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Affichage des articles associés au libellé Ed Harris

Cujo : Nous, les chiens

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Réflexe de Pavlov ? Morsure de métaphore… Le lucide Lewis Teague l’admet lui-même : Cujo (1983) demeure son meilleur film. Désormais exhumé en blu-ray , en DVD, il mérite d’être redécouvert aujourd’hui, a fortiori à l’heure de la numérisation généralisée au/du ciné, de ses dommages animaliers, cf. le récent ratage de L’Appel de la forêt (Chris Sanders, 2020). Enamourée de réalisme, en dépit d’un tournage assez surréaliste, la coda de Cujo , mélodrame maternel en huis clos d’immobile auto, ne peut pas ne pas rappeler celle, décisive, des Oiseaux (Alfred Hitchcock, 1963). Mais fi d’eschatologie, évacué le vol/viol de volatiles, exit la conclusion-sidération. Ici, un symbole de secours alpestre, alcoolisé, bientôt caramélisé par l’increvable franchise Beethoven , se voit vite inversé, merci à la vicieuse chauve-souris, passé fissa du statut de sauveur au grand cœur à celui de danger en effet enragé. En chassant un lapin malin, le chienchien trace ainsi son sinistr...

La Belle Noiseuse : Copie conforme

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  « Marianne, c’est moi » mais Michel ne joue Jacques… Une pensée pour Audrey habillée « What do you expect? » demande, dès le début, la voisine de table estivale. Qu’attendre de Rivette, critique cynique, mec guère « abject », quoique, le pauvre Pontecorvo de Kapò (1960) dut s’en mordre les doigts, de son fameux plan maladroit. Et le projet de passer quatre heures en compagnie d’Emmanuelle Béart, dénudée en modèle pas un brin bressonien, nous excitait peu, avouons-le. Pourtant, contrairement au replay , par exemple celui du site d’ARTE, le streaming autorise l’avance rapide – attention, SVP, à l’introduction tronquée, taillée (ne touchez pas) à la hache, hélas. Et l’envie de revoir en vie le précieux Michel Piccoli , à peine refroidi, nous convainquit. Nous voici donc « embarqué », comme Marianne miroitée, dans ce qui ressemble, a priori , à un ersatz des « chimères » du cher Éric Rohmer. Fausse piste, de salle...

China Moon : En direct sur Ed TV

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  « Ne pas perdre le nord » ou ramer vers sa mort… China Moon (Bailey, 1994) commence comme Chinatown (Polanski, 1974), par un adultère photographié ; on le doit d’ailleurs au directeur de la photographie de American Gigolo (Schrader, 1980), La Féline (Schrader, 1982), Le Pape de Greenwich Village (Rosenberg, 1984), Mishima (Schrader, 1985), Un jour sans fin (Ramis, 1993), Dans la ligne de mire (Petersen, itou), Pour le pire et pour le meilleur (Brooks, 1997), Incident au Loch Ness (Penn, 2004) ou Les Producteurs (Stroman, 2005). Puis il se poursuit tel La Fièvre au corps (Kasdan, 1981), Floride idem , meurtre du mari, instrumentalisation sentimentale. Bailey travaille en tandem , puisque son épouse Carol Littleton, accessoirement monteuse de La Fièvre au corps , encore, E.T., l’extra-terrestre (Spielberg, 1982), Grand Canyon (Kasdan, 1991), Ce que veulent les femmes (Meyers, 2000) ou Un crime dans la tête (Demme, 2004), assemble l’ensembl...

Noé : Le Créateur

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Suite à son visionnage sur le service Pluzz de France Télévisions, retour sur le titre de Darren Aronofsky. Naguère « engodée » (dirait le poétique Frédéric Beigbeder) pour les besoins subliminaux du cacochyme Requiem for a Dream , la peu rancunière (ou alors sujette à des tendances suicidaires) Jennifer Connelly rempile sur le radeau (rameau) biblique du très surfait Darren Aronofsky ( Black Swan , cet ersatz oscarisé de Suspiria , assaisonné à l’écœurante sauce maternelle de Carrie au bal du diable ), auteur, cependant, d’un attachant The Wrestler (il devait beaucoup, presque tout, à Mickey Rourke, joliment flanqué de Marisa Tomei, oui). On pardonnera (presque) toujours un grand nombre de choses à celle qui fit ses classes avec Leone et Argento, qui grandit, comme tant d’autres, devant la caméra, jusqu’à devenir aujourd’hui cette femme belle et intelligente, cette actrice talentueuse et intense, à la filmographie largement inférieure à ses capacités (diptyque tout...

Pollock : Ivre de femmes et de peinture

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La biographie d’un peintre ? L’autobiographie d’un acteur, surtout… Projet porté durant dix ans (en parallèle à des versions inabouties avec Barbra Streisand/De Niro et Pacino), qui n’intéressa personne, ni les compagnies dites indépendantes, ni les « grands studios », film tourné en cinquante jours, pour lequel Ed Harris paya de sa poche (il co-produit), de son poids (quinze kilos pris sous la surveillance d’un entraîneur) et de sa santé (repos de quarante-huit heures en réparation d’une carence globulaire, cinq points de suture sur une main suite à la « cascade » avinée en vélo), Pollock retrace les quinze dernières années terrestres d’un artiste « réformé P4 », alcoolique, immature, au fil du temps de plus en plus violent, envers les autres et lui-même, jusqu’à une sortie de route à trois en forme de suicide « involontaire ». Il suffit parfois d’un mot ou d’une réplique pour résumer une œuvre, à tout le moins « éclairer...

Des femmes, des films, de la musique : Bienvenue chez Natsu

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