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Affichage des articles associés au libellé Sylvester Stallone

L’Enfer des armes

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  Un métrage, une image : Eastern Condors (1987) Un soupçon des Douze Salopards (Aldrich, 1967), une pincée de Portés disparus (Zito, 1984), un virage vers Voyage au bout de l’enfer (Cimino, 1978) : Sammo Hung (re)connaît ses classiques, cependant ne les duplique, pas davantage ne délivre la matrice apocryphe et obsolète de Une balle dans la tête (Woo, 1990). Doté d’un tandem d’incontournables homonymes du cinéma de HK de ce temps-là, à savoir le scénariste Barry Wong ( À toute épreuve , Woo, 1992), le directeur de la photographie Arthur Wong ( La 36e Chambre de Shaolin , Liu, 1978, Il était une fois en Chine , Tsui, 1991), le réalisateur de valeur de L’Exorciste chinois (1980) ou First Mission (1986) signe en résumé un cocktail guerrier aux tonalités mêlées, comme seul l’écran hongkongais savait les concocter, les doser. Véritable cinéaste, il soigne chaque cadre ; star pas uniquement locale, il possède assez de générosité pour ne limiter les membres de...

La Loi du milieu

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  Un métrage, une image : Get Carter (2000) Remake merdique d’un reconnu classique,   doublé d’un médiocre mélodrame familial et moral, l’avéré navet de Mister (T.) Kay, par ailleurs auteur du recommandable Boogeyman (2005), mérite son insuccès critique, économique. Mike Hodges, le réalisateur de Get Carter (1971), a priori jamais ne le vit, comme on le comprend, comme on compatit. Au-delà d’être un véhicule ridicule, un opus aseptisé, plastifié, pour sa star alors esseulée, en dépit de la réussite émouvante de Copland (Mangold, 1997), avant la revisite inévitable de ses deux avatars increvables ( Rocky Balboa , John Rambo , Stallone, 2006, 2008), des deux côtés de la caméra, cette fois, il s’agit aussi d’un film d’amis, puisque le cher Sylvester connaît Caine depuis le sympathique mais anecdotique À nous la victoire (Huston, 1981), qu’il collabore, s’en portant garant, en cas de déconne, prenez une part de mon argent, avec Mickey Rourke, lui-même assez...

Jamais plus jamais : Sexe, mensonges et vidéo

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  À Jean Dujardin ses incultes conneries ; à Sean Connery sa méta mélancolie… Bond succombe donc à une femme en effet « fatale », en l’occurrence la cascadeuse Wendy Leech, pas si sangsue, plutôt un peu dévêtue, attachée, alitée : il se fait planter, au propre, pas au figuré, par celle qu’il devait délivrer, sauver, petit exercice de relecture et d’imposture du motif obsolète de la « demoiselle en détresse », Sardou l’assène, « femme des années quatre-vingt », quand tu nous (dé)tiens, pas seulement au bout de tes seins. Ceci ne lui suffit, il doit ensuite se farcir un débriefing de son plantage, cette fois-ci au propre et au figuré, allez, assorti d’une leçon de nutrition, d’une vraie-fausse prochaine mission, curiste, j’insiste. Au supérieur inférieur, l’agent amusant rétorque que sur le terrain, l’adrénaline prime, le jeu s’avère vite dangereux, on y risque vraiment sa vie, prisonnière douce-amère en sus. Pourtant la « preuve par l’i...

Enfer mécanique

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  Un métrage, une image : La Course à la mort de l’an 2000 (1975) Plus impersonnelle que Private Parts (1972), voici une dystopie anecdotique et cependant drolatique. Ni Rollerball (Norman Jewison, 1975), ni Mad Max (George Miller, 1979), Death Race 2000 (Paul Bartel, 1975) s’avère vite une comédie noire et satirique, dont la portée politique assumée n’étonnera que ceux qui méconnaissent le supérieur The Intruder (Roger Corman, 1962). Il s’agit donc d’une production de « l’écurie » cormanesque, vocable ad hoc puisque le road movie de vilain avenir carbure à la compétition sur roues, autorisation de tous les coups, surtout les pires, les piétons pointés pouvant rapporter un paquet, jeunes ou âgés, au hasard ou destinés, institués ou sexués. Fable affable sur la fameuse « Frontière » refaite, défaite, le film à succès adresse des clins d’œil à l’Histoire plus ou moins héroïque et aux imageries cinématographiques, via les noms des protagonist...

