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Affichage des articles associés au libellé Claude Miller

Un secret à croquer

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  Exils # 182 (19/03/2026) Badalamenti au générique, une Amérique historique et satirique, un placard ajouré piqué à Blue Velvet (1987) et une (a)normalité tourmentée : Parents (1989) ressemble en surface à un film de Lynch, mais il s’apparente en profondeur à Miller ( La Classe de neige , 1998). Prisonnier du célèbre « cauchemar climatisé », ce Petit Poucet made in USA fait les siens, fait des siennes, préfère se coucher que toucher aux repas carnés, cuisinés jusqu’à la nausée, servis à satiété. Si une saucisse paraît s’enrouler autour de son cou tel un serpent, son lit soudain se transforme en mare de sang, tandis que le même liquide dégouline illico d’un frigo. Quant à la cave, espace obscur à la clarté symbolique, les psychanalystes ne le contredisent, elle rappelle celle de La Nuit du chasseur (1955), autre conte d’ Americana , d’enfance en fuite, de survie pervertie. Michael porte le prénom d’un tueur de dragon, terrasse à sa manière incendiaire l’ogre ...

Eux deux

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  Exils # 163 (29/01/2026) Trois années après l’essai à succès de Marie-France Hirigoyen, Philippe Le Guay se soucie à son tour de « harcèlement moral » et de « violence perverse au quotidien ». Vingt ans plus tard, il livrera le dispensable L’Homme de la cave (2021), autre film de conflit à l’architecture symbolique, cette fois-ci sur fond d’antisémitisme et de conspirationnisme. Dédié à son papounet, tourné en partie in situ , c’est-à-dire dans l’usine Saint-Gobain à Chalon, établissement bien sûr remercié au générique, Trois huit (2001) ressemble à un mélange de La Meilleure Façon de marcher (Miller, 1976) et Ressources humaines (Cantet, 1999), avec un doigt du Droit du plus fort (Fassbinder, 1975), un zeste du Voleur de bicyclette (De Sica, 1948), De manière explicite, Pierre commence donc à travailler de nuit, va devoir découvrir une double et redoutable obscurité, la sienne et surtout celle d’autrui. L’ouvrier vite adopté, cuisinier acclamé, becaus...

Message personnel

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  CD de Circé ? Chiens loin des Deschiens… Écoute ceci, peuple insensé, et qui n’as point de cœur ! Ils ont des yeux et ne voient point. Ils ont des oreilles et n’entendent point. Jérémie 5 : 21 « Disponible dès le 22 septembre sur toutes les plateformes de streaming », avis aux aventuriers, Tu t’appelles comment comporte donc « 14 titres façon livre audio, collages, ambiance, philosophie de la vie et monologues », se décrit en « dialogue entre poésie et matières », ma chère. La petite Lili, pas celle de Miller, le bienveillant Brieuc, se répartissent les tâches sans outrages : à la muse insoumise la « voix » et le « texte », à l’artiste multiple la « production » et les « arrangements ». Fruit d’une décennie de « nuits de poésie », de voyages virtuels et réels de la Germanie vers l’Occitanie, le projet s’apparente à du pudique « strip tease », la pythie sudiste « ...

L’Innocent

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  Un métrage, une image : L’Assassin (1961) Comédie noire à multiples miroirs, le premier opus de Petri, par le maestro Marcello et l’irrésistible Micheline porté en partie, ne se place pas, n’en déplaise au cinéaste, sous le signe de Kafka, ni celui d’Antonioni, se termine sur des larmes masculines, à l’instar de La strada (Fellini, 1954), s’affirme in extremis un mélodrame maternel quasi à la Camus, surtout si l’on si sait que Mastroianni, flanqué de son monteur de frère, incarna selon Visconti L’Étranger (1967) a priori raté. On sourit souvent en découvrant ce film bref, restauré, en français, tout sauf mal doublé, appréciable essai d’accent sicilien des condés du matin, ce qui procure en plus le plaisir de savourer la vraie voix de Mademoiselle Presle, cougar mécène. Elio et ses célèbres scénaristes – Pasquale Festa Campanile, Massimo Franciosa, Tonino Guerra – portraiturent sans rature un « égoïste » assorti d’un « cynique », un « hom...

