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Affichage des articles associés au libellé Jim Morrison

Zone d’intérêts

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  Exils # 115 (02/07/2025) Jeux interdits (Clément, 1952) en Slovénie ? L’aimable mélodrame martial possède son propre charme et l’on songe davantage à une seconde vallée, celle de James Clavell. Dans La Vallée perdue ( The Last Valley , 1971), flanqués de Florinda Bolkan, Michael Caine & Omar Sharif partageaient un répit relatif, parmi un précédent conflit ; dans La Vallée de la paix (Štiglic, 1956), un duo de gosses s’enfuit vers un improbable paradis, petite vadrouille où ça dérouille, avec un aviateur américain, protecteur et proie, pour « partisans » et pour soldats. L’ opus picaresque et modeste va vite, le voyage aux paysages en diagonale un brin Bergman pratique les bien nommés travellings . Linéaire plus qu’austère, les yeux mouillés mais jamais niais, le métrage d’un autre âge mérite quelques lignes d’hommage, ne fait perdre son temps au spectateur, ne fait de chantage à son cœur. Le prologue urbain, aux bombardements alliés destructeurs ...

L’Ésotérique et le Tragique

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  Exils # 31 (15/05/2024) Imagine, au moins un moment, le monde tel un multiplexe. Au creux coûteux des salles commerciales, cavernes modernes aux ombres peu profondes, durant des séances de cynisme plutôt que de spiritisme, à l’unisson, à profusion, défilent les films, les frimes, les images mirages du mondialisé formatage s’animent. Un spectateur esseulé, arrivé trop tôt ou trop tard, pas patients au milieu des calmes couloirs, cet invisible tissu sonore pourrait percevoir. Démuni d’harmonie, délesté d’horizon, au profit de la juxtaposition, fourni par défaut, voire provoqué par l’épouvante du silence, le montage acoustique, pas si anecdotique, a priori privé de sens, ressemble aux stations de radio, captées et dépassées illico presto, aussi successives qu’évanouies, émissions mutilées parmi la nuit. Il ne s’agit ici d’écouter des messages codés, par Cocteau concoctés, à l’abri de l’habitacle, poésie programmatique d’Occupation métaphysique, mais d’expérimenter la superpositi...

Ballade de Jim

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  Enfoncer des portes ouvertes ? Défoncer les idées (dé)faites… Un demi-siècle après la disparition de Morrison, que demeure-t-il encore des Doors ? Des pistes épiques, dénommées  Light My Fire , The End , When the Music’s Over , The Soft Parade , Riders on the Storm  ; un biopic hyperbolique, au risque de l’anecdotique ( The Doors , Stone, 1991) ; des recueils de lyrics ou de textes tout sauf prétextes, édités autrefois chez Christian Bourgois ; une biographie de référence, à l’intitulé référentiel en effet ( Personne ne sortira d’ici vivant du tandem Jerry Hopkins & Danny Sugerman) ; un estimable essai en plus pionnier ( Jim Morrison au-delà des Doors de Hervé Muller) ; le Vietnam et ses états d’âme, par Coppola ( Apocalypse Now , 1979) puis De Palma ( Outrages , 1989), in extremis Zemeckis ( Forrest Gump , 1994), sillage de Scorsese, portier au singulier ( Who’s That Knocking at My Door , 1967) ; une fiction imparfaite...

Le Cœur révélateur

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  De Jim Morrison la prière américaine ou bien de « l’orphelin » la même peu sereine… Antidémocratique, antisémite, misogyne, voire homophobe : la médiocrité de la modernité, moralisée, victimisée, fissa ferait second procès aux notes de choc, parues posthumes, moins remises en cause et renommées que de fameuses « fleurs maladives » désormais à demi fanées, embaumées dans le « cercueil de verre » solitaire, dirait Bradbury Ray, d’un herbier scolaire ou universitaire. La valeur de l’auteur, l’usure de la lecture, sinon de la littérature, l’hyperbole d’une époque, réseau social parfois infernal, professeur de lycée décapité, convoi motorisé de civils ukrainiens massacrés, « foire aux atrocités » ballardesque et médiatique en rime au « tissu d’horreurs » de la presse écrite, « apéritif » émétique, font que les foules s’en fichent, en bref et en définitive. Redécouvrir Fusées , Hygiène , Mon cœur mis à nu , ne ressemble ains...

Le Chanteur de Mexico

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  Un métrage, une image : Vampires: Los Muertos (2002) Le direct-to-video débute en vidéo. Suivant un avertissement de bilinguisme frisant le racisme, tu t’amènes à Mexico, gare à toi, gringo, le cinéaste Wallace met en scène un client mécontent, vite violent. Mais voici Jon Bon Jovi, c’est-à-dire Derek Bliss, patronyme de béatitude bien à la Blake, raccord avec les Doors ( End of the Night ). La prostituée basanée demande au beau blondinet comment le remercier. Un sourire devrait suffire, surtout à occire la vampire. La première femme du film se fait dont perforer trois fois, ça t’apprendra, puis décapiter, au soleil incendier, le mec immortalise au caméscope sa tête de cramé toast . Tandis que les psys s’astiquent sur l’oralité de l’orée, reprise ensuite, un petit pieu dans la bouche, une petite « pipe » en douce, sur le fantasme de fellation, sinon d’émasculation, l’homologue de Captain Kronos ( Vampire Hunter , Clemens, 1974) passe une soirée assez peu serei...