Portraits : Still Life

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  Le glamour et le désamour, les repères et la misère… En découvrant aujourd’hui le travail de Mary Ellen Mark, on repense bien sûr à celui de Dorothea Lange & Diane Arbus, d’ailleurs ici aussi de la partie, puisque prise en 1969 à New York comme consœur pâlotte. Dans sa préface, la photographe parle de « documentation sociale », de « travail commercial pour les magazines, le cinéma et la publicité », des « profondeurs de la personnalité », du « fond de l’âme », de « vérité du caractère du personnage », du « sens caché » des existences esquissées ; elle affirme fissa sa profession de foi : « Le portrait d’un homme ou d’une femme (célèbre ou non) fonctionne s’il communique quelque chose de très personnel ou de très intime. Le tout, naturellement, joint à une belle lumière et à une composition parfaite. Un portrait vraiment réussi peut révéler beaucoup de secrets. » D’abord publié en Italie, pourvu...

Punisher : Yakusa

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D’entre les morts, tuer encore, avant, dire au revoir aux enfants… Distribué par notre modernité de victimes identitaires, very vénères, Punisher (Mark Goldblatt, 1989) plairait peut-être aux Blacks ( Lives Matter , brother ), aux féministes (moi aussi, ma chérie), car il affiche, en quasi figurants, nonobstant, un officier (de police) noir puis une femme flic (blonde), mais moins aux membres de la « communauté asiatique », déjà fort irritée par L’Année du dragon (Michael Cimino, 1985), allons bon. De ce métrage d’un autre âge, disons celui d’avant la numérisation des imageries, pas seulement celle d’action, le manichéisme confine-t-il au racisme ? Et son féminisme de surface affirme-t-il en filigrane une misogynie (pas si) jolie, les femmes fortes in fine à trucider en tandem de « féminicides », la première la nuque brisée, la seconde par un couteau lancé illico trépanée, sayonara, salopes ? N’allons pas jusque-là, soulignons que la Japon...

L’Ivresse du kangourou et autres histoires du bush : Des souris et des hommes

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Come-back dans l’ outback , Kenneth à l’aise…    Avant de succomber à la cinquantaine à une crise cardiaque, Kenneth Cook écrivit Frill-Necked Frenzy , recueil de textes courts paru l’année de son décès, en 1987. Devenu en français L’Ivresse du kangourou et autres histoires du bush , tant pis pour l’allitération évocatrice en VO, le clin d’œil à la « frénésie à collerette » du lézard homonyme, sorte de gremlin à la George Miller ( La Quatrième Dimension , 1983), de la nouvelle liminaire, dans les airs, cet ouvrage dépaysant et divertissant mérite d’être recommandé, surtout en cas de fichu confinement prolongé, many thanks again à l’amie britannique jouant les factrices fidèles. Je ne reviens pas ici sur ce que j’écrivis à propos de Réveil dans la terreur (Ted Kotcheff, 1971), relisez-moi ou pas, mais bien sûr l’ opus pour ainsi dire présent possède plusieurs points partagés avec le roman passé, adapté, à succès, en tout cas sa transposition de renom, s...

