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Affichage des articles associés au libellé Gérard Mordillat

Le Culte et l’Occulte

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  Exils # 54 (10/10/2024) Aussi suicidaire mais moins « suicidé de la société » que le pauvre van Gogh, James Whale s’intéressait aux « dieux » et aux « monstres », cf. une réplique emblématique de La Fiancée de Frankenstein (1935). Alors âgé d’une trentaine d’années, Antonin Artaud se soucie de « sorciers » et de « saints », selon une sorte de note d’intention écrite à l’époque de La Coquille et le Clergyman (1928), vaudeville anecdotique et pseudo-cryptique dont le scénariste se désolidarise vite, dommage pour Germaine Dulac et sa « composition visuelle » très patraque, conspuée en sus dès sa sortie par les susceptibles surréalistes. Né un an après la date de naissance officielle du « cinématographe », leur rencontre se place cependant sous le signe du rendez-vous loupé, en dépit d’apparitions assez impressionnantes chez Gance ( Napoléon , 1927), Dreyer ( La Passion de Jeanne d’Arc , 1928), L’Herbier ( L’Arge...

Le Royaume des fées

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  Un métrage, une image : Morgane et ses nymphes (1971) « L’amitié ne se vit pas à moitié », en effet, mais la beauté, la juvénilité, l’immortalité se paient de la liberté, allez. Françoise philosophe, Anna dessine, les deux étudiantes se perdent, passent de la route à la déroute. Juste avant, une curieuse excommunication donnait le ton. Comme dans Dracula , l’aubergiste leur conseille de s’agiter, de s’éloigner ; elles n’iront loin, ne savent s’écarter en nuitée du rural et circulaire chemin. Après des baisers lesbiens parmi la paille, vient le matin et la réalité déraille. Un nain malsain, ensuite amoureux, malheureux, amène Françoise auprès de Morgane, de son matriarcat : à la suite de Cassandra (Peterson), « d’un château l’autre », opine Céline. Le Diable, dit une dame, se limite à « un conte inventé par l’Homme pour lui faire peur. » Ici, entre amies, plus de « mal », plus de mâle, et la vieillesse vite esquivée, à...

Joy et Joan

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  Un métrage, une image : Émilienne (1975) On se vouvoie, chez ces gens-là. On se préoccupe d’art, nul hasard. On possède de l’argent et du temps, cependant on ne prend point d’amant, plutôt des amantes et guère marrantes. On glisse avec un soupçon de malice du saphisme vers le triolisme, mariage-ratage de ménage à trois et à outrage(s), dommage. Un enfant n’affole, indiffère sa mère ; à l’ultime instant, l’épouse paraît pardonner, (re)monte l’escalier : la promesse souriante d’une troisième chance ? Dans le méconnu Émilienne , commis par Guy Casaril, on reconnaît Claudine Beccarie, la vraie-fausse Cosette du presque exceptionnel Exhibition (1975) de Jean-Claude Davy, on s’émeut aussi et surtout de la présence permanente de Betty Mars, à laquelle je consacrai en début d’année quelques lignes non nécrophiles, néanmoins énamourées. En partie écrit par Éric Losfeld, entre autres rôles l’éditeur d’un certain Emmanuelle , à moitié musiqué par feu Nino Ferrer, mon...