Taxi Téhéran : Permis de tuer
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Jafar Panahi. « Tout film mérite d’être vu » : bien sûr que non, mais celui-ci, oui, car Panahi, dans le sillage de Lounguine ( Taxi Blues ) ou Kiarostami ( Ten ), qu’il assista, signe un périple politique et drolatique, une vivace virée méta autant qu’une amusante mise en abyme. Au cœur de Taxi Téhéran , les caméras règnent, même prises à tort pour un anti-vol. L’accidenté de la route enregistre ses dernières volontés, l’ancien voisin visionne sur tablette étasunienne son agression masquée, en couple, la nièce munie d’un appareil photo japonais immortalise son « tonton chéri », l’avocate évoque une mère amenée dans une salle remplie d’écrans de TV. Quand le réel fait obstacle au « film-réalité » burroughsien du Pouvoir, les fictions fidèles deviennent en effet indiffusables, accusées de « noircissement » dès l’école. La morale des images vaut évidemment en Ira...