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Affichage des articles associés au libellé Gus Van Sant

« Moi j’ai dit bizarre ? Comme c’est bizarre… »

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  Une heure d’extraction, des heures de questions… La séquence surprend, sinon sidère, durée prise en plongée depuis les airs, disons en drone ou bien hélicoptère, société du spectacle patraque et d’insanité spectaculaire, scène presque obscène de télé-réalité ensoleillée, pasteurisée, découverte en direct d’une procédure peut-être suspecte, propice à produire le soupçon de la conspiration. À l’instar du snuff movie façon John Fitzgerald Kennedy, assassinat ça va de soi, pas le premier ni le dernier là-bas, immortalisé naguère par les fameuses images que filma le zélé Abraham Zapruder, il manque un plan, il manque le contrechamp, angle mort au creux du décor, à cause duquel peuvent aussitôt se lever les vents mauvais des hypothèses plus ou moins balèzes, des théories plus ou moins rassies, des explications de raison ou de déraison plus ou moins à la con. En écho au fiasco de l’info d’autrefois, donc au cas d’école de l’exécution de JFK, ce sauvetage génère (DeGeneres) le ramag...

I, Robot

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  Un métrage, une image : Daft Punk’s Electroma (2006) Plus d’une trentaine d’années après le déjà languissant La Cicatrice intérieure (Philippe Garrel, 1972), vous revoici à errer au désert, souvent mystique et assez suicidaire. Exit Nico, place à Daft Punk, ou plutôt à deux doublures presque en armure. Fable affable au sujet de l’uniformité, du conformisme casqué, pour le masqué, cf. notre contaminée modernité, Daft Punk’s Electroma résonne en surface à l’unisson du Gerry (2002) de Gus Van Sant, prédécesseur idem ensablé, à déguster ou à esquiver en exercice de patience cinéphile. En profondeur, certes sans grande surprise et pourtant pas sans cœur, doté d’une insouciante sincérité, écrivons, filmons, de la réception évitons de nous soucier, il matérialise une polysémique « traversée du désert », locution nominale notamment applicable à l’amitié masculine ou à l’univers des disquaires. Avec une cohérence d’évidence, une logique symbolique tragi-comique, l’e...

Death Valley : Les Rois du désert

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Peyotl ou portable, partir ou périr… Aussitôt, l’Esprit poussa Jésus dans le désert, où il passa quarante jours, tenté par Satan. Marc 1, 12-13 Hier un homme est venu vers moi d’une démarche un peu traînante Il m’a dit t’as tenu combien de jours j’ai répondu bientôt 30 J’ai compris qu’il espérait tenir jusqu’à 40 Jean-Patrick Capdevielle Depuis des décennies, le désert désespère et séduit les cinéastes. Death Valley (Ashley Avis, 2016) s’inscrit donc dans un sillage précis, revisite une veine anxiogène, à la suite d’illustres aînés nommés Gerry (Gus Van Sant, 2002), Twentynine Palms (Bruno Dumont, 2003) ou Valley of Love (Guillaume Nicloux, 2015). Une fois la partouze et l’explosion de Zabriskie Point (Michelangelo Antonioni, 1970) dépassées, fantasmées, que reste-il à faire, à défaire, à refaire ; qui, en définitive, affronter, sinon soi-même, loin de la société, au sein malsain d’une microsociété ? N’en déplaise au Wes Craven de La collin...