Extérieur, nuit : Cinéma de la Plage
Vamos a la playa , martelait autrefois Righeira – y croiserons-nous la juvénile Pauline, l’irréelle Arielle d’Éric Rohmer ou Tony Montana, le « renoirien » enragé/balafré de Brian De Palma ? Sous le sable nocturne gisent des films restaurés à exhumer en archéologues-cinéphiles, à ranimer en inoffensifs profanateurs de sépultures de celluloïd. Sous le ciel immense, doucement noirci par la nuit bleue, dans de confortables transats terrestres, parmi un public attentif et intergénérationnel, les images d’hier retrouvent leur jeunesse première, via le souci de la préservation d’un patrimoine vraiment mondial, grâce à l’alchimie du numérique, « fontaine de jouvence » abouchée au flux informationnel. Tout paraît tourné la veille, les scènes resplendissent dans l’éclat mat, lisse, du lustre-langage binaire. Si l’ambre abrite les reliques des dinosaures, les suites de 1 et de 0 redessinent un nouvel imaginaire, donnent à contempler la richesse d’un tréso...