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Affichage des articles associés au libellé Spike Lee

Fantôme avec chauffeur

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  Un métrage, une image : Le Manoir hanté (1920) Des spectres, des nègres ? Spook désigne les deux, tant pis, tant mieux, mais en dépit de son titre à double sens, Haunted Spooks ne vise l’ambivalence, c’est-à-dire divertir avec le pire. Le racisme, personne ici ne s’en soucie, moins encore d’en commettre l’apologie. Certes, la crédulité instantanée, les jambes qui tremblent, les domestiques qui déguerpissent, le gosse aussitôt albinos, à face blanche, farine en prime, renversement du fameux noircissement, blackface balèze, du cinéma de ces années-là, on renvoie vers Le Chanteur de jazz (Crosland, 1927), dommage, tout ceci risque d’irriter certaines modernes sensibilités, ne plaira, n’en doutons pas, ni à Spike Lee ni à Jordan Peele. Pourtant, rien de révoltant, plutôt la prise en compte du présent d’antan, surtout sudiste, a fortiori le long du Mississippi, pays de possessions, sens duel, de plantations, de récente servitude, d’inconsciente négritude. S’il util...

Cotton Club

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  Un métrage, une image : Le Casse de l’oncle Tom (1970) Exécuté par l’expéditif Vincent Canby – «  Cotton Comes to Harlem is a conventional white movie that employs some terrible white stereotypes of black life » –, Le Casse de l’oncle Tom , dénomination davantage que traduction malicieuse et astucieuse, ne constitue certes une sorte de Citizen Kane (Orson Welles, 1941) délocalisé du côté de Harlem, mais non plus ne se réduit à un non-film assimilable à de la sociologie, tant pis pour Canby. Acteur chez Sidney Lumet ( La Colline des hommes perdus , 1965), Sydney Pollack ( Les Chasseurs de scalps , 1968), Spike Lee ( Do the Right Thing , 1989) ou Don Coscarelli ( Bubba Ho-tep , 2002), par ailleurs célèbre et célébré défenseur des « droits civiques », Ossie Davis décide à la cinquantaine de passer de l’autre côté de la caméra, de transformer le roman homonyme de Chester Himes, paru cinq ans auparavant, en métrage de cinéma. Tourné in situ , réhabili...

Discount

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  Un métrage, une image : Intruder (1989) Unité de temps, de lieu, d’action et toutefois nulle tragédie à l’horizon ; huis clos de supermarché, où se faire subito presto dessouder, mais le Romero anticonsumériste de Zombie (1978) dormait sur ses deux oreilles et dans son lit. Ami de Sam Raimi, avec son frérot ici en court catimini, scénariste de Evil Dead 2 (1987) et La Relève (Eastwood, 1990), producteur pour Roth l’exécuteur ( Hostel + Hostel, chapitre II , 2005-2006), Scott Spiegel affiche un slasher à la truelle, presque à la poubelle, où Bruce Campbell & Greg Nicotero accomplissent des caméos, où la fifille de Martin Sheen trépasse la première, où Lawrence Bender, régulier partenaire financier, bientôt, d’un certain Quentin Tarantino, joue de police les officiers. Résumons la situation, tournée sur place, faisant du surplace : les employés concernés, consternés, d’abord licenciés, se voient vite et à la suite envoyés ad patres plutôt qu’au Pôle em...

La Couleur de l’argent

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  Un métrage, une image : Soul Man (1986) Ce téléfilm infime demeure donc d’actualité, dans notre désolante modernité, au milieu du mouvement Black Lives Matter, au côté de la franco-française « non-mixité ». Écrit par Carol Black la bien nommée, scénariste cependant blanche, au vu du contexte, il convient pourtant de le préciser, Soul Man connut le succès, consterna un certain Spike Lee, tant mieux, tant pis, irrita là-bas quelques antiracistes, souvent aussi vifs que leurs adversaires vénères pour racialiser la moindre relation (ou production), certes pas pour les mêmes raisons. Découvert hier, l’ item de Miner, par ailleurs réalisateur de House (1985), (re)lisez-moi ou pas, traite justement des « relations interraciales », idiotisme américain à faire fissa frémir les républicains « bon teint », aussi « niche » presque « progressiste » du X, et le couple de ciné, puis en privé, de Rae Dawn Chong & C. Thomas Howell...

Un vampire à Brooklyn : Max mon amour

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Mélange médiocre ? Leçon d’identification.  Une œuvre « véhicule » pour Murphy, avant La Musique de mon cœur (1999) composé pour Meryl Streep ? Une comédie horrifique dans le sillage sarcastique de Freddy sort de la nuit (1994), en présage de mauvais voisinage à Scream (1996), diptyque méta ? Oui-da, mais surtout le dernier volet d’une trilogie apocryphe consacrée à la « question noire », motif constitutif de la psyché US, de son imagerie cinématographique, depuis Naissance d’une nation (Griffith, 1915) jusqu’aux récents Black Panther (Coogler, 2018) et BlacKkKlansman (Lee, idem ). Dans L’Emprise des ténèbres (1988), Craven visitait Haïti sous Duvalier ; dans Le Sous-sol de la peur (1991), il accompagnait à L.A. un petit cambrioleur « de couleur ». Ici, notre estimable cinéaste, souvent lucide observateur avéré de sa contrée, se déplace au milieu de la Grosse Pomme, sur les traces guère dégueulasses d’un Dracula des...