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Affichage des articles associés au libellé Jim O’Connolly

Esclave de Satan : Malcolm X

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  L’enfer en famille, la mort sans remords… Premier film estampillé horrifique d’un réalisateur de valeur, mais ultime apparition sur grand écran d’une actrice attractive, Esclave de Satan (Warren, 1976) constitue un exemple parlant de cinéma indépendant. Financé par les principaux intéressés, tourné en extérieurs, avec des moyens limités, monté à domicile, agrémenté de minutes dites explicites, censées consolider sa distribution à l’étranger, un peu tripatouillé par les ciseaux du BBFC (British Board of Film Classification), parfois apparié à Ruby (Harrington, 1977), Satan’s Slave divisa la critique et ne convainquit le public. Durant le quart d’heure de sa double introduction, le spectateur assiste à une messe noire masquée, à un holocauste nocturne de juvénile victime, blonde bien sûr déshabillée, la bien nommée Moira Young, en épouse de l’un des co-producteurs à contrecœur s’y colle, à présent en rigole, à une tentative de viol envapé, à un meurtre perpétré par une porte d...

The Beast in the Cellar : 1917

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  Hostilités domestiquées ? Folie fraternelle… James Kelly écrivit pour la TV, dirigea deux titres au ciné, décéda dans sa quarante-septième année. Mal reçu à sa sortie, par la Tigon produit, société classée spécialisée, des plus connues Amicus & Hammer au côté, The Beast in the Cellar (1970) ne manque de qualités, mérite quelques lignes. Disponible en ligne, visionné en VO non sous-titrée,  practise your English, please , ce mélodrame à deux dames, davantage qu’à deux balles, constitue donc un huis clos, tout sauf falot, s’affirme en fable assez affable, à propos de passé qui ne saurait passer, plutôt trépasser, « poor thing », en effet. Tandis que des bidasses en série se font fissa décimer, que la police enquête, un peu perplexe, au sujet d’un « human animal or animal animal » s’interroge, dialogue guère morose, concentré d’humour macabre anglais, déroulé au-dessus d’une dépouille dépiautée, cependant invisible, puma ou léopard, à vous de voi...

Runaway Train : À nous la liberté

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Aller simple, itinéraire d’enfer… « Manheim est un animal » + « Vous êtes une bête ! »/« Pire que ça : un humain ! » puis, in extremis , une citation de Richard III , déductive, paradoxale, sur la férocité de la bestialité dotée de pitié, sur son absence chez l’homme, en tout cas ce roi-là : ainsi se résumerait la moralité de cette traque existentielle, conduite par Kontchalovski presque en Russie, sise en Alaska d’après Kurosawa, concoctée par une Cannon cannoise, alors en quête de respectabilité, à défaut de liberté, financière d’auteurisme bon teint, demandez à Altman ( Fool for Love 1985), Cassavetes ( Love Streams , 1984), Godard ( King Lear , 1987), Schroeder ( Barfly , 1987). Runaway Train (1985) ou la correspondance, judiciaire, ferroviaire, de L’Empereur du Nord (Aldrich, 1973) pour L’Évadé d’Alcatraz (Siegel, 1979), Voight & Ryan substitués à Marvin & Borgnine, Eastwood & McGoohan ? Oui et non, car une femme fait partie ...

La Cité des morts : The Witch

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Sauvez la sorcière, miserait Michelet – perforez la jeune première, propose Moxey… Sorti en 1960 avant Le Masque du démon , Le Village des damnés et Psychose (incontournable trinité), La Cité des morts partage avec ses parfaits contemporains des éléments évidents : la sorcellerie (à travers les âges, rajoute le sulfureux Benjamin Christensen), la communauté (maudite), la disparition (intempestive de l’héroïne). Comme Marion Crane, Nan Barlow roule vers sa mort et la trouve dans un motel (la version américaine, expurgée du prologue, s’intitule d’ailleurs Horror Hotel ), plus précisément dans une auberge nommée en clin d’œil au corbeau de Poe (Raven’s Inn). Le (tout premier) film de John (Llewellyn) Moxey, monteur de formation, documentariste d’occasion (durant la Seconde Guerre mondiale), bientôt installé à la TV pour y diriger d’innombrables épisodes de Chapeau melon et bottes de cuir , Le Saint , Mission impossible , Mannix , Hawaï police d’État , Kung Fu , Drôles ...

La Griffe de Frankenstein : The Mortal Storm

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre d’Antony Balch. Quintessence de l’humour britannique – Le Sang du vampire ni La Poupée diabolique ne manquaient de drôlerie discrète, certes –, L’Hôpital de l’horreur (titre original préférable) ose même le désopilant, par exemple dans une scène où le nain amène (mémorable Skip Martin), passé de l’autre côté, utilise deux corps assommés par sa mixture aux allures de menthe à l’eau pour atteindre le verrou d’une porte en effet de prison. Balch (caméo barbu initial) ne rechigne pas au burlesque (le nanisme, autrefois forme de freak , avant que le politiquement correct et les bien-pensants Défenseurs de la Dignité Humaine, à des années-lumière d’un Tod Browning, ne s’en préoccupent) mais il se refuse à la pantalonnade et sa comédie horrifique ne succombe jamais au stérile, sinon cynique, second degré, mieux, elle propose une réflexion politique sur les crimes du passé à l’aune supposée émancipée du début de la déc...

La Tour du diable : Le Phare du bout du monde

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Jim O’Connolly. Ces malédictions, ces blasphèmes, ces plaintes, Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces Te Deum , Sont un écho redit par mille labyrinthes ; C’est pour les cœurs mortels un divin opium ! Baudelaire, Les Phares , Les Fleurs du mal « Masturbation is so boring » affirme Nora, femme estampillée libérée de 1972, cougar avant l’heure, membre d’un quatuor de scientifiques échangistes. Ennuyeux, l’onanisme ? Cela reste à prouver, cela fait sourire (ah, l’humour britannique des joutes féminines verbales et vulgaires), surtout que le métrage exhumé désintéresse assez, amuse par indulgence. Pur (impur au niveau des intentions) produit d’exploitation à la con, Tower of Evil (le mal ? Le mâle) donne le ton (la caméra tourne en rond, littéralement) dès son générique, prend de la hauteur au-dessus de son phare phallique (maquette proprette), annonce la coul...