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Affichage des articles associés au libellé Statut de la mer

La Route des Indes

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  Un métrage, une image : Vingt mille lieues sous les mers (1916) Douglas, Lorre, Mason indeed dorment tranquilles, du grand sommeil éternel de leur classique instantané, insubmersible ( Vingt mille lieues sous les mers , Fleischer, 1954), la curiosité, coachée par l’incontournable Carl Laemmle, signée d’un scénariste/réalisateur démuni de renommée, dépourvu de peur, ensuite restaurée par UCLA, s’apprécie cependant en opus pionnier, plaisant, toujours généreux, jamais vieux jeu. Flanqué des frérots Williamson, manieur d’images sous-marines, concepteurs de pieuvre en plastique, chic, escorté du directeur photo Gaudio, du maestro Orlando Perez Rosso, Paton fusionne le roman homonyme et celui de la mystérieuse île, bien après adapté selon l’ item anecdotique mais sympathique d’Enfield (1961), merci aux monstres-merveilles de Harryhausen, à la musique magistrale de Herrmann. Commencé sur un miroir, terminé en humide mouroir, ce Vingt mille lieues sous les mers , surcentenair...

En eaux troubles : La Mort au large

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Poiscaille (tré)panée ? Léviathan trop vide ! « Un requin préhistorique qui rôde, ça sent le canular » où alors, outre le départ précipité de calmar maousse, le conte de fées aquatique, destiné à de grands enfants très indulgents, caractère cristallisé par cet instant de face à face entre la Nippone mignonne et le mégalodon à la con, ogre numérique derrière sa vitre méta, sur le point d’avaler l’avatar transgenre, délocalisé, du Petit Poucet, de quoi régaler la cinéphilie psy amatrice « d’oralité », olé. La Warner saisit que désormais le ciné se situe surtout en Asie, embauche par conséquent la belle et solide Li Bingbing, vue dans Détective Dee : Le Mystère de la flamme fantôme (Hark, 2010), repêche John Turteltaub, disparu des radars depuis 2013, non pas spécialiste des tortues, tant pis pour son patronyme, mais signataire anonyme de Rasta Rockett en 1993, de Phénomène en 1996, de Instinct en 1999 et du diptyque Benjamin Gates en 2004...

Le Jour de mon retour : True Lies

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Il existerait pire que renoncer à ses souhaits – les voir se réaliser… Le Secret des Marrowbone se déroulait en 1969 et Le Jour de mon retour itou ; tandis que les Américains plantent leur drapeau de petits propriétaires à la surface lunaire, Donald Crowhurst s’embarque pour le Golden Globe, course autour du monde désormais sans escale. Première maritime et première pour lui, pas même marin dominical, à peine inventeur désargenté. Le film s’inspire d’une histoire vraie, assume sa prise de libertés fictionnelles à des fins « d’effet dramatique », nous indique le générique. Pourquoi part-il ? Parce qu’il veut accomplir quelque chose d’inédit, de jamais fait avant lui, parce que sa vie, malgré son boulot ludique, sa spacieuse propriété bientôt gagée, sa jolie famille à la Norman Rockwell de côte anglaise, paraît anecdotique, sinon vide. Le speech liminaire d’une légende vivante, à la fois lucide et dynamique, lui donne l’envie avide de mettre les voiles lit...

Visitors : Piège en haute mer

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 « C’est pas l’homme qui prend la mer », c’est la mère qui surprend la fille… Une femme, un bateau, l’océan. Un sillage – terme idoine – éloquent : Le Couteau dans l’eau de Roman Polanski (Jolanta Umecka et son maillot immaculé), Calme blanc de Philip Noyce (Nicole Kidman et son short arraché). Derrière la caméra, le sympathique Richard Franklin (renommés Patrick et Déviation mortelle , réussi Psychose II , délectable-britannique Link ) ; devant, Radha Mitchell, actrice discrète et solide, appréciée dans Phone Game , Neverland , surtout Silent Hill et Eaux troubles . Écrit par le regretté Everett De Roche (les deux Long Weekend , Harlequin , Razorback  ou Link ), Visitors s’orne aussi de la présence de Susannah York (la patiente synthétique de Montgomery Clift dans Freud, passions secrètes , la maman de Superman dans le film homonyme de Richard Donner). Première surprise : il ne s’agit pas vraiment d’un film maritime mais davantage d’u...

A Scene at the Sea : Waterworld

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 « Retour aux sources » et spécialement à celle qui ne se tarit pas… À l’inspiratrice de minuit Quand on naît au bord de la Méditerranée, quand on nage face à une petite ville où surgit le train méta du cinéma, quand on marche sur le sable d’une plage grise et industrielle en hiver, la mer fait partie de votre corps, de votre histoire, cette mare nostrum devient vite vôtre, son souvenir salé jamais ne peut s’effacer. La discutable « mémoire de l’eau » ? Celle de l’enfance et de l’adolescence, du dimanche et du silence, des morts et des survivants, assurément. Pourquoi Fellini y finit-il sa douceur de vivre, pourquoi La dolce vita s’achève là ? Pourquoi Kitano, à la fin de Hana-bi , décide de s’y flinguer, après avoir délivré d’une balle son amoureuse condamnée par la maladie ? Pourquoi A Scene at the Sea et Sonatine comportent-ils de mémorables scènes maritimes, entre jeu et contemplation, joie légère et amèr...