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Affichage des articles associés au libellé Don Chaffey

Le Gosse à Colossa

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  Exils # 187 (13/04/2026) Le Septième Voyage de Sinbad (Juran, 1958) met en images et en animation image par image des éléments des Mille et Une Nuits , surtout se soucie de la mélancolie du (petit) génie, de sa solitude aussi. L’ Ecclésiaste et Montherlant s’aventuraient dans une ville au gamin roi ou prince ; Harryhausen et le scribe Ken Kolb associent la magie blanche à l’enfance, puissance altruiste et protectrice hélas asservie au creux malheureux d’une lampe, attribuent la magie noire à un émule de Yul (Brynner), en habits de nuit et en exil, cupide et machiavélique (strabisme en rime au borgne cyclope). La mise en abyme intime se lit de manière explicite, lorsque le matois Sokurah donne vie démunie d’esprit au squelette accompagné de castagnettes. L’étonnante tristesse du gosse à Colossa, île plus monstrueuse que mystérieuse, virez Verne, dotée d’une insularité au carré, géographique et psychologique, fait du film un exercice de style où il s’agit en fait de fonder une ...

Couronne ou Caroline

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  Exils # 181 (17/03/2026) Un p’tit truc en plus multiplie les « putain » ; Le Voyage fantastique de Sinbad (1973) accumule les « Allah ». Cet islam de nocturne conte oriental arbore des Arabes aux yeux bleus. Le féminisme s’y affiche, affranchissement confiant, traversée partagée du tumulte occulte, in extremis mariage à l’écart du pouvoir, puisqu’un « roi jamais libre » en définitive, a fortiori d’épouser celle qu’il « prend plaisir (réciproque) à regarder ». Il convient d’ajouter que le voyageur et « voleur » conquiert le cœur (et le corps, et quel corps) de Caroline, qui relativise (dévitalise) toutes les connes couronnes. « La magie purge l’âme » mais l’amour aussi, sorcellerie laïque à laquelle le souple couple Law & Munro confère sans forcer un romantisme pragmatique, physique, mâtiné de respect, humoristique « s’il te plaît ». L’œil peint sur la paume de Margiana, trois ans avant Sur le glo...

Game (to redisc)over

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  Exils # 151 (16/12/2025) Redécouvrir WarGames (Badham, 1983) en 2025 finissante, sinon inquiétante, possède un certain piquant et démontre deux choses : 1) John Hughes dut le voir avant de réfléchir à l’hédoniste effronté de La Folle Journée de Ferris Bueller (1986) ; 2) en dépit d’un catalogue – j’allais écrire arsenal, terme très connoté – technologique déjà dépassé, le conte moral conserve son actualité. La bataille finale de tartes à la crème (coupée au montage, dommage) de Kubrick & Southern ( Docteur Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe , 1964) ? L’ordinateur placide et néanmoins homicide de Clarke & Kubrick ( 2001, l’Odyssée de l’espace , 1968) ? Le cinéaste et les scénaristes ne s’en soucient, délaissent au tandem d’illustres ancêtres la satire en situation et l’ironie d’anticipation. Ils s’intéressent au « réel », au jeu sérieux, à ce qui les différencient, cf. l’épiphanie collective de...

Jetons et Dragons

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  Exils # 147 (04/12/2025) On se doute de la tête des cadres de Disney à la projo privée, surtout la scène du pied princier, par la bête bien bouffé. On entend itou parler de virginité, on entrevoit sous l’eau une nageuse nue : Le Dragon du lac de feu (Robbins, 1981) s’inscrit ainsi dans le sillage de longs métrages disons adultes, au modéré tumulte, à l’instar du Trou noir (Nelson, 1979), des Yeux de la forêt (Hough, 1980), de La Foire des ténèbres (Clayton, 1983). Si le périple initiatique, à grande lance fissa phallique, dont le nom duplique le titre d’origine ( Dragonslayer , Buffy opine), réutilise une ressassée structure mythique ; si la créature en question, détruite en définitive via un « sorcier en apprentissage » (cf. Fantasia , 1940), avec le concours de son mentor déjà mort ( Sir Ralph Richardson cachetonne, ressuscite le Moïse de DeMille) et d’une chouette amulette, procède d’un bestiaire culturel et religieux fameux ; si l’issue ne sem...

Evil Dead 3 : L’Armée des Ténèbres : Necronomicon

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Ulysse discount , retour à rebours… À la mémoire de Honor Blackman (1925-2020) Pour mon frère Un film s’identifie (de) lui-même : l’arythmie et la schizophrénie de Evil Dead 3 : L’Armée des Ténèbres (Sam Raimi, 1992) se manifestent dès le tout premier plan, enlisement de lent commencement, ensuite durant la scène du drolatique et multiple dédoublement, à base de miroir bien sûr brisé, guère à la Gulliver, quoique. Tout cela rappelle Superman 3 (Richard Lester, 1983), autre ratage d’un autre âge, dans lequel, intéressant scandale, à la Jekyll & Hyde, Clark Kent, exposé à de la kryptonite trafiquée, se divisait, s’auto-affrontait, au creux d’une casse dégueulasse, symbolique cimetière du rêve américain motorisé. Tandis que le messie US faisait mumuse avec l’égoïsme, l’infantilisme, l’alcoolisme, accessoirement la libido , la dépression et la culpabilité, en oubliait de se raser, mince, Ash Williams effectue un parcours contraire : certes solitaire, caract...

Le Choc des Titans : La Gorgone

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Désincarcérer le Kraken ? Se réjouir avant de mourir…      Au fellinien Michel Feur, mon Charon The stars line up The stars line up for us tonight The stars line up The stars line up tonight to see To see who we are baby Let’s write our names High up inside the sky Marianne Faithfull Lui-même fabricant barthésien de mythes contemporains, le cinéma ne pouvait pas se passer de la mythologie antique, réservoir culturel de récits matriciels remplis de sang, de sueur, de sperme et de larmes, à l’instar de la Bible, similaire fournisseuse a fortiori morale, sinon moralisatrice, d’histoires sensationnelles pour scénariste stérile. Le Choc des Titans (Desmond Davis, 1981) illustre celle de Persée, abandonné à sa naissance tel un certain Moïse, sa mère en détresse exilée sur la mer mauvaise par son grand-père vénère au creux d’un cercueil de saison, de flottaison, la pauvre Danaé ainsi punie par son piètre papounet, promis au rapide trépas...