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Affichage des articles associés au libellé Mark Rydell

Petite paysanne

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  Exils # 183 (24/03/2026) Souvenirs goutte à goutte (1991) se termine par un faux départ, une marmaille et des retrouvailles, conclusion en chanson, variante locale de la métaphore de The Rose , immortalisée naguère par Bette Midler. Comme jadis Janis Joplin, modèle du Rydell, la benjamine atteint ses vingt-sept ans, au sinistre club homonyme n’appartient cependant. Pas d’alcool, de drogue, de rock’n’roll , surtout de sexe : la vieille fille juvénile affiche une santé, une sociabilité à l’opposé de la chanteuse rocailleuse. Une dizaine de jours de vacances et la revoici au pays de son enfance, à la campagne estivale, solaire et solidaire, après les espaces plus contrastés, les milieux moins apaisés de l’école et de la famille. Au lieu de tenir un micro, la gosse point portée sur les oignons rêve des tréteaux, vocation éphémère vite contrariée par le père, homme en kimono guère rigolo et qui la baffa une seule fois, on (re)pense à Isabelle & Lino fissa ( La Gifle , 19...

Les Choses de la vie : Intersection

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  Absence de ceinture de sécurité, impact décuplé… On le savait avant Deleuze, l’image de ciné, oui ou non sonorisé, manifeste du mouvement, du temps, mais pas seulement, en outre elle rend émouvant le premier, elle développe ou réduit le second en durée. Les métrages se soucient aussi d’espace(s), de paysages, de visages, de carambolages ; ils multiplient en plus les paroles et les points de vue. Tout ceci se discerne, s’étudie, dans une scène célèbre des Choses de la vie (Sautet, 1970). Le même événement, un routier, rural accident, trois véhicules impliquant, s’y déroule à deux reprises, en replay similaire et cependant différencié. Le camionneur magnanime, rétif à charger la victime, concède un « il roulait à sa vitesse », ainsi résume le rythme et affiche le subjectif. En gris, blanc, rouge, remarquez les couleurs des carrosseries, sans feu rouge, surgit une tragédie ressentie au ralenti. Cette leçon de cadrage, de découpage, de montage, de minutage, en sus ...

Remember Me : Dementia 13

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  Elle ne chouine, elle écoute Gershwin et lui ne déprime, la rédime… Pour Jean-Michel, projectionniste analogique puis numérique Il s’agit bien sûr d’un téléfilm, comme disons la désolante majorité des produits du mercredi, affaiblissement-affadissement des formes à l’infini. Et le sujet se caractérise par une sorte d’égoïsme masculin assumé : un « théâtreux » malheureux, désormais démodé, essaie in situ de ranimer la mémoire d’une ancienne comédienne, dorénavant du monde déconnectée, son premier amour pour toujours. Le critique doté de fric ne feint plus la folie tel Hamlet ou Jack Nicholson chez Miloš Forman ( Vol au-dessus d’un nid de coucou , 1975), il simule aussitôt la maladie d’Alzheimer, il espère l’ultime remember du Conte d’hiver , pas celui d’Éric Rohmer (1992), certes. Pour Lily Blanche, tous les jours ressemblent à présent à dimanche, vide intime, à tricoter, à rester muette, hébétée. Autrefois, elle immortalisa Médée, Blanche DuBois, elle se casa, ...

Magic : The Dreamers

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Jamais si bien desservi que par soi-même, dommage pour Goldman… We live, as we dream – alone. Conrad, Heart of Darkness Dans Magic (Richard Attenborough, 1978), on passe de Lenny (Bob Fosse, 1974) à La Maison du lac (Mark Rydell, 1981). Dans Magic , presque rien ne se passe, ni dépasse, on aperçoit, toutefois, le sein droit d’Ann-Margret ( Le Kid de Cincinnati , Norman Jewison, 1965 ou Tommy , Ken Russell, 1975), Burgess Meredith ( Rocky , John G. Avildsen, 1976 ou La Sentinelle des maudits , Michael Winner, 1977) se fait casser la tête par une marionnette et Ed Lauter ( King Kong , John Guillermin ou Complot de famille , Alfred Hitchcock, 1976) poignarder par un pantin, donc double assassin. Dans Magic , Anthony Hopkins pique une crise mutique, devant un pénible public, se réinvente en ventriloque à succès, ensuite exilé du côté des Catskills, monologue molto en mode schizo, une année après l’endeuillé Audrey Rose (Robert Wise, 1977), idem éclairé par Victor J...

Que l’amour : Music of My Life

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« On vit tous en province quand on vit trop longtemps » ? On y (dé)chante aussi. Que l’amour montre en même temps un mystère et une mémoire, celui d’une épiphanie, celle de l’Algérie. « Abdel chante Brel » affirme l’affiche, obligeamment apposée à Alger, alors, par conséquent, on l’entend, on assiste au(x) spectacle(s), auparavant à l’installation, aux répétitions, le principal intéressé entouré de ses potes ou partenaires intéressants, à côté travaillant, comme lui-même, loueur de voitures presque naval, estival, parisien adoptif délocalisé au Pays basque. Ce documentaire dynamique et sincère, jamais angélique ni austère, épouse une courbe bien (re)connue, d’une ascension suivie d’une chute, utilisée à plusieurs reprises par le ciné US fictif, a fortiori psychologique, mis en musique, à dimension (mél)dramatique, remember l’exemplaire The Rose (Mark Rydell, 1979), vrai-faux biopic d’une certaine Janis Joplin. Ce qui devait constituer une sorte de cour...

La Maison du lac : Les Vieux de la vieille

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Mark Rydell. Un jour j’oublierai tout jusqu’à mon nom je saurai simplement Que t’es là que t’es belle que t’es mienne Amir On redoutait le psychodrame, on se fichait, petit effronté, du rififi familial chez les Fonda, on différa le visionnage jusqu’au dernier jour de désamour. En réalité, « Hanoi Jane », actrice anecdotique, incarnation caricaturale de la bien-pensance US, de son hygiénisme maladif, de son féminisme à fessier, fait de la figuration, commet deux caméos en maillot, sorte de Vénus botticellienne relookée par l’aérobic des années 80, chouine un chouïa, aime-moi, Papa. Fleuriste surfait du fané The Rose (1979), Janis Joplin ne jubile, Rydell réalise l’adaptation d’une pièce à succès de Broadway, transposée par le principal intéressé, un dénommé Ernest Thompson, dramaturge trentenaire à tendances gérontophiles, sinon écologiques. Dans le cadre idyllique d’une piaule à « port...

La Maladie du dimanche : Annabelle

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Se faire tuer, redoute la redoutable – elle t’immergera, vous purifiera, voilà.    Ce Sonate d’automne (Bergman, 1978) à la sauce espagnole se supporte puis s’apprécie principalement pour ses deux belles et talentueuses actrices, déjà enrôlées en duo par le Almodóvar de La piel que habito (2011), citons donc Susi Sánchez & Bárbara Lennie. La première interprète une hôtelière altière, la seconde une moribonde. Chiara, ainsi prénommée en hommage délocalisé à la gamine de Marcello Mastroianni par des parents cinéphiles, même si la génitrice oublie le patronyme du réalisateur de Amarcord (Fellini, 1973), semble un bloc d’obscurité dès qu’elle apparaît au cœur d’une forêt sépulcrale, son visage livide surcadré à travers un orifice point vaginal, quoique, davantage d’édifice tombal végétal. Longtemps après, elle vient demander à sa mère, qui l’abandonna au bout de huit ans, de passer quelques jours ensemble, dans sa maison presque à l’abandon. Des molosses d’angoiss...