Cujo : Nous, les chiens
Réflexe de Pavlov ? Morsure de métaphore… Le lucide Lewis Teague l’admet lui-même : Cujo (1983) demeure son meilleur film. Désormais exhumé en blu-ray , en DVD, il mérite d’être redécouvert aujourd’hui, a fortiori à l’heure de la numérisation généralisée au/du ciné, de ses dommages animaliers, cf. le récent ratage de L’Appel de la forêt (Chris Sanders, 2020). Enamourée de réalisme, en dépit d’un tournage assez surréaliste, la coda de Cujo , mélodrame maternel en huis clos d’immobile auto, ne peut pas ne pas rappeler celle, décisive, des Oiseaux (Alfred Hitchcock, 1963). Mais fi d’eschatologie, évacué le vol/viol de volatiles, exit la conclusion-sidération. Ici, un symbole de secours alpestre, alcoolisé, bientôt caramélisé par l’increvable franchise Beethoven , se voit vite inversé, merci à la vicieuse chauve-souris, passé fissa du statut de sauveur au grand cœur à celui de danger en effet enragé. En chassant un lapin malin, le chienchien trace ainsi son sinistr...