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Affichage des articles associés au libellé John G. Avildsen

Sang neuf et Ciné ancien

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  Exils # 105 (24/04/2025) Récit d’apprentissage, à base de bizutage et de dépucelage, de dommages et d’hommages, Youngblood (Markle, 1986) ne change le schéma de ce cinéma-là, en surface sportif, en profondeur éducatif, respecte donc la structure (é)vocation/confrontation/consécration, celle idem de la comédie musicale. Mais sa trame mélange film d’adolescent, comédie romantique et mélodrame, invite l’individuel au cœur du collectif. Tout ceci suffit à en faire un film politique, en tout cas davantage que d’autres qui en revendiquent le galvaudé titre, assorti de surcroît d’une réflexion en action sur la dynamique des sexes, ses forces et ses faiblesses. Dix-sept ans et toutes ses dents, jusqu’à ce qu’il en perde une en coda, autographes de gosses à signer, baiser de la bien-aimée à différer, pourvu d’un patronyme explicite, symbolique, le délicat et déterminé Dean quitte la ferme de ses frère et papa, sise au Minnesota, direction, via un spectaculaire pont, le hockey au Can...

En corps

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  Un métrage, une image : Full Contact (1990) Aimable mélodrame, Full Contact fonctionne au combat clandestin, à l’encontre, à la rencontre, du destin. Si l’issue du fight ultime, ensuite la fin du film, démonstration dédoublée de magnanimité méritée, n’entendent surprendre, l’ item trentenaire, populaire, indépendant, étonne autrement. Au-delà d’être un évident véhicule pour Van Damme, qui ne conduit, qui coécrit/chorégraphie, il s’agit aussi d’une vraie-fausse autobiographie, d’une fable familiale, d’un portrait paupérisé du « pays des opportunités ». Deux années après la satire lucide, à domicile, de Invasion Los Angeles (Carpenter, 1988), Lionheart , titre explicite, Kate Bush l’adore, d’accord, se place parmi une perspective marxiste, se rapproche des cloches, met à l’honneur un tendre déserteur, une esseulée belle-sœur, met en vedette des êtres honnêtes, cabossés au propre et au figuré. Ni Rocky (Avildsen, 1976), ni Fight Club (Fincher, 1999), sus au sentimenta...

Deux filles au tapis

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  Un métrage, une image : Stiff Competition (1984) « Est-ce que sucer, c’est tromper ? » demandait jadis Thierry Ardisson, à la TV, à ses invité(e)s. Stiff Competition répond que non, que les sentiments des amants excèdent le sperme, que la vraie victoire revient à se débarrasser du doute, du deal d’entourloupe, avouer à celui qui lui procura, au moins le temps de l’entraînement, la sensation d’être la meilleure, en sus d’un certain bonheur, qu’elle l’aima pour cela, l’ultime pipe le lui prouvera. Plumard, panard, braquemard, comme bon vous semble de trouver l’ensemble dégueulasse – soudain, un instant de grâce, lorsque le coach ôte de la caboche de sa sportive en définitive fidèle, peu rebelle, le chapeau noir, ah, allez savoir, allez y voir. Le ciné classé X, je le dis, je le redis, hier et aujourd’hui, représente un empire de la tristesse, l’explorateur sans peur peut pourtant y apprécier aussi de la tendresse, de la liesse. Réussite explicite du ciné...

Soigne ta droite

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  Un métrage, une image : Gipsy Queen (2019) Enfant je m’endormais sur des K.O. de rêve Et c’est moi qu’on soutient et c’est moi qu’on soulève Et voici les vestiaires on débande mes mains Kid Marin vient me voir ça ira mieux demain Claude Nougaro, Quatre boules de cuir Dans Blonde Vénus (Sternberg, 1932), Dietrich se déguisait en gorille ; ici aussi, une autre étrangère se masque, se démasque, en sueur, essoufflée, via le vénère adversaire sonnée, enlacée, tu viens de péter les dents de mon copain, putain, lui-même imbibée Blanche-Neige, instant de sidération, ensuite de consécration. Auparavant, le proprio un peu alcoolo du Caveau, du combat autrefois truqué, du rêve depuis cassé, aujourd’hui, voici Ali, ragaillardi, le bien nommé tombeau, hambourgeois, point hindou, attribuait le rôle du « Congo » à un Noir furibard, idée en effet très « impolitiquement correcte », racisme festif, différencié du harcèlement filmé subi par son in...