Austin Powers

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  Un métrage, une image : Elvis (2022) L’épuisant Luhrmann, réalisateur frimeur, qui commit aussi les idem anecdotiques et pachydermiques Moulin Rouge (2001) et Gatsby le Magnifique (2013), ressert les restes du funeste festin, pendant près de deux heures quarante-cinq, comme si le spectateur possédait assez de temps devant lui pour subir ce monceau pas beau d’insipides inepties. Son dispensable biopic monté à la MTV, délesté de la moindre musicalité, de la plus petite intimité, pourvu d’une profondeur de soap , cafi de fric, en dépit d’une a priori divergente perspective, se réduit à la doxa, au digest , à une superficielle et sempiternelle chanson de geste, en sus à prétentions à la con sociologiques, puisque CV telle une traversée historique de l’Amérique nordiste. Lui-même d’ailleurs auteur d’un téléfilm biographique plutôt sympathique ( Le Roman d’Elvis , 1979), créateur authentique, poétique et politique, Carpenter devrait ricaner à proximité de pareille pièce ...

Vertigo Days : Strange Days

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  Adoucir les mœurs ? Créer du bonheur… Pour Patrick Strange days have found us Strange days have tracked us down They’re going to destroy Our casual joys We shall go on playing or find a new town […] Strange days have found us And through their strange hours We linger alone Bodies confused Memories misused As we run from the day To a strange night of stone Jim Morrison, Strange Days Une amie mélancolie, grande et allemande, traverse en vérité la   valeureuse traversée de ces vertigineuses journées : dès 1967, les Doors annonçaient le décès de l’époque utopique par un titre distordu et fatidique ; en 2021, les frères Acher des Notwist diagnostiquent une glaciation intérieure, quel malheur, cherchent à (s’)échapper à eux-mêmes, sinon à ce qui les suit, une pensée pour It Follows (David Robert Mitchell, 2014), préoccupés d’un spectre, sans doute celui, enfui, de notre autonomie, physique et psychique, une pensée pour Le Fantôme de la li...

The Doom Generation : Poledouris en public

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  Fumer nuit à la santé, en effet, mais moins à la musique, chic… Peu importe le filmage médiocre des captations à l’unisson, peu importe qu’aucune autre composition du modeste et prolifique Basil Poledouris au beau et haut niveau de celle-ci ne se hisse : Conan the Barbarian , conçue à l’occasion de l’estimable et mésestimé métrage homonyme de l’ami John Milius ( Conan le Barbare , 1982), demeure une œuvre majeure, un sommet d’épopée, un zénith de lyrisme, dont la constante inspiration, la maestria thématique, l’absolue sincérité lui assurent une reconnaissante éternité, au moins parmi les cinéphiles atteints d’inoffensive mélomanie. Les hommes meurent, les femmes idem , ah, valeureuse Valeria, sur son bûcher enflammé davantage à la Jim   Morrison ( Light My Fire ) qu’à la Jeanne d’Arc, cependant leur survivent leurs rêves réalisés, leurs mirages matérialisés. Le chef-d’œuvre audacieux et généreux de Poledouris, lui-même admirateur des mouvements et des tourments du...

Vers la lumière : Les Instants clairs de Jacqueline Waechter

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  Surprise du samedi, relais urbi et orbi … En os et en chair je ne connais Jacqueline Waechter, cependant ceci m’indiffère, sus aux séductions éphémères, priorité à la proximité épistolaire. Des « moments éclairants », « intelligents », l’internaute point sot ni sotte en passera, en trouvera autant qu’il conviendra, via son site intitulé joliment Bright Moments . De la lumière, de la lucidité, du désir, de la légèreté, il (nous) en faut à satiété, surtout à l’heure de stupeur du ciné masqué, du monde démoralisé, soumis à sa symbolique morbidité. Impressionnant, impressionniste, poétique, politique, le miroir tout sauf fantomatique de Jacqueline – à la Pascal parions qu’elle m’autorisera de son prénom le respectueux emploi, partagé par exemple par les dear Mesdames Audry, Bisset, Pagnol – reflète en effet, fi d’effets, une femme fréquentable. Certains (hommes, oui ou non aimables) offrent ou (s’)envoient des fleurs, j’écris, de manière majoritaire, afin de m...

La Fin du monde : Notes sur le néant au ciné

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Refrain de la fin, répliques apocalyptiques. The Universe is a plot of God Edgar Allan Poe Eureka: A Prose Poem (1848) Déjà tard mais pas trop tard À toi de voir à toi de croire Téléphone Le Jour s’est levé (1985) Le cinéma meurt demain et tu n’en savais rien. Le cinéma meurt avec toi et nul ne le saura. Comme les belles boisées endormies les films se réveillent et se raniment l’instant d’un baiser visuel. Puis ils retombent dans l’oubli qui ne nous oubliera pas. Ainsi va la cinéphilie jolie. Ainsi périssent les empires pas seulement de la tristesse crus à tort éternels. De la poussière à la pellicule et l’inverse. De l’évolution de l’espèce épuisante à la suppression de l’ensemble des données disponibles. La Terre retrouvera sa virginité avant de s’évanouir mais plus personne pour survivre et filmer le fondu au noir définitif. Déjà nous sauvegardons nos restaurations sur des supports problématiques sinon promis à la célèbre obsolescence programmée. Déjà n...