Un roman russe

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  No future ni culture, nul amour ni beaux jours, loin de Saint-Pétersbourg…    Les donneurs de leçons à la con, pléonasme, camarade, amnésiques, pathétiques, pseudo-démocratiques, censurent en sus les artistes et les sportifs issus de Russie ? Raison supplémentaire, Lara ma chère, pour découvrir l’ouvrage de Berberova, chouchoute d’Actes Sud, jadis adaptée une fois au cinéma, da, puisque Miller mit en images L’Accompagnatrice (1992). Le Laquais et la Putain démarre dare-dare, l’on se dit qu’il ne saurait durer ainsi, malgré sa brièveté. En effet, une fois arrivé puis installé à Paris, le récit ralentit, se soucie d’esquisser une stase, un enlisement, virant évidemment vers un définitif dénouement. Dès l’instant où l’anti-héroïne se met à lire, de la presse, du pire, à dévorer, se délecter, de la rubrique cathartique et suicidaire des faits divers, on devine vite comment tout cela finira, avec ou sans vodka. Il ne s’agit pas seulement de dégoter des idées sur l...

Clair de femme : Schneider dead and alive

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  Muse soumise, victime ultime ? Actrice active, citoyenne lucide… Mère célèbre, à sympathies nazies, merci Sissi, trois, ça (lui) suffit, (dé)liaisons à répétition, Buchholz, Evans, Ganz, Dutronc, Trintignant, dévotion + abandon = Delon, cassé contrat à la Columbia, fiasco avec (l’infernal) Clouzot, dépression post -épuisement, l’important c’est d’aimer, l’important c’est de se ménager, diverses addictions, avérées ou non, divorce amer, ancien mari suicidaire, vraie fausse couche, césarienne maousse, puis Biasini, épousé, séparé, néphrologie pas jolie, atroce accident de l’adoré adolescent, mort qui interroge encore, sépulture (un peu) profanée, (insipide) biopic de 2018 (beaucoup) alcoolisé : le passage sur Terre de Romy Schneider procède du mélodrame, propice au dolorisme, mais la femme (parfois in)fréquentable, l’actrice Eurydice, pléonasme programme d’art funéraire, il faut s’y faire, méritent mieux que les larmes commerciales de biographies refroidies. Romy, rédu...

Charade : De la part des copains

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  De Regina Lampert à Regan MacNeil… Générique géométrique, où le title designer Maurice Binder singe le Saul Bass de Sueurs froides (1958), La Mort aux trousses (1959), Psychose (1960) ; gosse en otage, salle de spectacle et pistolet (à eau) en écho à L’Homme qui en savait trop (1956) ; pont pareillement sexuel que le tunnel de North by Northwest  ; soupçon à la Soupçons (1941) ; suspension façon Sueurs froides , bis  ; voleur volé à La Main au collet (1955) et, last but not least , timbres édités à l’occasion d’une « commémoration de la princesse Grace », hélas : en dépit des clins d’œil adressés à Sir Alfred, rien de moins hitchcockien que ce récit riquiqui, de rigolo quiproquo , de gros magot, co-concoté par Marc Behm, la plume de La Reine de la nuit et Mortelle Randonnée , faut-il le rappeler, démontrant qu’avant, le franc valait davantage que le dollar , quel désespoir. Film à la fois fade et affable, Charade (1963) se so...

Vices et Caprices

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  Un métrage, une image : Villa Caprice (2020) Stora assista Melville, mais jamais il ne lui « arrivera à la cheville », surtout pas via ce téléfilm anémique, aux production values estivales, les « déconfinés » en raffolent. Vrai-faux remake du duel idem venimeux et à moitié homo de  Plein soleil (Clément, 1960), Villa Caprice carbure donc à la malice, aux multiples machinations à la con. Déguisé en thriller judiciaire, il s’agit d’un mélodrame au masculin, parce que le vaut bien l’avocat « diva », amateur de Mozart, avide de voile, aux honoraires « obscènes », au « paternel, dabe, daron » reclus, simple huissier « un vieillard aigri et borné » devenu, qui fait aboyer Fort Boyard , qui ne supporte le cigare, en plus sa « gardeuse » de « négresse » empeste ! Comme il le confie à sa collègue, aristocratique Claude Perron, durant le décès du pénible papounet hors-champ, il vécut...

La Passante du Sans-Souci : Trois jours à Quiberon

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  Les vandales et le violon, l’indécence de l‘identification… Dans Cet obscur objet du désir (Buñuel, 1977), deux actrices, Carole Bouquet & Ángela Molina, incarnent un seul personnage ; dans La Passante du Sans-Souci (Rouffio, 1982), la même comédienne, Romy Schneider, interprète un double rôle, à la suite de Marie Bell ( Le Grand Jeu , Feyder, 1934) & Kim Novak ( Sueurs froides , Hitchcock, 1958). D’un ouvrage au suivant, il s’agit aussi d’un masculin récit, dont le couple principal décède au final, victime du terrorisme. Quand (feu) Carrière relisait Louÿs, Kirsner retravaille Kessel et son bouquin un brin prophétique. Concrétisé au creux d’un contexte largement documenté , délesté de pitié, puisque constitué d’un divorce, d’une maladie, d’un deuil, épreuves à répétition propices à (re)produire des parallèles à la truelle, entre l’œuvre et la vie, la personne et la persona , l’existence et le cinéma, La Passante du Sans-Souci s’inscrit en sus au sein d’un silla...