Too Naughty to Say No + Trashy Lady : Initiation perverse

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  Pédagogie adulte, témoignage de tumulte… Voici à nouveau du X narratif, selon des contes d’éducation pas si concons. Si Trashy Lady (Scott, 1985) relit/renverse My Fair Lady (Cukor, 1964), donc Pygmalion de Shaw, Too Naughty to Say No (Knipe, 1985) dialogue à distance avec Alice in Wonderland: An X-Rated Musical Fantasy (Townsend, 1976), lui-même inspiré par Les Aventures d’Alice au pays des merveilles de Carroll. Croque-mort nécrophile du second, l’estimable Harry Reems ( Gorge profonde , Damiano, 1972) rempile en gangster esseulé du premier. Épris d’une petite provinciale très jolie, trop polie, pendant la période de la prohibition, il va fissa la transformer, escorté de la coriace souris de son meilleur et emprisonné ennemi, en disons dame infâme, gare à la réputation à l’approche de la libération. Tourné en deux jours et demi, sans permis, Trashy Lady , assez soigné, plutôt impersonnel, manque de rythme, congédie toute misogynie, permet de retrouver Cara Lott (...

Docteur T et les Femmes

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  Un métrage, une image : Le Cas du docteur Laurent (1957) Quarante-deux ans avant Romance (Breillat, 1999), voici donc un véritable accouchement ; trente-et-un an avant Faux-semblants (Cronenberg, 1988), Gabin joue déjà au gynéco (d’occasion). Ni Pagnol ( La Fille du puisatier , 1940) ni Duvivier ( Le Petit Monde de don Camillo , 1952), même en tandem avec Barjavel, Le Chanois ( Les Misérables , 1958) s’avère vite un artisan transparent se reposant sur son casting choral excellent et sur l’éclairé talent d’Alekan, DP illustre rebaptisé « directeur des prises de vues ». Au creux accentué d’une vallée évidemment vaginale, on assiste, séduit en sourdine, à une petite leçon d’obstétrique « psychoprophylactique », de soft féminisme sudiste, de déontologie jolie. Du cas de Catherine, Miss Monfort serre son gilet très fort, à celui de Francine, l’élève Nicole Courcel (ne) se rebelle, le médecin parisien, pourtant jamais « malsain », co...

Over the Top : Aigle de fer

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Routier sympa, pneu à plat… Pour mes parents Over the Top (Menahem Golan, 1987) possède une réputation médiocre, euphémisme diplomatique, néanmoins, malgré ses limites manifestes, cet aimable mélodrame maternel-masculin ne mérite point d’être massacré, en tout cas pas par moi, même emmuré à cause du maudit corona . Commencé sur une route en lacet survolée en hélicoptère, sur un sourire de l’esseulé Sylvester, il se termine idem , précédé par une étreinte en public, chic. Entre ces deux instants, plusieurs (me) paraissent intéressants, sur plusieurs plans. Filmé avec un professionnalisme impersonnel par l’estimable Menahem, à/pour l’occasion producteur devenu réalisateur, Over the Top en effet dépeint un portrait pertinent de son principal interprète, ici en sus co-scénariste, esquisse un instantané du ciné US, c’est-à-dire de la psyché étasunienne alors sous mandature reaganienne, dresse en outre une surprenante dystopie sexuée, je vais tout vous expliquer. Père parti, ...

