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Affichage des articles associés au libellé Frank Perry

De l’unité à l’union

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  Exils # 4 (02/07/2023) Moretti cite ici Demy & Fellini, explique Kieślowski, vante les Taviani, contredit (à tort) Cassavetes, « beau » et pseudo-porté sur l’impro, pratique la piscine tel Lancaster ( The Swimmer , Perry, 1968), imite même Brando KO sur un bureau ( La Poursuite impitoyable , Penn, 1966). Il refuse de finir le « film dans le film » sur un suicide, en dépit d’une corde au cou de célèbre studio, n’en déplaise à Pavese, élit plutôt Calvino, et achève l’œuvre élégante, émouvante, gentiment gérontophile, cf. les sentiments (pas tant) surprenants de l’actrice et de la fifille, la première un peu rebelle, la seconde un peu musicienne, en relisant et remarchant le fameux défilé par « Charlot » épousé à l’insu de son plein gré ( Les Temps modernes , Chaplin, 1936). Chez Poudovkine, une autre mère que celle du cinéphile candidat coco portait l’écarlate drapeau, succombait aussitôt, « mia madre » de 1926 terrassée par la charge ts...

Così fan tutte

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  Un métrage, une image : La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil (1970) Samantha Eggar s’égare, Stéphane Audran descend son amant, Oliver Reed déprime : l’ultime film de Litvak s’avère un road movie dédoublé, inversé, où deux dames dissemblables prennent la même (auto)route de déroute. Trois années après l’enquête et l’obscurité de La Nuit des généraux (1967), le cinéaste cosmopolite s’aère au soleil, fait s’affronter le couple de compatriotes de Chromosome 3 (Cronenberg, 1979). Au terme d’une première décennie, sur le seuil d’une seconde, l’ opus pépère, pas une seconde révolutionnaire, daté, d’époque, cf. son générique psyché, pop , affiche un filigrane féministe, puisque Dany & Anita agissent, sévissent, puisque Michel & Philippe réagissent, subissent. L’impuissance de l’épilogue peut frustrer une certaine masculinité, mais le deus ex machina des bulletins de salaire similaires impose la primauté du supposé « deuxième sexe » et développe l...

Doc Holliday : L’Adieu aux armes

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Une femme, deux hommes, l’ordre (de l’Ouest) et la morale (des individus), plusieurs fusils mais aucune bible : comment se soigner, si la vie s’apparente à une maladie, en écho aux derniers mots de Nietzsche ? Un western triste et  gay  (pléonasme, d’après Brigitte Lahaie), dans le sillage de  La Rivière rouge  ou de  L’Homme aux colts d’or  ; le portrait d'un homme blessé (tendance Chéreau) et d'un triangle amoureux (tendance Truffaut) ; une œuvre tendre, aride et mortifère ; une fable identitaire et une étude de mœurs ; la chronique d'une mort annoncée, la naissance (reconstituée, par conséquent fictive) d'une nation dans le mensonge et la violence ; une robe rouge, une autre blanche, une valse fugace pleine de grâce (due au grand Jimmy Webb) et une photographie bicolore aux allures de faire-part de décès ; une prostituée (de mère en fille) qui se voudrait maman, sinon bourgeoise (Ferrara associera les deux, après Eustache, dans un clip pou...