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Affichage des articles associés au libellé Umberto Lenzi

Le Nouveau Monstre

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  Exils # 97 (25/03/2025) On devine vite l’identité du tueur, mais le monstre manifeste du titre d’origine ( Il mostro ) de ce vrai-faux giallo – le directeur promet à l’ancien romancier de le rééditer en série « jaune » – ne cesse d’apparaître, bien avant que son descendant ne lui fournisse in fine le mobile de ses méfaits. À l’instar de Risi, spécialiste de triptyque ( Les Monstres , 1963, Les Nouveaux Monstres , 1977, Les Derniers Monstres , 1982), la monstruosité de l’humanité prête autant à sourire qu’à frémir, alors l’ opus de Zampa commence en comédie méta, au cinéma, affiches de Carrie au bal du diable (sous-titré Lo sguardo di Satana , De Palma, 1976), La banda del trucido ( aka L’Exécuteur vous salue bien , Massi, 1977) et Spasmo (Lenzi, 1974) aperçues illico , se poursuit en satire, exploitation médiatique et en musique du filon du fait divers épistolaire, se termine en mélodrame, tête baissée, tout (est) consommé. Reposant largement sur les épaules...

Anne, ma sœur Anne

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  Cinéma, si Mina… À la mémoire d’Olivia Newton-John De 1959 à 1977, on savoura souvent Mina au cinéma, surtout suivant les génériques, en musique de source dite ou non diégétique. Ensuite, diverses décennies davantage qu’avéré oubli, elle revint à l’instar d’un refrain, chez Almodóvar ( Matador , 1986 + Douleur et Gloire , 2019, sympho Donaggio) & Scorsese ( Les Affranchis , 1990, placée sous le signe céleste de Gino Paoli), Turturro ( Passione , 2010) & Watts ( Spider-Man: Far from Home , 2019), tant mieux ou hélas. Auparavant, elle traversa L’avventura + L’Eclipse (Antonioni, 1960, 1962), fit un (quarante-cinq) tour et des détours au fil des filmographies de Fulci, Paolela, Petri ( La Dixième Victime , 1965), Risi, Bertolucci, Festa Campanile, Bolognini. On connaît pire pedigree , pourtant tout ceci, auquel rajouter quelques caméos, rôles classés premiers, de la publicité dirigée par Zurlini, un fameux voyage (de Mastorna, voire Manara) avorté de Fellini, ne retiendr...

Au pays de l’exorcisme : Les Bodin’s en Thaïlande

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  Pas de choc en toc à Bangkok, le train thaï ne déraille…   On le devinait avant l’arrivée du docte Lévi-Strauss : la « sauvagerie », relative, réversible, s’avère un point de vue, souvent malvenu. Au début, Bradley débarque, photographie, filme, se fait cirer, en contre-plongée, ses bottes de blond cow - boy , sirote sa bière, plus tard amère, souhait ensoleillé ; à la fin, le témoin capturé, captivé, flanqué d’un fils, orphelin de sa femme, ne retourne vers la « civilisation », que cristallise un hélico presque à la Coppo(la). Au lieu, seul, malheureux, de céder au désespoir, il redonne à voir le meilleur de sa mémoire, aussitôt ressuscite Maria, avec le vent, éternellement, déclarait-elle, elle l’accompagnera. Le village vandalisé, incendié, devenu « foyer » au carré, il convient de le « reconstruire », l’ultime image cadre donc cette réconciliation. Si la vie se poursuit, en dépit du deuil, de l’insecte sinistre, au...

Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé

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  Un métrage, une image : Madeleine, anatomia di un incubo (1974) Pourvu d’un sous-titre à la Preminger ( Anatomy of a Murder , 1959), d’une coda en écho au Cabinet du docteur Caligari (Wiene, 1920), l’ item amène, du guère remarqué ni remarquable Mauri, ressemble à une séance, sinon à une séquence, de psychanalyse appliquée, puisque la patiente, pas si démente, expose dès l’orée sa psyché pour le moins tourmentée. Le prologue ad hoc , rêve éveillé, visualisé, aux roseaux en train d’onduler, aux aiguilles à tricoter, aux clones , pas en cloque, perruqués, à semer, à (se) sermonner, en forêt de conte de fées défait, bagnole brûlée, procession sinistre de poupon en plastique, ralenti compris, légitime à lui seul la découverte en VO de cet ouvrage d’outrage, de mirage, d’avortement, de dessillement. Apparemment mariée à un armateur marseillais, à un mateur doué du don d’ubiquité, Madeleine cauchemarde, rencontre illico un étudiant en philo, voici l’homme, c’est-à-dire le P...

