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Affichage des articles associés au libellé Roger Spottiswoode

Le Train des épouvantes

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  Un métrage, une image : Terreur dans le Shanghaï express (1972) « Moscou demande d’arrêter l’Express quand il passera l’aiguillage. Je pense que c’est la guerre » : ce type de réplique, presque prophétique, la profère un télégraphiste, demeure d’actualité, cinquante ans après, même si le prêtre orthodoxe, guère orthodoxe, ressemble plus à Raspoutine qu’à Poutine, le Cosaque à Kojak , que l’ami Cacavas musique aussi. Décalque pirate de la célèbre nouvelle de Campbell, co-écrit + co-produit par un duo de cocos, Arnaud d’Usseau & Bernard Gordon ( Les 55 Jours de Pékin , Ray, 1963), d’où, sans doute, le regard rouge de l’extra-terrestre peu perplexe, illico hors frigo, n’omettons un troisième larron, nommé Julian Zimet ( Le Plus Grand Cirque du monde , Hathaway, 1964), Horror Express évoque l’économie riquiqui de Nyby ( The Thing from Another World , 1951), plutôt que la paranoïaque eschatologie du père Carpenter ( The Thing , 1982). Il s’agit, ainsi, d’un huis clos de loc...

The Story of Joanna

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  Terri Hall par Damiano ? Cassidy par Mattei… La beauté, le talent, tu m’en diras tant, séduisent puis s’épuisent, n’expliquent, plutôt limitent, l’abstraction de l’affection, l’émotion d’une élection. On se dispense donc, avec votre permission, d’énumérer les raisons, bonnes ou non, de la joie que je dois à Joanna. On souligne le plaisir pris à la suivre, de loin, néanmoins, fi de moult items de sa (télé)filmographie fournie, peu nécessaires, peut-être alimentaires. Une actrice qui turbine, working actress , en termes US, ne stresse ni professe, ne raille ni déraille, elle travaille, vaille que vaille. Elle peut pourtant conserver, sans vaine vanité, sans absence de lucidité, sa singularité, sa personnalité, ce familier mystère la rendant, à chaque instant, si chère, si étrangère. En sus signalons la satisfaction à la savoir vivante, vaillante, soixante-seize ans, à présent, important, pas autant : la cinéphilie, assez tissée à la nécrophilie, au risque de l’asphyxie, de...

Marche ou crève

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  Un métrage, une image : Randonnée pour un tueur (1988) En 1958, la question (inter)raciale (re)liait, au propre et au figuré, Curtis & Poitier ( La Chaîne , Kramer). Trente ans après, elle ne se pose presque plus, à peine aperçue au cours d’une réplique – le flic du FBI affirme avoir combattu les cagoulés du KKK, les cocos du KGB – ou d’une scène drolatique, démonstration d’intimidation entre espèces à mettre en parallèle avec le contemporain L’Ours (Annaud, 1988). À la fin des années 80, un homme dit de couleur pouvait donc occuper un poste important parmi la police de Hoover, n’en déplaise à un incrédule pêcheur, ensuite son torse nu être frotté par un homme blanc puisque idem en quête de chaleur, autres temps, autres mœurs. Co-écrit par Petrie Jr. ( Le Flic de Beverly Hills , Brest, 1984, Big Easy : Le Flic de mon cœur , McBride, 1987), fiché en forêt, fini sur un ferry , le récit de Randonnée pour un tueur , aka l’explicite Deadly Pursuit , l’impérat...

Le Bayou

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  Un métrage, une image : Vengeance froide (1996) Treize ans avant le vrai-faux sequel très longuet de Bertrand Tavernier ( Dans la brume électrique , 2009), voici une émouvante (més)aventure de Dave Robicheaux à nouveau, cette fois-ci filmée par Phil Joanou , déjà responsable du plutôt recommandable Sang chaud pour meurtre de sang-froid (1992), encore avec Eric Roberts et surtout la chère Kim Basinger, elle-même alors mariée à Alec B. Porté par un Baldwin impliqué, par ailleurs co-producteur (exécutif), dissimulé derrière un titre français fadasse, auquel préférer le poétique et polysémique Heaven’s Prisoners d’origine, Vengeance froide s’avère vite un divertissement adulte, muni de mélodramatique tumulte, dès son intense introduction, de claire et obscure confession, au sujet du désir et de l’abus d’alcoolisée boisson. Au hasard secouriste, (dis)grâce au ciel, majuscule optionnelle, fissa flanqué d’une fifille presque adoptive, clandestine irrésistible, couple impro...

Dar l’Invincible : C’est donc ton frère

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  Red Sonja ? Rousse Tanya… Au croisement de Conan & Tarzan, Dar ne s’égare, protagoniste gai puis triste d’un titre qui séduit selon sa modestie, possède plusieurs qualités, dont sa simplicité, sa sincérité. Après le fantastique funéraire et funèbre de Phantasm (1979), autre histoire de frères partenaires, longtemps avant le duo rigolo de maison de repos de Bubba Ho-tep (2002), voici celui féerique de Dar l’Invincible (1982), où Lee Holdridge & John Alcott de Coscarelli constituent l’excellente escorte. Le compositeur de Splash (Howard, 1984) et le directeur de la photographie de Barry Lyndon (Kubrick, 1975), Il était une fois la Légion (Richards, 1977), Le Monstre du train + Under Fire (Spottiswoode, 1980 + 1983) ou Greystoke, la légende de Tarzan (Hudson, 1984) servent avec virtuosité un récit jamais risible, une fable guère infantile, un conte d’accomplissement d’antan, de foi et de soi. Comme dans Macbeth , des sorcières séduisantes et monstrueuses pr...