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Affichage des articles associés au libellé Bertrand Blier

Lily au lit

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  Exils # 200 (20/05/2026) D’un allaitement au(x) suivant(s)… Dans ses conversations avec French, Malle affirme : «  Black Moon est l’un de mes films les moins connus. Mais j’insiste toujours pour qu’il figure dans les rétrospectives de mes œuvres. Opaque, parfois maladroit, c’est le plus personnel de mes films. Je le considère comme un étrange voyage jusqu’aux limites de ce moyen d’expression qu’est le cinéma, et peut-être jusqu’à mes propres limites. » Il souligne l’influence de l’Alice de Lewis, de l’écriture automatique des surréalistes. Tramé au domicile rural du cinéaste, sans son direct, selon l’inspiration de l’improvisation, le conte initiatique revient vers le fantastique, après l’épisode William Wilson ( Histoires extraordinaires , 1968). Il anticipe La Petite (1978) et Alice ou la Dernière Fugue (1977), évoque Les Valseuses (1974), lactation d’occasion, se présente tel un rêve (carton d’introduction), rétif à la logique (cf. l’accroche du Festin n...

Le Genre d’Angela

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  Exils # 180 (16/03/2026) Fameux pour son final, Massacre au camp d’été (1983) commence par une série de panoramiques fantomatiques, visite livide du lieu de l’intitulé, en septembre et à vendre. Le prologue au soleil introduit un accident d’adolescents, ski nautique fatidique, cadavre à la dérive sur le lac déjà sépulcral, gilet de sauvetage fissa renfloué à la surface, sinistre indice d’enfant défunt. Le survivant s’agitant demeure dos tourné, silhouette non identifiée. « Huit ans après », une tante médecin mais à demi démente fournit un faux certificat à son fils et à sa nièce. Voici donc Angela, calme gamine au mutisme traumatique, à dévisager la chipie de la chambrée, in extremis promise à subir le supplice d’un fer à friser enfoncé style Les Valseuses (1974), atrocité à oreiller, mur d’ombres portées. Avant cette vengeance vicieuse, à ravir le rêveur ou tueur sadique de Bret Easton Ellis, ces vacances s’apparentent à un petit martyre, pourtant pas autant sangl...

L’Enfant du Président

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  Exils # 171 (24/02/2026) Prologue au téléphone, épilogue aux Goudes, entre les deux, une lettre volée, Marlowe à la place de Poe, la page de titre de Sans espoir de retour de David Goodis, je me tire littéraire et prophétie de Descente aux enfers (1986), mais aussi au domicile cinéphile une affiche du Journal d’une fille perdue (Pabst, 1929) et au-dessus d’une salle de ciné celle des Chiens de paille (Peckinpah, 1971). Giroud & Girod, encore une lettre (en)volée, retrouvée, la mise en images d’un roman édité chez… Mazarine. En dépit du script signé d’une initiée, puisque journaliste passée par l’Élysée, d’un carton de coda à la fameuse formule cette fois-ci de facto ironique, « toute ressemblance » telle une évidence, Le Bon Plaisir   (1984) ne s’assimile au portrait détourné, très chargé, d’un certain François Mitterrand, alors au pouvoir depuis trois ans, même si de courtes écoutes, un gamin adultérin, les médiatiques « chiens » (caméo ...

Drôle de Tram

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  Exils # 76 (28/01/2025) Défense d’Enfers, embarcation à la Charon : chez Hadès on ne baise, si tu forniques tu te fais fissa refroidir, cf. la justice expéditive réservée au toubib abuseur, à ses « salope » de cloporte. De la petite mort à la grande, il suffit dans le métro de descendre, de monter dans une tour, de troquer le béton qui trop « rend marteau » contre une campagne sépulcrale. Se mettre au vert sent le sapin, personne n’échappe au Destin, y compris un pékin kafkaïen, doté d’un cran d’arrêt à donner de « drôles d’idées », alourdi d’une hitchcockienne culpabilité d’altérité. Le chômeur en quête de contact patraque se demande s’il planta le comptable, un suicidaire l’en assure, l’héritière altière au cabriolet corbillard venge en définitive son père. Avant de se retrouver à faire du tir au pigeon sur le pont de Brion, de naviguer sur les gorges de l’Ébron, Alphonse croise un flic en train d’emménager, porté sur la conserve de cassoulet, la vio...

