Articles

Affichage des articles associés au libellé Hélène Grimaud

Une nuit sur le mont Chauve

Image
  Bush & Björk ? Les Pyrénées, l’Empyrée… Pour Patrick Cette tristesse essentielle et existentielle, la littérature, même la plus impure, ne vous en sauvera, surtout pas le cinéma, ce que l’on désigne donc ainsi aujourd’hui, par habitude, par lassitude, mais la musique, immédiate et multiple, immatérielle et pragmatique, immortelle et programmatique, permet de respirer, de se reposer, peut-être d’espérer. Celle d’ Hélène Vogelsinger sait y faire, du lest se défaire, s’adresse avec adresse au corps et au cœur, s’installe in situ ou en studio. Dissimulée derrière ou dessous de chouettes pochettes, aux monolithes à la Kubrick, dotée de titres ésotériques, exfiltrés illico d’un dico de philo, voire d’un ouvrage de nouvel âge, gorgée d’énergies, sinon d’écologie, elle procède en définitive d’une forme féminine et intime de musicothérapie, de transe sonore créatrice de ses propres décors ou en accord selon ceux du dehors. Concentrée sur ses câbles colorés, la compositrice point...

Loups-garous : Le Loup des steppes

Image
Voilà qui plaira (ou pas) à Hélène Grimaud, aux ados davantage qu’aux fans de piano. Tout, vous saurez presque tout sur le loup-garou, en dévorant cet agréable ouvrage à la fois sérieux et léger, textuel et illustré, assez British à défaut d’être exhaustif. L’auteur divisa son essai synthétique en cinq parties, rythmées par une série de courts encadrés. Sociologie de la bestialité, importance du motif dans la culture classée populaire, féminité de la monstruosité, interrogation à propos de sa véracité ( via un recours à la vérité des contes) plus quelques conseils pour s’en prémunir, si l’on rencontrait le pire… Ainsi se structure une étude folklorique autant qu’esthétique et psychologique. Le lecteur cinéphile restera certes un peu sur sa faim (de loup, of course ), même si des séries TV se voient évoquées. Rassurons-le : les classiques de George Waggener, Terence Fisher, John Landis, Joe Dante, Neil Jordan et leurs avatars modernes signés John Fawcett, Neil Marshall,...

Le Miracle des loups : Ne touchez pas à la hache

Image
Un film français muet du siècle dernier, d’une durée de cent trente minutes et mis en musique ? Il en faudrait bien davantage pour nous effrayer… Premier volume d’un pertinent coffret Gaumont paru en 2012 qui en comprend trois – plus un quatrième disque dédié à des suppléments un brin superflus –, Le Miracle des loups s’avère une très plaisante surprise, sans doute appréciée aussi par une Hélène Grimaud, quoique, les protagonistes à quatre pattes issus de la ménagerie du cirque Amar ou dressés en liberté surveillée aérée, suivant les sources. Bien servi, sinon ressuscité, par une restauration assez exemplaire – seyantes teintures en bleu et rouge pour les passages nocturnes, « embrasés » ou crépusculaires –, cette « fiction romanesque, encadrée d’un décor exact », ainsi que la résume avec justesse un carton liminaire, nous permet de suivre le duel fraternel – rivalités de cousins supposés consanguins – entre Louis XI et Charles le Téméraire, sis au mi...

Hélène Grimaud: Living with Wolves : Survivre avec les loups

Image
 « De la musique avant toute chose », assortie de quelques hurlements… La principale qualité de cet agréable documentaire, bien qu’assez scolaire (la musique dite classique reste à filmer, malgré Ken Russell ou Straub & Huillet) ? Laisser la parole, verbale et musicale, à l’intense interprète française s’exprimant (pas ici) avec un délicieux accent américain (voire l’inverse). Dans un « monologue » sis chez elle ou en déplacement, la jeune femme en quête d’absolu et de discipline, rétive aux cadres mais surtout pas à la beauté, évoque ainsi son parcours et son art avec une intelligence naturelle et une précision d’expression communicative. Elle joue également à sa manière, singulière et superbe, des œuvres de Brahms et Rachmaninov, parle de sa passion (devenue mission) lupine, effleure sa synesthésie rimbaldienne (il faut lire ses Variations sauvages , belle plongée dans la psyché d’une adolescente blessée, « sauvée » par les notes,...

L'Aviateur, la Princesse et le Poisson : Sur trois films de Hayao Miyazaki

Image
Suite à leur diffusion par ARTE, retour sur trois titres du réalisateur. Porco Rosso Un restaurant, une chanteuse, un héros désabusé qui fume (que fait la censure enfantine !), et la guerre au loin qui se rapproche : Miyazaki relit Casablanca , jusque dans le nom de ses personnages (Curtis pour Michael Curtiz). Et tel Bogart finalement obligé à prendre parti, à devenir un résistant, Porco finira par agir, par quitter son île tranquille où il écoutait le monde à distance. Cette fable sur l'honneur – avec la tension toute japonaise entre giri et ninjo , entre devoir et sentiments intimes, structure et enjeu du  Yakuza de Pollack – et l'humanité (le pilote d'hydravion possède, littéralement, une tête de cochon, et son odyssée va l'humaniser peu à peu) se place d'emblée sous le signe de la couleur rouge, celui du Temps des cerises , chant d'amour et de lutte ; celui du fameux Baron Rouge de la Grande Guerre ; celui de son engin, de son vin ; celui de ...