Goliath

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  Un métrage, une image : Le Château de l’horreur (1974) « La trépanation de la cervelle est en soi très justifiable » : l’œuvre d’Oliver, pseudonyme peu limpide, collectionne sans vergogne les répliques drolatiques, ce qui la rend à l’instant, en un instant, un divertissement souvent amusant, assorti de situations aussi stupides qu’irrésistibles, tant le sublime sait en sus, souvent, se métisser de risible, surtout au sein (aperçu plein) du ciné classé genré. On y retrouve un Rossano Brazzi en bout de course, presque à bout de souffle, l’acteur de valeur de Vacances à Venise (David Lean, 1955), La Charge de Syracuse (Pietro Francisci, 1960) ou L’or se barre (Peter Collinson, 1969), illico relooké en « comte » Frankenstein sérieux et toutefois espiègle, dialogue ad hoc , avant de visiter l’univers malsain de Damien ( La Malédiction finale , Graham Baker, 1981) puis la grosse pomme pourrie, de nuit, d’Abel Ferrara ( New York, deux heures du matin , 1984). Dans le rôle de l’...

La Vierge de Nuremberg

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  Un métrage, une image : Si douces, si perverses (1969) Si Gastaldi & Martino (Sergio) retravaillent Clouzot ( Les Diaboliques , 1955) ; si Lenzi, réalisateur petit, précis, productif, inoffensif, s’acquitte du complot au carré de manière soignée, presque stylée ; si Ortolani signe et décline un thème amène ; si la direction artistique de Bottari et la direction de la photographie de Mancori séduisent la rétine ; si le casting choral – Mesdames Baker, Blanc, Cunningham, Liné, Messieurs Frank & Trintignant – s’affiche, s’affirme, se défend, (se) détend, l’intérêt modéré de Si douces, si perverses réside ailleurs que dans ses suaves horreurs, de coupable ses nocturnes terreurs. Film infime, qui ne surprendra que les naïfs, sinon les fadas, Così dolce... così perversa , appréciez le titre antinomique, explicite, pourvu d’un soupçon de moralisme misogyne, prend donc acte d’un renversement de valeurs, d’un changement de mœurs, révolution sexuée, ...

Easy Rider

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  Un métrage, une image : Les Sorcières du lac (1970) Le Diable adore le cigare, déteste la jeunesse, roule en Rolls-Royce, accumule les succubes, sainte trinité inversée, en parallèle aux Parques ou aux witches de Macbeth , accessoirement organise, au sein de son château caveau, de sinistres soirées, de rassemblement et d’égarement, tintouin un brin kubrickien ( Eyes Wide Shut , 1999). Comme l’Enfer, on le sait, de bonnes intentions se voit pavé, sa (dé)route, décès simulé sur la route, croise celle d’un solitaire capillaire, d’un altruiste presque en fuite, d’un motard du temps, goinfre à la Gretel de liberté, d’infidélité se gargarisant. Hélas, le voici « tombé dans le panneau », en effet, celui qui indique en VO « lac d’été », SVP. Un an avant l’Eastwood des Proies (Siegel, 1971), le Lovelock ad hoc de Murder Rock (Fulci, 1984) succombe, au propre et au figuré, au charme (dé)enchanté de femmes fortes et sans pitié. Producteur d’Antonioni & ...

Pauvres millionnaires : Alice ou la Dernière Fugue

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Dino Risi. Avec cette comédie vraiment drôle et souvent tendre, Risi achève une trilogie, accomplit davantage. D’abord, il s’amuse de manière méta, il multiplie par trois fois le motif du spectacle : dans un appartement à moitié terminé, la fenêtre sans fenêtre se transforme en écran à domicile, disons en odorama , gare aux émissions du camion, aux marmots manieurs de calcio, aux voleurs de vêtements d’armoire manquée ; puis la TV en direct d’un cabaret permet une épiphanie en vrai-faux regard caméra ; ensuite, au drive-in , un western incluant un « prêtre protestant » se voit/s’entend trafiqué par un haut-parleur branché sur l’habitacle du couple épié, clin d’œil de doublage au carré, tradition locale de casting acoustique, parfois inconfortable selon une audition à l’unisson, citons donc les noms de Mesdames Fiorella Betti, Maria Pia Di Meo, Wanda Tettoni, de Messieurs Pino Locchi ...

Spasmo : Sept morts sur ordonnance

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Amnésie de survie, découverte d’écœurement, tragédie solaire en écho à Clément. « Il y a un rasoir dans ma chambre d’hôtel » : vous revoici au pays profondo rosso du giallo. Film de mise(s)en scène, Spasmo s’ouvre sur une pendaison en plastique au sein de ruines nocturnes en bord de mer, où fricoter à côté d’un fumeur. Mannequins aux allures d’actrices, actrices aux allures de mannequins, dolce vita et paranoïa, « merveille » et malédiction : dans Spasmo , tous les signes s’avèrent réversibles et les miroirs se multiplient pour refléter une généalogie de la folie familiale, une terreur létale des femmes. Il faut les étrangler, il faut se débarrasser de leur dépouille dans un puits, dans une voiture, sur un lit. Il faut suspendre et poignarder leur réplique immobile, maquillée, déshabillée de sous-vêtements, les rassembler/contempler/malmener dans un musée secret à domicile, avant de se mirer encadré par un abîme nietzschéen. Spasmo ne fait pas d...