L’Absence et la Cendre

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  Exils # 72 (21/01/2025) Comédie policière douce-amère, Adieu poulet (Granier-Deferre, 1975) annonce un second scénario de Veber, celui de Coup de tête (Annaud, 1979) itou interprété par Dewaere. S’il s’agit aussi d’une histoire de traque et d’une satire politique sur fond de corruption, ce film de son temps, désormais de cinquante ans, l’âge du personnage de Ventura, voilà, s’apprécie surtout en « baroud », portrait impressionniste d’un « idéalisme » jusqu’au boutisme. Muni d’humour, dès la découverte du cadavre d’un vieillard queutard de lupanar, agité à l’électricité, secousses irrespectueuses à faire se gondoler la candide prostituée, mention spéciale à la séquence d’assaut à l’hôpital, où croiser un Zardi incontournable, tandis que Sarde compose en mode minimum syndical, il possède un masculin tandem en rappel du couple d’entourloupe de L’Emmerdeur (1973), dirigé par Molinaro, avec déjà Lino. À notre époque médiocre de moralisme et de tribalisme, l...

Une autre histoire : Notre histoire

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  Roulette russe ? Succès Circus… Chansonnette simplette, certes, à la musicalité datée, même si Fanny Ardant défendait ardemment, dans La Femme d’à côté (Truffaut, 1981), la supposée vérité de ses dispensables semblables, assortie aussi d’un clip caractéristique, telle une capsule temporelle, un récit de jadis, qui mérite quelques lignes cinéphiles. Une autre histoire commence comme Le facteur sonne toujours deux fois (Garnett, 1946), trio de bon aloi, vaudeville loin de la ville, station-service au bord du hors service, dont le pompiste dépressif évoque un brin l’épave de Tchao Pantin (Berri, 1983). La jeune et jolie Annie Pujol, cliente au téléphone, en parallèle présentatrice de TV, descendante de pétomane, du Gérard en calebard alors la compagne, incarne une conductrice très lisse, avise le pare-brise, coup de foudre contre coup de pompe, se voit au rétroviseur, surcadrage de la brune et du moustachu inclus, cependant ne regarde en arrière, en direction d...

Extension du domaine de la lutte

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  Un métrage, une image : La Garçonnière (1960) Un (mini) miroir pour mieux voir, une suicidée divisée à sauver, à déshabiller, à dorloter, un triangle tout en angles, de vaudeville vitriolé, une normalité très tourmentée : si La Garçonnière se souvient à l’évidence de Sueurs froides (Hitchcock, 1958), il anticipe aussi la géométrie déshumanisée du Playtime (1967) de Tati, relie en sourdine La Foule (Vidor, 1928) à Brazil (Gilliam, 1985). Dans Comme un torrent (Minnelli, 1958), Shirley MacLaine succombait aux balles de la jalousie ; ici, elle revit, amorphe, ranimée de force, à la Faces (Cassavetes, 1968), gifles non simulées en prime. Mélodrame humoristique, didactique et ludique, moralité morale mais jamais moralisatrice, le long métrage de (deux heures) son âge, au message presque à la Reich, deviens enfin un « être humain », « petit homme » à la gomme, « sans qualités » à la Musil, « unidimensionnel » à la M...

Balzac et la Petite Tailleuse chinoise : Honorer Honoré

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               « Qualité française », à l’aise ou malaise… Eugénie Grandet (Xavier Giannoli, 2021) puis Illusions perdues (Marc Dugain, 2021) ne devraient guère déplaire à Jacqueline Waechter, cependant, de Balzac à nouveau adoubé, adapté, cette double dose interroge. Tandis que Mon petit doigt m’a dit… (2005), début de sa trilogie jolie, suivi du Crime est notre affaire (2008), Associés contre le crime… (2012), d’après l’increvable et vénérable Agatha Christie, connaissait un certain succès, Bertrand Blier, de Canal+ invité, taclait Pascal Thomas, « on en est là », oui-da. Dans le cas qui nous occupe, un peu nous préoccupe, le passé paraît sans cesse (re)présenté, puisque Balzac au cinéma ne date pas d’hier, plutôt du temps des Lumière, de celui d’Alice Guy la pionnière, donc, par corrélation, de Léon Gaumont ( La Marâtre , 1906). Lestée d’une bonne centaine de transpositions plus ou moins à la con, ...