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Affichage des articles associés au libellé Claude Bernard-Aubert

Love Story

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  Un métrage, une image : Le Tueur (1972) Échec critique et public, l’avant-dernier film de l’auteur des estimables Un taxi pour Tobrouk (1960), Le Bateau d’Émile (1961), Le Voyage du père (1966) ou Le Tatoué (1968), mérite d’être réexaminé, voire réévalué, car il donne à (re)voir, avec une livide lucidité, la France des années septante, glaçante, glacée, aussi son ciné. Coproduit entre ici, l’Allemagne et l’Italie – Éric Rochat reviendra via L’Affaire Dominici (Aubert, 1973), Histoire d’O (Jaeckin, 1975), scénarisera-réalisera sa vraie-fausse suite ( Histoire d’O, numéro 2 , 1984) –, coécrit par Pascal Jardin, parce que le dialoguiste fidèle le valait bien, éclairé en soft focus par Claude Renoir, bientôt au boulot à l’occasion d’une autre chasse à l’homme, pardon, à la dame ( La Traque , Leroy, 1975), les mecs abjects font des misères à Mimsy Farmer, musiqué par le Marseillais Hubert Giraud ( Sous le ciel de Paris , Duvivier, 1951), interprété par Blier ...

Le Nain Jaune : Le Bossu

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  Le père, le fils, l’esprit, le pays… Pour mon père Davantage dialoguiste, surtout scénariste, citons ses collaborations, mot très connoté, texte en contexte, avec Sautet, Clément, Bernard-Aubert, Borderie, Lautner,   Granier-Deferre, Deray, Enrico (Borsalino) and Co. ou Zidi et compagnie, Jardin signa aussi plusieurs autobiographies, dont celle-ci, primée par la française Académie, fichtre, éditée deux ans seulement avant son subit décès. L’auteur des scripts de Classe tous risques (Sautet, 1960) depuis José Giovanni, du Train (Granier-Deferre, 1973) et du Vieux Fusil (Enrico, 1975), se préoccupe ici de son papounet particulier, occulte conseiller, au service de Laval et de ses amis en détresse, peste, complexité d’époque, revient en arrière, à nouveau convie (à) la guerre, survenue cinq ans après sa naissance, pas de chance. L’ami de Morand, Gabin, Delon, dont il parle rempli de tact, d’émotion, en autodidacte, en compagnon, délivre en définitive un ouvrage autant...

Mado

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  Un métrage, une image : Minuit… quai de Bercy (1953) Pour Jacqueline Occise par Madeleine l’actrice, Mado la concierge pratiquait l’attraction/répulsion à répétition, à rêve d’évasion, le chantage sans ambages, accessoirement le mortel accident d’enfant, alors le méconnu Minuit quai de Bercy , signé d’un « artisan » transparent, illico entrecroise L’assassin habite au 21 (Clouzot, 1942), encore huis clos, idem situé à Montmartre, et Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (Petri, 1970), autre renversement de rôles, plus violent et plus drôle. Mademoiselle Robinson, à la Mrs . Robinson de Garfunkel & Simon mes salutations ( Le Lauréat , Nichols, 1967), incarne donc la dame endeuillée d’un « criminologiste » passionné courtisée par un flic fatigué. Cette « femme supérieure », telle l’appelle l’épicier salace, (dé)croise ses jambes aussi bien qu’une certaine Sharon Stone ( Basic Instinct , Verhoeven, 1992), pourtant pas de pi...

La Fidélité

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  Un métrage, une image : Les Bas de soie noire (1981) Un huis clos, un piano : nous (re)voici bel et bien chez Burd Tranbaree, c’est-à-dire le cinéaste de l’aussi autarcique et mélodique Clarisse (1979). En partie auto-produit via sa société Shangrila, of course baptisée d’après un fameux Capra ( Les Horizons perdus , 1937), flanqué du soutien financier d’Alpha France, la boîte adroite de l’incontournable Francis Mischkind, musiqué par le plutôt inspiré Paul Vernon, pseudonyme de naguère d’Alain Goraguer, encore éclairé par Pierre Fattori, Les Bas de soie noire ne donne pas l’occasion d’à nouveau apercevoir l’épouse « soumise » et in fine violée « à l’insu de son plein gré » Brigitte Lahaie, mais celle de découvrir la gracieuse et malicieuse Christine Schwarz, performeuse éphémère d’une autre époque ad hoc , ici bien servie selon les « suspects habituels » de ce type de productions, dont le solide tandem Allan & Aveline. Il s’...

L’Ardoise : L’Addition

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Une ardoise à effacer ? Un tableau noir à adouber. « La vie, la mort : des malentendus » résume in extremis Jean Desailly, déguisé en flic ironique, possible lecteur de Camus dramaturge, dont la chère Simone Valère, veuve vénère, vient de descendre Jess Hahn, exécuteur incontournable. Peu avant, Michel Constantin, encore couché, mettait fin à ses jours trop lourds, après avoir tabassé à tort Salvatore, Adamo désormais hospitalisé, entre la vie et la mort. Dans L’Ardoise (Bernard-Aubert 1970), mélodrame œdipien repeint en polar revanchard, les pères par procuration causent l’infanticide accidentel de leur fils adoptif, déjà orphelin à cause du suicide d’un géniteur originel spolié, sali. Ici, au sein d’une France enfuie, en fuite, disparue, propice à réjouir la nostalgie rassie, sinon raciste, de certains cinéphiles en ligne, les baignoires immaculées ressemblent à des tombes prédestinées, les hommes s’aiment d’amitié masculine, pas d’amour homosexuel, non...