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Affichage des articles associés au libellé Howard Phillips Lovecraft

Exit Plan : Happy End

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Jonas Alexander Arnbyde. Ce plan de sortie définitive commence donc comme du Lovecraft, message d’outre-tombeau filmé de façon frontale en vidéo ; il se poursuit par un panorama panoptique éclairé en clair-obscur, digne d’affoler ou apaiser le spécialiste Foucault. Toutefois ce métrage pas si sage, fiévreux en creux, ne se soucie   d’euthanasie, de lointain hôtel tendre et cruel, à rendre celui de Shining (Kubrick, 1980) calme et tranquille. Constamment empathique, discrètement ironique, Exit Plan (2019) s’apparente à un survival feutré davantage qu’à un mélodrame outré, en cela participe du film horrifique, exercice de catharsis, traversée des létaux supplices vers les vitaux délices. Assureur sur la vie, eh oui, homme aimable, mec aimé, Max se sait désormais condamné, une plus grosse tumeur que la sienne, tu meurs, lui aussi. Aussitôt scanné, IREM immaculé, le voici envolé, le safari en Afrique, cadea...

Insidious

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  Un métrage, une image : The Block Island Sound (2021) Personne pour confondre les frères McManus avec Carpenter, surtout celui de Fog (1980) et L’Antre de la folie (1995), car leur troisième effort ressemble fort à un téléfilm au format widescreen , à un petit produit presque insipide, tourné en numérique et destiné au pseudo-ciné en ligne, fix de Netflix, d’ailleurs ancien employeur du tandem amène. Quant au casting , il provient aussi, en majorité, de la TV, cela se sent assez souvent. Cependant tout ceci ne doit faire écran, dispenser d’écrire au sujet de tout ce que leur film peut offrir, à condition d’accepter son rythme languide, son environnement livide. The Block Island Sound se situe donc du côté du Rhode Island, c’est-à-dire délimite l’État malsain d’un certain Lovecraft. Sur place, en dépit de la capitale homonyme, point de Providence, dégagez Resnais, encore moins de monstre marin, d’« innommables » mais dénommés « Grands Anciens...

Minnie et Moskowitz

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  Un métrage, une image : Fievel et le Nouveau Monde (1986) « Papa peux-tu m’entendre ? » demandait la Streisand de Yentl (1983), avec déjà Nehemiah (Persoff), la fin de Fievel (Don Bluth) lui répond, au son de Un violon sur le toit (Jewison, 1971), oui-da. Souviens-toi, Barbra, point de Prévert, plutôt de Spiegelman, le mec de Maus , ses chats nazis, ses sémites souris, du plumage de Superman (Donner, 1978), du ramage de Maurice Chevalier, voire l’inverse. De Disney à Dickens, doté en coda d’une sucrerie sympa et applaudie, due à l’incontournable Mister Horner, susurrée en tandem amène par Ingram & Rondstadt , notre Don, réalisateur, co-producteur, designer , storyboarder , itou au title , s’associe ainsi à Stevie (Spielberg), excelle en xerography , délocalise en partie en Irlande, se met à dos les syndicats, quelle cata. An American Tail , le titre d’origine, joue du son et du sens, renvoie évidemment vers tale  : Fievel et le Nouveau Mo...

Un enfant attend

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Un métrage, une image :  La Nuit des masques  (1978) Une fois soulevé le masque de circonstance, une fois franchie la frontière invisible du champ-contrechamp, qui nous tenait jusqu’alors dans l’obscurité subjective d’une lourde respiration, une fois hors de la maison, dans cette rue nocturne d’une banlieue américaine, aux pelouses taillées au cordeau, aux horizons géométriques anxiogènes à force de solitude, où tout le monde connaît tout le monde, mais où une enfant adoptée ignore tout (vraiment ?) de son frère, remplie ce soir de lueurs et de cris horrifiés, stupéfiés, que voit-on enfin, sinon le visage éperdu d’un enfant égaré dans sa forteresse vide, à jamais prisonnier de son  Antre de la folie , petit  Prince des ténèbres  bien plus redoutable que  La Chose  pratiquant ses métamorphoses dans des glaces empruntées à Poe & Lovecraft, monstre tombé du ciel quand celui qui nous fixe désormais, par les yeux duquel nous voyions précé...