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Les Communiants

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  Un métrage, une image : Que Dios nos perdone (2016) Les personnages principaux de cet opus espagnol discrètement drôle, citons en démonstration un ventilateur létal et une ceinture de sécurité à s’étrangler, possèdent tous quelque chose à se faire pardonner, y compris le réalisateur pour avoir livré un récompensé pudding européen plutôt psychanalytique que catholique, quoique. Avec sa culpabilité décuplée, partagée, avec sa rédemption de toute façon hors de question, Que Dios nos perdone affiche une forme faible, d’abord adepte de la caméra portée, de la courte focale, ensuite du téléfilm de luxe cadré en widescreen , visez la virtuosité trafiquée d’un mouvement d’évasion sans balcon. Le cinéaste sévit aussi à la TV co-productrice, on le devine vite. Basé sur un assassin assez risible, jamais crédible, à maman jadis abusive, la catéchèse, quel malaise, le récit en sus se soucie de pseudo-sociologie, cf. le sous-texte du contexte, association de manifestation sociale...

El Dorado : Un chien andalou

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Dans la Cour des lions, dans les Jardins du Partal, dans les rues appauvries, religieuses, glissent des spectres mauresques, des figurants anonymes, inspirations pour Hugo, Debussy, Manuel de Falla, pour toi ou moi – et une femme admirable, inoubliable…   Mêmes joueurs, partie différente : Ève Francis, assistante de L’Herbier, compagne de Delluc, interprète de Claudel, bien plus tard aperçue chez Chéreau ( La Chair de l’orchidée ) ou Pierre Granier-Deferre ( Adieu poulet ) et Georges Paulais, acteur du Grand-Guignol à la filmographie étendue, dont quelques Gance, Lang, Duvivier, Grangier ou Ophuls, rejoignent les fidèles Marcelle Pradot, Claire Prélia, Jaque Catelain, Philippe Hériat en Espagne, restent à Paris pour les intérieurs. Le réalisateur aimait ce pays, qu’il découvrit par les écrits du nationaliste Maurice Barrès ; avec El Dorado , co-écrit par Dimitri Dragomir, il veut à la fois s’adresser à un public populaire, venu au cinéma, selon ses dires, pour s...

Nocturno 29 : L’Armoire volante

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Pere Portabella. Citons in extenso l’inexacte (et lapidaire) présentation du site : « Premier long-métrage de Pere Portabella. Composé de scènes quasi-autonomes s'enchaînant par des transitions inattendues, inspiré par Eisenstein autant que par Bergman ou Antonioni, Nocturno 29 est le film le plus ouvertement anti-bourgeois de son auteur. » Avant de réaliser, le Catalan produisit, et pas n’importe quoi : Les Voyous de Saura, La Petite Voiture de Ferreri puis Viridiana de Buñuel, voilà. Peu prolixe (une douzaine de longs métrages en quarante ans), il collabora avec la fondation Maeght, choisit aussi de devenir député parlementaire et accessoirement rédacteur constitutionnel. Ce qui nous donna envie de voir Nocturno 29  ? Les images du visage de Lucia Bosè, « découverte » par/chez Antonioni (mémorable Chronique d’un amour ) et au parcours discrètement éclec...

Amours cannibales : La Masseuse

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Manuel Martín Cuenca. Non, contrairement aux apparences proverbialement trompeuses (l’un des « thèmes » du récit), on ne parlera pas du film de Paul Thomas avec l’opulente et sombre Hyapatia Lee (auto-remaké quatorze ans après avec la solaire, élancée, Jenna Jameson), pas plus que de Peppermint frappé ni de Monsieur Hire , trois titres qui entretiennent des liens – sexualité tactile, relation de domination, dédoublement féminin, démence masculine, province chabrolienne, observation/obsession, rencontre de solitudes – plus ou moins lâches, sinon sanguins, avec celui du jour. Amours cannibales (l’original se borne au substantif létal), film endeuillé, enneigé, déploie la limpidité de son mystère avec une élégance de chaque plan (nombreux surcadrages d’appartement-prison), une douceur terrible (argument « choquant » à aucun moment traité selon l’exploitation ou l’auteurisme) ...