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Affichage des articles associés au libellé Dead Can Dance

Dawn of the Dead

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  Aube des macchabées ? Jour toujours de retour… Le mélomane Pialat le premier s’en empara, premier mouvement mis sur le générique de Police (1985), puis le rapide Peter Weir ( État second , 1993), au sein du sillage d’un succès de CD, puisque la désormais fameuse symphonie de Górecki sortit chez Nonesuch un an avant. Ces « chants de chagrins », d’autres cinéastes s’en servirent, citons le tandem anecdotique de Schnabel ( Basquiat , 1996) & Malick ( The Tree of Life , 2011),   plusieurs interprètes les servirent, pour le meilleur et pour le pire : la pionnière Stefania Woytowicz pâtit d’être trop opératique ; Zofia Kilanowicz , chanteuse en chaire, en présence du compositeur impassible, sinon souffrant d’un ennui poli, les dramatise et les glamourise ; Lisa Gerrard , contralto et non soprano, point trop n’en faut, s’égare, les adeptes de Dead Can Dance ne se marrent ; Beth Gibbons , assise, exquise, émancipée de Portishead, dirigée ...

Démons + Démons 2 : Entropy

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    « Cathédrale » et « caïman », mitan et maintenant… Quand je mourrai j’irai au Paradis C’est en Enfer que j’ai passé ma vie Daniel Darc Cinéma méta ? Cela va de soi. Satire de la TV ? Pourquoi pas ou en effet. Ce diptyque sympathique cependant à ceci ne se limite. Bava se souvient de son puissant et pionnier papa ( Le Masque du démon , 1960), il rencontre le Cronenberg de Frissons (1975) et Vidéodrome (1983), il délivre deux survivals juvéniles, dont la surface à fond superficielle reflète celle, darwinienne, synthétique, ludique, cynique, de la décennie. Les films fonctionnent à la symétrie, dialoguent à distance, se citent, se corrigent. Le premier volet verse in extremis vers la dystopie, s’achève via un cadavre de nuit ; le second se termine sur une femme transformée en mère et son homme à l’aube, comme en clin d’œil à la coda ouverte de Zombie (Romero, 1978), hélico illico . Au-delà de divertissements d’antan, co-écrits...

Sauvez Willy

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  Un métrage, une image : Paï, l’élue d’un peuple nouveau (2002) Huit ans après le déjà surfait L’Âme des guerriers (Tamahori, 1994), Cliff Curtis en point commun, revoici les Maoris, certes ceux de ciné, toujours de mélodrame familial, mais désormais en mode maritime. Ce téléfilm au féminisme soft , au tourisme ad hoc , à l’œcuménisme en toc, se vit urbi et orbi récompensé, adoubé par les sbires de Disney, studio cynique qui récemment salaria sa scénariste/réalisatrice pour le mimétique Mulan (2020). Construit en boucle bouclée d’héroïne hospitalisée, l’accouchement de jumeaux outrancier d’ailleurs barbouillé de ralentis plutôt pourris, le récit semble se soucier de sociologie, voire d’ethnologie, d’opposition œdipienne, de gémissements générationnels, de patriarcat pas sympa, d’exil (f)utile, de légende originelle à base de balèze baleine. En vérité subjective, en réalité pseudo-magique, (dés)enchantée, l’échouage des gros cachalots, au tendre et cruel appel d’une sirè...

Dionysus : Le Chant des terres

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L’os dressé de Dionysos ? Un tendre feu lumineux. À Patrick Peillon, mélomane remercié En deux « actes » et trente-cinq minutes, DCD, tout sauf décédé, parvient à retrouver la valeur évocatrice de la musique, sa dimension mystérieuse, mélodieuse, de cérémonie intime. Certes, le tandem , il le reconnaît lui-même, ne prête point foi aux dieux, hélas pour ceux de l’antiquité grecque – en 1983, Paul Veyne s’interrogeait déjà, Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ? Essai sur l’imagination constituante , répondait via la relativité de la vérité, de son « programme » historicisé, passons – mais qu’importe puisqu’il emporte l’auditeur vers des rivages crus abolis, au risque de l’inouï. N’écoutons pas les corbeaux révisionnistes remplis de cynisme : les découvertes de l’adolescence ne vieillissent pas toujours mal, Lisa Gerrard & Brendan Perry le démontrent assez superbement au sein de ce disque séduisant, stimulant, frémissant, auquel on pourrait peut...