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Banco : Les Braqueuses

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Dérober des billets, monnayer sa maternité, arroseuse arrosée… Robbing a bank’s no crime compared to owning one. Bertolt Brecht Après l’Italie de Cani arrabbiati (Mario Bava, 1974), l’Espagne de Banco (Koldo Serra, 2018) : encore un braquage, des otages, un huis clos, pas d’auto, un(e) enfant à sauver, à récupérer, in extremis un changement d’identité, une culpabilité partagée – mais la fin diffère, douce-amère. Raquel « ment comme elle respire », elle ne cesse d’affabuler durant la centaine de minutes du métrage presque en temps réel, elle manipule le spectateur solo, le couple de voleurs, le duo de policiers, elle sème des indices cryptés, qui lui vaudront de survivre, ligotée au creux d’un coffre de bagnole, Bava bis . Néanmoins, jamais elle ne simule son amour maternel, quand bien même elle s’autorise à l’instrumentaliser auprès du rouquin serein, malin, elle fait tout ça pour son « adorable » Alba, sa fillette enlevée sans violence...

Peppermint frappé : Ma femme est une actrice

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Un film intemporel et daté à consommer sans modération mais avec déraison… Tel le protagoniste, Saura voit ici double : Elle et Paris Match , Machado et Franco, le Mystère d’Elche et Los Canarios, Buñuel et Hitchcock, Tristana (1970) et Sueurs froides , société de répression et société de consommation, ruines d’hier et projets immobiliers d’aujourd’hui, Elena et Ana, Cuenca et Calanda, Marie et Jésus, l’Assomption et la Passion, la Semaine sainte et un double assassinat, les sœurs Dorléac chez Demy et Brigitte Bardot au musée, la vieille ville touristique et la ville moderne au loin, un tambour et un vanity-case , la brune et la blonde, le cabinet de radiologie et l’appartement, le laboratoire photographique et l’autel privé, l’Espagne médiévale et l’Espagne de la fin des années 60, les apparences et l’intimité, le jeu social et la comédie privée, les souvenirs en noir et blanc et les couleurs du présent, le grain de la mémoire et la monochromie du récit, l’aridité des...