Over the Top : Aigle de fer

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Routier sympa, pneu à plat… Pour mes parents Over the Top (Menahem Golan, 1987) possède une réputation médiocre, euphémisme diplomatique, néanmoins, malgré ses limites manifestes, cet aimable mélodrame maternel-masculin ne mérite point d’être massacré, en tout cas pas par moi, même emmuré à cause du maudit corona . Commencé sur une route en lacet survolée en hélicoptère, sur un sourire de l’esseulé Sylvester, il se termine idem , précédé par une étreinte en public, chic. Entre ces deux instants, plusieurs (me) paraissent intéressants, sur plusieurs plans. Filmé avec un professionnalisme impersonnel par l’estimable Menahem, à/pour l’occasion producteur devenu réalisateur, Over the Top en effet dépeint un portrait pertinent de son principal interprète, ici en sus co-scénariste, esquisse un instantané du ciné US, c’est-à-dire de la psyché étasunienne alors sous mandature reaganienne, dresse en outre une surprenante dystopie sexuée, je vais tout vous expliquer. Père parti, ...

Le Gendarme en balade : Protéger et servir

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Gendarme minable, confiné écœuré… Le bouffon en uniforme, fasciste refoulé, coupe au carré, lunettes à la Cobra, on ne rigole pas, au volant de son véhicule entretenu par l’État, donc par toi et moi, veut savoir où je vais, en l’occurrence chez le boulanger, faut-il s’en excuser ? Montrez vos papiers, votre attestation à la con, pourquoi deux cases cochées, parce qu’il m’arrive de marcher. « Le but du truc », admirez la formulation du militaire, assurément universitaire, consiste à rester à domicile, ah bon, tiens donc, comme si tous ces serviteurs zélés, davantage passifs envers les criminels professionnels, surtout sur leur territoire, quel désespoir, emmerdons plutôt les piétons provinciaux, il fait beau, soumis à leurs supérieurs à vomir, notamment un certain président transparent, incompétent, impuissant, prévenu bien avant, pragmatisme du psychodrame hexagonal, désormais on se fiche, ouf, des sujets qui fâchent, on feint de flatter les soignants, de se pré...

Rocky + Rocky II : La Solitude du coureur de fond

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La force de Forrest ? Les cris de Rocky… En 1976, Rocky court en solo et s’entraîne en trio, en montage alterné, signé des oscarisés Scott Conrad & Richard Halsey, soutenu par un assistant, encouragé par l’incontournable Mickey. Sur une Philadelphie industrielle, en effet « fraternelle », devise de la ville, notez le fruit lancé à la volée, en plan rapproché, durant la traversée du marché, le jour se lève et la séquence s’achève à l’unisson, par une ascension, celle des marches d’un musée d’art, Sylvester Stallone escorté par le steadicam en apesanteur du quasiment débutant Garrett Brown. Auparavant, en compagnie du réalisme idoine du directeur de la photographie James Crabe, notre boxeur au grand cœur parcourt en panoramique un paysage de terrain vague, d’urbain métro aérien, se muscle avec des briques, suit une voie ferrée sur fond   d’usine. En travelling arrière, il ne s’attarde point entre les poubelles, afin de se réchauffer aux braseros, de sal...

Rambo: Last Blood : Au nom du père

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Un item pour Marlène Schiappa – ou pas… « Tu t’es perdu, vieil homme ? » demande de manière rhétorique le frère infernal, proxénète over the top , amitiés à Menahem Golan. Cette question, le spectateur, même nanti des meilleures intentions, pourrait la poser au cher Sylvester, dont le character d’ailleurs se définit, en voix off , en conclusion, en « homme perdu ». Lesté d’un scénario risible, d’une interprétation à l’unisson, affreusement téléfilmé, Rambo: Last Blood (Adrian Grunberg, 2019) mérite la majorité de ses mauvaises critiques, décochées en tandem des deux côtés de l’Atlantique. Mais il s’agit aussi d’un film à sa façon féministe, qui se confronte aux fameux « féminicides », qui souligne l’importance, sinon « l’innocence », du « deuxième sexe », salut à la sartrienne Simone. Je ne reproduis pas mon propos à propos de Rambo (Ted Kotcheff, 1982), je pointe plutôt du doigt la pietà de Paz Vega – à plusieurs pas...