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Affichage des articles associés au libellé Helmut Käutner

Jeunes filles en uniforme : Citadel

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Géza von Radványi. Après de Jacqueline Audry la Olivia (1951), voilà de Géza la Manuela. Jeunes filles en uniforme (1958), on le sait, retravaille, à presque trente ans d’intervalle, le matériau déjà en huis clos, un gros soupçon Sappho, de Jeunes filles en uniforme (1931), signé par Leontine Sagan, co-écrit par Christa Winsloe, à la suite de sa pièce   à succès. Il fait toutefois davantage, il met l’ouvrage à la page, puisque le portrait à charge de cette suspecte éducation à la prussienne, un brin lesbienne, se souvient aussi du récent nazisme, de son conformisme, de son militarisme, de son hypocrisie, de sa misogynie. Ici, au gris de la grande grille introductive, des habits, des esprits, s’accorde le glauque très teuton, à la Derrick disons, des chaises, portes, armoires, repeintes à la Wehrmacht, de quoi vous rendre patraque, y compris à proximité d’un lac. Pourtant, en dépit du pas de l’oie, un, de...

Des roses pour le procureur : Merci pour le chocolat

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Wolfgang Staudte. Treize années après Les assassins sont parmi nous (1946), (re)lisez-moi ou pas, Staudte dirige donc le second pan de son diptyque apocryphe, en réinvente l’esthétique, en redéfinit la dynamique, en réaménage la thématique. Des roses pour le procureur (1959) comporte encore un couple trouble, lié par le passé qui ne saurait passer, pas même au milieu d’une Allemagne déjà reconstruite, presque amnésique, toujours antisémite. Écrit par Georg Hurdalek, ( Le Général du Diable , Helmut Käutner, 1955, sur lequel j’écrivis aussi), basé sur une idée du réalisateur, plus ou moins inspiré par un fait divers, ce métrage d’un autre âge se déleste cependant de l’expressionnisme, des pulsions homicides, du nazisme converti au capitalisme. Si Les assassins sont parmi nous donnait dans le mélodrame didactique, Des roses pour le procureur s’avère une satire sentimentale. Histoire de marché noir, d’exécution...

Ciel sans étoiles : Frontière(s)

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Helmut Käutner. Dans Ciel sans étoiles (Helmut Käutner, 1955), Anna & Carl ne cessent d’aller, de (re)venir, de (re)passer la frontière, pas encore matérialisée par un mur : la caméra comprend, accompagne ce contradictoire mouvement émouvant. Voici, presque en catimini, un grand petit film allemand, pas tant d’un autre temps. Hier, la Frontier représentait une utopie US ; désormais, délocalisée en UE, elle anime l’imaginaire des « migrants ». En 1952, époque de l’ opus , sept années viennent de s’écouler depuis la défaite « d’Adolf », familiarité infernale, fossé de 39, mais la guerre n’en finit pas, cette fois-ci infanticide, fraternelle, davantage individuelle, idem cruelle. La séparation politique, économique, idéologique, duplique en plus une fracture intérieure, entre une mère solitaire et son fils fissa orphelin définitif. En RDA, la camarade Anna bosse à l’usine, sous ...

La Paloma : La Femme de mon frère

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Helmut Käutner. « Je ne suis pas une colombe » affirme Gisa rebaptisée fissa d’après la célèbre chanson marine, mais Hannes n’en démord pas, s’illusionne, se désillusionne puis s’en va, marié à la mer, amen . Avec une quinzaine d’années de retard, l’estimable Käutner ( Le Général du Diable , 1955, lisez-moi ou pas) acclimate le réalisme supposé poétique, l’associe à du drolatique, se souvient, un peu, de L’Ange bleu (Sternberg, 1930), de La Femme du boulanger (Pagnol, 1938), autre trio desafinado. Néanmoins la différenciation des attractions et la différence d’âge ne suscitent aucun naufrage, malgré de ponctuels échos musicaux molto mélos. Au terme de sa double aventure à terre, d’abord amère, ensuite amoureuse, l’accordéoniste quitte bel et bien la piste, largue les amarres de la rancœur, de l’erreur. Quelque chose de l’univers de Fassbinder fait ici surface, l’anticipe, puisque le cinéaste évoque u...

Kitty und die große Welt : Hitler, connais pas

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre d’Alfred Weidenmann. Derrière la caméra, personne, à part un ancien soldat de la Wehrmacht doublé d’un dispensable propagandiste formé aux Jeunesses hitlériennes, cf. Junge Adler (1944). Devant, un duo déjà célèbre, à peine sorti de Sissi (Ernst Marischka, 1955), qui va plus ou moins vite briser la lisse, sinon suspecte, suavité de sa persona , au cinéma et au-delà. Durant une décennie, des deux côtés de la frontière, Romy Schneider va se repentir du passé de son pays, en sus de celui de sa mère, l’autrefois fameuse Magda, muse de Max Ophuls selon l’aimable Liebelei , distribué là-bas en 1933, date fatidique, intime de Martin (Bormann), tellement familière des propriétaires, dénommés Adolf & Eva, d’une vile villa sise sur les hauteurs de Berchtesgaden, qu’elle s’y fera même inhumer, mazette. Le Train (Pierre Granier-Deferre, 1973), Le Vieux Fusil (Robert Enrico, 1975), Portrait de groupe avec dame (Aleks...

Le Général du Diable : La Femme de l’aviateur

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Helmut Käutner. Il s’agit, avant tout, d’un film superbement éclairé par Albert Benitz, dont la longue carrière (plus de quatre-vingt-dix entrées au compteur, apparemment) débuta en compagnie de la chère Leni (Riefenstahl, who else  ?) dans les fameux « films de montagne » conçus et appréciés dans l’Allemagne des années 20 et 30, celle de Weimar et Hitler, donc, leur obscurité en miroir inversé de la blancheur des cimes escaladées-escarpées (qu’allaient donc chercher sur ses sommets souvent de studio tous ces alpinistes de la caméra, sinon la chute fantastique, disons diabolique, d’une nation entière dans le gouffre faustien d’une idéologie suprêmement meurtrière ?). Nous voici en décembre 1941, les portraits officiels des criminels décorés de guirlandes de Noël, dans une nuit diaboliquement expressionniste, danse macabre figée par six années de RFA. Christian Petzold, l’auteur estimable mais...