Articles

Affichage des articles associés au libellé Sylvain Estibal

Tosca : Scarlet Diva

Image
Amoureuse meurtrière ? Expérimental somnifère… Produit culturel produit par l’inévitable Toscan du Plantier, ici escorté d’ARTE, ce film interminable et inanimé se souvient, un soupçon, de Losey ( Don Giovanni , 1979) & Żuławski ( Boris Godounov , 1989, DTP bis ). Hélas, le son direct et la dimension méta ne suffisent pas pour dynamiser une entreprise dépassionnée, quel étonnant malentendu, au vu et à l’écoute du matériau utilisé, transposé, cf. la mention « d’après ». Ce Tosca -là (Jacquot, 2001), ni le premier ni le dernier, inclut des ponctuations d’extérieurs en vidéo, en POV, au ralenti, rappelant l’amateurisme lucratif du Projet Blair Witch (Myrick & Sánchez, 1999) ; des enfants de chœur écarlate ; un duo de salauds gentiment homo, remember l’homologue de La Mort aux trousses (Hitchcock, 1959) ; un pâtre puéril en gros plan ; une lune illustrative, adaptée aux paroles ; un couteau de giallo, reflet du préfet offert ; un ...

Volupté singulière : Je suis curieuse

Image
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Sven Taddicken. Disons-le d’emblée : formellement, adverbe duel, Volupté singulière (2016) s’apparente à un téléfilm de luxe, à rien de plus, rajoute le corbeau de Poe, aux productions-diffusions du vendredi soir sur chaîne franco-allemande européenne, ici financière. Ni l’utilisation soignée, scolaire, de l’écran large, ni un travelling circulaire à 360 degrés, au sein d’un bar de confession, ni l’implosion au ralenti des accessoires d’une maison ne font illusion, mais tout ceci ne saurait rebuter, priver du plaisir relatif, éphémère, pris à suivre cette romance sur fond de violence, entre quinquagénaires pas si austères. Ménagère maniaque et insomniaque, Helen déprime, se définit comme « quelqu’un sans foi ». Aide-toi, le Ciel t’aidera, oui-da – la voilà via la radio à la poursuite du bonheur, à papoter puis plus puisque affinités avec un professeur homonyme. Hélas, l’ancienne croyante découv...

Le Procès de Viviane Amsalem : Le Grand Pardon

Image
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Ronit & Shlomi Elkabetz. Si c ’ est fichu Entre nous La vie continue Malgré tout. Michel Delpech, Les Divorcés Biographie (familiale), contexte (sociétal), état des lieux (du procès vers le procès-verbal) : tout ceci importe, bien sûr, mais ne saurait suffire à expliquer, encore moins épuiser, la force du film, dernier volet d’une trilogie à la suite de Prendre femme et Les Sept Jours , ultime métrage (des deux côtés de l’objectif) de Ronit Elkabetz, comédienne francophile au générique des titres de Fanny Ardant, André Téchiné ou Pascal Elbé, hélas « prématurément » décédée d’un cancer en avril de cette année. On peut certes aussi penser à Cassavetes (théâtralité, féminité, masculinité, oralité, héritage culturel sudiste commun, la Grèce finalement pas si lointaine d’Israël), voire à Dreyer, Preminger et Clouzot (les fascinantes femmes accusées du Procès de Jeanne d’Arc , Anat...

La Fiancée syrienne : La Prisonnière du désert

Image
Suite à sa diffusion par ARTE, retour sur le titre d’Eran Riklis. Après un court carton contextuel, lent panoramique gauche-droite – occidental, donc, opposé au sens de lecture oriental – sur le plateau du Golan rosi par l’aube puis coupe sur le beau visage tendu, insomniaque (sa poitrine épanouie entrevue sous la blancheur d’un déshabillé, avant le soutien-gorge et le pantalon noirs, habits « révolutionnaires », s’insurge son mari), de Hiam Abbass au lit : cette ouverture lapidaire, sous le triple signe diurne, terrestre et féminin, donne le ton de La Fiancée syrienne , vendu par sa bande-annonce (menteur tel un trailer , pour pasticher Prévert à propos des génériques) en épigone sudiste, pareillement comique et festif, de Chat noir, chat blanc , alors qu’il s’agit « en réalité », d’une chronique intimiste, discrète et douce-amère d’un mariage sans cesse repoussé, d’un portrait de groupe très contemporain et d’une ode douloureuse à la liberté individu...

Le Cochon de Gaza : Martyrs

Image
Suite à sa diffusion par ARTE, retour sur le titre de Sylvain Estibal.    Si le « conflit israélo-palestinien » peut se lire politiquement de plusieurs manières, il donne aussi lieu à des traitements cinématographiques divers : bien loin du formalisme keatonien d’Elia Suleiman pour Intervention divine , Sylvain Estibal, écrivain-voyageur amoureux du désert ( Le Dernier Vol de Lancaster , adapté à l’écran par Karim Dridi) et journaliste (l’idée provient d’ailleurs d’un reportage photographique pour l’AFP mené en Cisjordanie), propose la (trop) sage mise en images, primée par un César du meilleur premier film, d’un conte moral pour adultes, davantage dans la lignée lucide mais en apparence naïve de Robert Guédiguian, que dans celle de la cruauté tragique – et parfois volontiers mélodramatique, comme chez le Dino Risi du Fanfaron ou des Monstres – naguère représentée par la « comédie à l’italienne », comparaison critique un peu facile, assorti...