Yvette

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  En mémoire de Betty Mars (1944-1989)… Découverte par votre serviteur via Vive la France (1974), dont le documentariste Audiard détournait à dessein son succès Monsieur l’étranger , Betty Mars à l’Eurovision de 1972, alors vêtue d’une robe improbable, les bras en croix, la France représenta, fit quatre fois du cinéma, en Esmeralda chez le Michel supra ( Bons baisers… à lundi , 1974), en vocal, voire idéal, duplicata du Piaf (1974) de Guy Casaril, petit biopic passé à la trappe, pourtant écrit par le romancier Marc Behm, pas encore adapté par Audiard père & fils pour le Claude Miller de Mortelle randonnée (1983), où la rarissime Brigitte Ariel en douce elle doubla, en séduite lesbienne du Émilienne (1975) dû au même, méconnu ménage et mariage à trois, chez Lelouch à l’occasion de Si c’était à refaire (1976), thème idem de Barouh & Lai partagé avec Françoise Hardy, oui-da, par la danse, le cirque, la revue débuta, dans des cabarets chanta, un disque dédié à la Ré...

Supercondriaque

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  Un métrage, une image : Chaussette surprise (1978) Merci à Jacqueline Waechter « C’est trois couples qui ont un accident de voiture dans Paris… » – trois années après l’excellent Exhibition (1975), l’éclectique Davy, pornographe mais pas que(ue), puisque en sus producteur de Miller ( La Meilleure Façon de marcher , 1976), Pollet ( L’Acrobate , idem ) ou Caputo ( L’Exécutrice , 1986), distributeur de Clark ( Another Day in Paradise , 1997) & Koizumi ( Après la pluie , 2000), s’essaie donc à la comédie chorale en compagnie d’un Jean-Claude Carrière encanaillé, allez, remarquez ses caméos au resto, en auto. À l’instar du Trouble-fesses (Foulon, 1976), doté d’un style différent, certes,  Chaussette surprise à son tour portraiture des hommes immatures et des femmes fortes. Face à Rufus, Haller et Le Coq, Anna Karina, Bernadette Lafont et Christine Pascal, trois actrices complices, trois décédées à célébrer, en douceur dessinent un changement de régime, un re...

Hartley, cœurs à vif : Notes sur Nina

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  Californienne fraternelle, fornication à fond… Pensée peinée pour Caroline Cellier (1945-2020) The more I think about sex the better it gets Here we have a purpose in life Good for the blood circulation Good for releasing the tension The root of our reincarnations Kate Bush, Symphony in Blue Une réplique de l’unique Nina, il n’en existe pas. La longévité de Mademoiselle Hartley ainsi raison donnerait à la prophylaxie sexy : baiser à volonté s’avère vraiment sain pour la santé, des organes, mentale… Depuis presque une quarantaine d’années à présent, l’ alias de Marie Louise Hartman tout entend, tout défend, tout entreprend et tout t’apprend. Bien moins éphémère ou suicidaire que la majorité de ses confrères et consœurs de cul et de cœur, cette actrice/réalisatrice classée X finit fissa par devenir figure légendaire, sinon ancêtre tutélaire. La native de Berkeley nonobstant oblitéra sa célèbre université, préféra celle de San Francisco, illico presto s’y di...

Coup de tête : Le Dîner de cons

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    « C’est l’histoire d’un mec » privée de Coluche, remplie de baudruches… Sans atteindre la tension d’un spécialiste appelé Maurice Pialat, qui lui-même ensuite réalisera une autre mémorable scène de repas, vers À nos amours (1983) je vous renvoie, Jean-Jacques Annaud ne démérite pas, loin de là. Moins muette et moralisatrice que son homologue de The Square (Ruben Östlund, 2017), l’humiliation en réunion, tel le viol d’accusation, direction la prison, de Coup de tête (1979) coupe autant l’appétit, craque encore le joli vernis. Pas de Zinedine Zidane à l’horizon, pas de main divinisée à la Diego Maradona décédé, qu’importe, puisque Patrick Dewaere sait cependant y faire, afin de terroriser les discutables notables attablés, atterrés. Bien éclairé par le fidèle DP Claude Agostini, adoubez les bougies bicolores un brin à la Barry Lyndon (Stanley Kubrick, 1975), bientôt au boulot sur Les Compères (1983) de Francis Veber ; bien écrit par ce dernier documenté...