Rocky + Rocky II : La Solitude du coureur de fond

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La force de Forrest ? Les cris de Rocky… En 1976, Rocky court en solo et s’entraîne en trio, en montage alterné, signé des oscarisés Scott Conrad & Richard Halsey, soutenu par un assistant, encouragé par l’incontournable Mickey. Sur une Philadelphie industrielle, en effet « fraternelle », devise de la ville, notez le fruit lancé à la volée, en plan rapproché, durant la traversée du marché, le jour se lève et la séquence s’achève à l’unisson, par une ascension, celle des marches d’un musée d’art, Sylvester Stallone escorté par le steadicam en apesanteur du quasiment débutant Garrett Brown. Auparavant, en compagnie du réalisme idoine du directeur de la photographie James Crabe, notre boxeur au grand cœur parcourt en panoramique un paysage de terrain vague, d’urbain métro aérien, se muscle avec des briques, suit une voie ferrée sur fond   d’usine. En travelling arrière, il ne s’attarde point entre les poubelles, afin de se réchauffer aux braseros, de sal...

Rambo : Le Vagabond

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Prendre les armes, fondre en larmes, exécuter un programme ou rendre l’âme. Pour mon propre père « Retour du refoulé », vietnamien à défaut d’être freudien ? Bien sûr, davantage : retour du fils prodigue, dans un éden déserté, endeuillé, retour d’entre les morts, qui le hantent encore, ce christ fissa refoulé par les flics, purifié à la dure, en parodie impitoyable du baptême. Ici, les cicatrices s’interprètent en stigmates ; ici, un policier provincial, rural, brutal, excellent Brian Dennehy, prend des allures de Ponce Pilate luciférien ; ici, David Caruso, sans lunettes, devient le rouquin témoin des humiliations de saison, des traitements indécents, prodigués par de sadiques et piètres et joyeux agents. Chasseur de cerf à la Robert De Niro ( Voyage au bout de l’enfer , Michael Cimino, 1978), fugitif forestier, accompagné par les percussions puissantes de Jerry Goldsmith, modèle non officiel du Motorcycle Boy de Rusty James (Francis Ford C...

A Scene at the Sea : Big Wednesday

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Suite à son visionnage sur la chaîne d’ARTE, retour sur le titre de Takeshi Kitano. Oh Johnny Jane Un autre camion à benne Te transportera de bonheur en bonheur sous les cieux limpides Jane Birkin Exeunt les gangsters , voici les surfeurs : derrière un titre pictural, un film impressionniste, sorte de beau brouillon à Hana-bi (1997), achevé au même endroit, sur une plage au sable au goût de cendre. En surface, l’argument ressemble à celui de Rocky (Avildsen, 1976), prolétariat + championnat, mais contrairement à Balboa, Shigeru ne connaîtra pas la double acmé de remporter son combat, de serrer dans ses bras son Adrienne « handicapée » à lui. Cette silhouette sans passé, sans avenir, à peine au présent, à peine personnage, privée de parole et d’oreille, porte à son plus haut point le mutisme et l’immobilisme des incarnations de l’acteur-réalisateur. Camusien, presque christique, cf. le couple masculin drolatique des disciples, l’éboueur s’évapore d...

Cobra : Ingrid sulla strada

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Venin étasunien, antidote danois... C’était deux police blacks Qui pratiquaient le slang Ainsi que le colt cobra Serge Gainsbourg Rambo: Last Blood (Grunberg, 2019) sortira en septembre mais, a contrario de Balboa, Cobretti ne reviendra pas. Film orphelin, film écourté, à succès, film détesté ou adulé, Cobra (Cosmatos, 1986) (re)présente pourtant un (passage) personnage important pour comprendre la persona (l’esprit) de Sylvester Stallone. L’acteur, en partie réalisateur, fait davantage qu’adapter (trahir) un bouquin de Paula Gosling : pour résumer, il retravaille (des motifs) et (se) rhabille (sa musculature). Outre impliquer la Warner, inclure au casting Andrew Robinson & Reni Santoni, Cobra relit L’Inspecteur Harry (Siegel, 1971), Magnum Force (Post, 1973) et L’Épreuve de force (Eastwood, 1977), adresse des clins d’œil à Shining (Kubrick, 1980), aux Griffes de la nuit (Craven, 1984), à Police fédérale Los Angeles (Friedkin, 1985) et à... Rambo:...