Articles

Affichage des articles associés au libellé Veit Harlan

Les assassins sont parmi nous : The Good Doctor

Image
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Wolfgang Staudte. Hildegard Knef fréquenta un nazi à la tête de la Tobis, Wolfgang Staudte joua dans Le Juif Süss (Veit Harlan, 1940), d’ailleurs déjà décoré par le même Otto Hunte : par conséquent, on pourrait supposer que Les assassins sont parmi nous (Staudte, 1946), appréciez, au passage, la référence transparente à Fritz Lang, au titre d’origine, illico recalé, de M le maudit (1931), représenta pour les trois intéressés un sorte d’exorcisme intime, d’expiation de saison, à tout le moins d’ examen de mauvaise conscience transposé. Le mea culpa , l’URSS connaissait ça, très portée sur la dite autocritique, particulièrement celle de ses soi-disant opposants, du peuple déclarés ennemis, fissa déportés en Sibérie. Au lendemain de la débâcle d’un régime mortifère, censé être millénaire, il convenait donc d’éduquer, voire de rééduquer, la masse citoyenne, cinéphile, au mieux irresponsable, au pire coup...

L’Armée des ombres : Notes sur Lotte

Image
Suite à leur visionnage sur le site d’ARTE, retour sur quatre titres de Lotte Reiniger. 1 Les Aventures du prince Ahmed (1926) Davantage qu’aux Mille et Une Nuits , pensez à l’ Odyssée , car la nostalgie anime, littéralement, Ahmed & Aladin. Chacun cherche à rentrer chez soi, au cher Heimat, thème culturel teuton malgré Homère, donc, + un Pégase musulman. Bien entourée, notamment par Walter Ruttmann sur le point de diriger Berlin, symphonie d’une grande ville , et Wolfgang Zeller, compositeur de valeur compromis avec les nazis, réécoutez Le Juif Süss , Reiniger, réelle réalisatrice, fait fi de la frontalité, signe un chef-d’œuvre enchanteur, en couleurs, à la Frank Miller, dont le labeur s’efface devant la grâce. Admirée par Renoir ou Jouvet, la variation orientaliste arbore une chauve-souris stokeresque, un bestiaire présageant King Kong , un affrontement final digne de Zu, les guerriers de la montagne magique . Mélodrame surnaturel, film de classes exotique, l’...

Les Aventures fantastiques du baron Münchhausen : L’Éternité et Un Jour

Image
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Josef von Báky. There’s no time for us There’s no place for us What is this thing that builds our dreams yet slips away from us Queen, Who Wants to Live Forever En découvrant maintenant Münchhausen – laconique intitulé original – je pense au parfait contemporain (1943) Colonel Blimp – The Life and Death of Colonel Blimp précise l’explicite VO – des Archers, au Casanova de Fellini, au Don Giovanni de Losey, au Highlander de Russell Mulcahy et pas une seconde à la version superflue – coûteuse misère des vrais-faux remakes – de Terry Gilliam, cinéaste surfait au surréalisme décoratif. Ce qui devait être un film d’anniversaire pour les vingt-cinq ans de la UFA s’avère un film de funérailles pour le Troisième Reich ; ce que certains, cent ans après la naissance de la firme fameuse, persistent à percevoir en divertissement charmant, voire résistant – la liberté de l’imaginaire contre la véracité...

Le Juif Süss : Ils sont partout

Image
Imprimez la légende, recommandait John Ford – démontons la baudruche, mein Herr…  Imaginez Sissi impératrice revu et corrigé par Joseph Goebbels, l’insipide Kristina Söderbaum, souris du cinéaste, substituée à la juvénile Romy Schneider (Magda, sa mère, par ailleurs fan amicale d’un certain Adolf Hitler). Obéir aux ordres, même et surtout les plus ignobles, déporter des populations, diriger un film de saison : s’il existe, en effet, une « banalité du mal », à la Hannah Arendt, il existe en miroir une médiocrité du cinéma, réduit à la propagande la plus flagrante, même déguisée en costumes d’époque. Mélodrame manichéen à prétentions historiques, son antisémitisme consubstantiel effrontément affiché, avec une candeur de caricature outrée, outrageuse et outrageante, Le Juif Süss , souvent risible, fait souvent sourire, alors que l’on redoutait un peu de vomir. Le spectateur, Dieu merci, ne fonctionne pas comme un interrupteur, et cette reconstitution en cart...