies. Il lit beaucoup, commet les quatre cents coups, un destin rimbaldien, aux béguins de Gauguin. Moins Casanova que cosmopolite, davantage aventurier qu’homme politique, le beau diable natif de Tasmanie ne manie l’économie, baise et se fait baiser, au propre, au figuré. Havilland & Hollywood ? Des étapes sur sa route. Son désir d’or ? De quoi payer après l’accès au théâtre et au musée, au bordel existentiel, ethnographie à parfo...

Cela n’est pas du cinéma

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  Exils # 14 (10/01/2024) Autrefois, à Carpentras, on empalait il paraît au parasol un cadavre par l’ anus , dixit l’affabulateur Laurent Fabius, mémorable et médiatique « manipulation » mitterrandienne, à base d’antisémitisme et d’antifrontisme. Trente-trois ans plus tard, l’extrême droite européenne – ne parlons pas de celle d’Israël – prospère, prolifère, une « profanation » de sémite cimetière fait figure de provinciale misère, face au massacre du Hamas et sa réplique apocalyptique. Tandis qu’au soleil satanique s’exterminent les meilleurs ennemis, avec un (im)prévisible machiavélisme, une absence de miséricorde forçant le respect sidéré de démocraties occidentales diplomates et pacifiées, encore préoccupées d’immigration, a fortiori d’inflation, d’économie et d’énergie, de climatologie davantage que d’idéologie, de consumérisme, de moralisme, une « SDF » y décède, « féminicide » attribué au froid, cela va de soi. Âgée d’une quarantai...

La Femme insecte : The Crimsom Kimono

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Shōhei Imamura. - Ma vie n’est pas une existence… - Si tu crois que mon existence est une vie ! Hôtel du Nord (Marcel Carné, 1938) Décédé en 1956, Kenji Mizoguchi ne vit ceci, sorti en 1963, on peut pourtant penser qu’il ne pouvait apprécier pareil traitement d’un toutefois familier argument. Car Imamura ne carbure à la came du mélodrame, ni au dolorisme du manichéisme, moins encore à la victimisation à la con de notre époque. Les proies, les « prédateurs », les « porcs à balancer », les martyres médiatisées, les saintes, les salopes, il s’en moque, il connaît de près Cochons et Cuirassés (1961), il observe à la Brecht son pays, sa patrie, en train de fissa se transformer, ni meilleurs ni pires qu’auparavant, plus américanisés assurément. En 1964, le compatriote Mikio Naruse entrelacera sens féminin du sacrifice et capitalisme importé, de supermarché, selon l’émouvant Une femme da...

Dans un jardin qu’on dirait éternel : Ça commence aujourd’hui

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  Retour à la perfection ? Parcours de la procrastination… Tea for two and two for tea Me and you and you and me La Grande Vadrouille (Gérard Oury, 1966) On ne changera pas le monde Mais il ne nous changera pas Jean-Jacques Goldman, On ira Pendant vingt-cinq ans, la narratrice apprend à faire du thé, de l’automne au printemps, de l’hiver à l’été. Au-dehors du sanctuaire hebdomadaire, des événements « inimaginables » surviennent, invisible et vaste univers, tandis qu’à domicile sa commerçante cousine si « franche » finit fissa par fonder une famille. Elle-même devient « auteure indépendante », perd son père, en coda accède à la succession des leçons. Toutefois tout ceci, tel le générique aquatique, au thème musical en mineur lyrique, dû à la douée Hiroko Sebu, itou compositrice du score de Je veux manger ton pancréas (Shin’ichirō Ushijima, 2018), semble glisser sur sa serviette en soie à (re)plier puis déplier avec une méticulosité d’in...

Le Vagabond de Tokyo : Tokyo décadence

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Seijun Suzuki. Film imparfait, film surfait, film de surface(s), pour la profondeur, on repasse, Le Vagabond de Tokyo (Seijun Suzuki, 1966) affiche un « phénix » fétichiste et des scies en duo de médiocre mélo. On se souvient qu’un certain Samouraï (Jean-Pierre Melville, 1967) autiste, solitaire, suicidaire, sortit dans son sillage, que Les Parapluies de Cherbourg (Jacques Demy, 1964), colorimétrie de guerre d’Algérie, le précéda de peu. Plus tard, Chieko Matsubara & Tetsuya Watari croiseront Takeshi Kitano, héritier putatif, tout autant et plus encore pictural, sarcastique, la première pour Dolls (2002), le second pour Aniki, mon frère (2000). Opus pop et pulp , Le Vagabond de Tokyo témoigne de son époque, de son système de production. Cette histoire de filiation, de   trahison, ne mise jamais sur l’émotion, ne se soucie de tragédie, contrairement à Melville & Demy, s’amuse à mettre à mal u...